A QUOI SERT UN DISCOURS
Pour les premiers, ob exige quinze ans de services publics, ce qui est non une garantie, mais une gêne d'une rare stupidité; tout à fait impropre à donner la mesure de 4a compétence nécessaire.
Pour les seconds, il n*y a aucune condition. 11 y aurait toutefois tendance» dans un certain milieu so basant souyent sur quelques nominations faites par M. Thiers qui, entre parenthèses, ne se préoccupa guère de la carrière, à réclamer ces postes pour les porteurs des grands noms de l'aristocratie plus ou moins ancienne (i), considérés comme la pépinière des meilleurs représentants de la France à T étranger. Leur naissance les sacrerait diplomates et diplomates superlative ment distingués.
Sans vouloir discuter la question pour le passé où on pourrait cependant, je crois, puiser de très forls arguments contre le bien fondé de la généralisation de cette thèse, au degré d'évolution atteint par les nations mo- . dermes, il est, contrairement au mot connu et aussi imbécile que connu, des « prénoms » valant mieux que des <i noms y>, que ceux surtout confectionnés à la mode du jour en cumulant, en place des quartiers réels, les particules fictives ! Leurs porteurs, descendants d'actes truqués, voudraient faire prendre ces noms longs d'une aune pour de grands noms. Affublés de leur kyrielle de sobriquets, bariolés de titres apocryphes, ils se croient des droits particuliers à appartenir à la carrière. L'éblouissement que leur cause leur verroterie nobiliaire, les prédispose évidemment à fermer les yeux. Mais la disparition de ce
I. Voir pour nos familles nobles, sur leur façon de se perpétuer, le mémoire de M. Benoiston de Châleauneuf dans les Annales d^hygiène publique et de médecine légale de janvier 1846, t. XXXV, o. 3o el 38.
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procédé diplomatique dont la défectuosité finira bien par apparaître, permettra de se passer de leurs services.
Si, dans tous les pays monarchiques, les cours étaient autrefois tout, elles ne sont p^lus qu'un élément important du milieu dirigeant. Ce milieu, dans les monarchies cons* titutionnelles à réalisations démocratiques déjà développées, comporte des- éléments au moins aussi utiles 4 bien c<^nnaître que Test Télément particulier constitué par l'a cour. ^
Lorsque seront publiées les élucubrations des principaux diplomates accrédités en France pendant le quart de siècle qui a précédé la guerre, on sera stupéfait de leur méconnaissance presque constante de la réalité. Us ont surtout été de détestables prophètes, se nourrissant d'iUu* sions et leurrant inconsciemment leur gouvernement. C'est 4e cas, je l'ai su pertinemment, pour ceux d'Allemagne et d'Autriche-Hongrie à Paris. Pourquoi ? Parce que^ ces messieurs, à défaut de cour, ne fréquentaient vérita- . blement que le monde aristocratique aspirant à en avoir une et dénigrant tout ce qui y mettait obstacle. Au lieu de renseignements sérieux, ils transmettaient la camelote réactionnaire la plus défraîchie. .
Quand il leur arrivait, exceptionnellement, 4^ causer avec quelqu'un qui aurait pu les renseigner «ur le véritable état d'esprit du pays, c'était non pour le questionner, mais pour le chapitrer ; ce n'était pas pour apprendre par lui quelque chose des réalités ambiantes, c'était poui'iui faire la leçon.
Le nom authentiquement aristocratique ne doit pas plus> être aujourd'hui une raison de choix qu'un motif d'exclusion. Prises dans les cadres ou hors des cadres, il nous^ faut des compétences dont Tintelligence ne rêve pas d'un