CHAPITRE XXI
^ MÉNAGBSn&NTS POUR L'ËNNBMI
L*atlaque ^erbe empêchée. — Les Bulgares contré les Russes. — On espère encore en eux et on les protège. — Le piège de la paix séparée. — Les arguments de ceux qui ne veulent pas reconnaître leur tort. • .
^ Le i*^ octobre igiS seulement, âîr Ed. Grey autorisa la •pr^se à publier Tarrivée, depuis plusieurs jours, d'officiers allemands et autrichiens en Bulgarie. Nos diplomates mirent alors le cabinet de Sofia en demeure de répondre immédiatement à leurs dernières offres, celles du i4 septembre. Lé 5 octobre, ils quittaient Sofia et les offres faites étaient retirées. La Bulgarie avait déjà com* mënec sa mobilisation.
On serait porté à penser que la période de ménagements de TEntente fut enfin clos^. Ce serait bien mai coimàitre les ressources de Tintelleet à rebours de nos grands diplomates.
-^ Au moment où la Bulgarie esquissait sa mobilisation contre nous, où il y avait intérêt et justice à la battre tout de suite, afin d'annihiler le plus possible et le moins chè-
!1!K> QUATRIÈMB PARTIS
rement possible ce nouvel ennemi, on estima urgent d'empêcher les Serbes, résolus à frapper les Bulgares pendant leur mobilisation, de troubler leurs préparatifs offensifs. Si « le vrai peut quelquefois n* être pas vraisemblable », il est ici effarant de sottise.
Quand la Serbie insista pour être laissée libre de les attaquer,' le 27 septembre, sir Ei. Grey jugea que « les raisons politiques et diplomatiques étaient contre une telle action » ; il se borna à cela, ajouta-t-il à la Chambre des communes (i) ; on peut trouver la monstruosité très suffisante.
D'autres firent plus, et « la défense faite aux Serbes d'attaquer préventivement les Bulgares dont l'agression était certaine » a été constatée dans le Temps (ù). Quels étaient ceux-là ? Je n*ai, sur ce point, aucun renseignement ; mais je crains que la Russie et la France n'aient été parmi les coupables.
Dans ses études sur les diplomates de guerre, M. Ernest Daudet, à propos de M. de Panafieu, laisse à peu près entrevoir le motif allégué pour justifier ces toiles démarches. Les Bulgares, divaguait-on, allaient se soulever en masse contre leur roi, et une attaque serbe risquait de paralyser les bonnes intentions russophiles en faisant autour de celui-ci l'union de tous les partiâ (3).
L*attaque n a pas eu lieu, la révolution en Bulgarie non plus. Mais si l'attaque s'était produite, on n'aurait pas manqué de prétendre que le déchaînement révolutionnaire des bons Bulgares avait été paralysé uniquement par elle. Ceci démontre la banalité vide des argu-.
i. Le Temps du 12 novembre igiS, a" page, 3' col.
a. N^ du 3 mai 1916, bulletin.