I. Le Temps du la mai 1917, i'* page, 6* col
Déjà, dans un discours au début de 1916, M. Radoslavoff avait déclaré : « 11 n*y aura plus jamais de nation serbe, et nos frontières seront désormais communes avec l'Autriche-Hongrie. » (Le Temps du 10 janvier 1916, 4' page, a'col.)-
Un an après, le 14 février 1917, unjournal deSoiia, la Kambanay terminait son article par cette phrase cynique : a II se peut que la Serbie existe, mais il n'y aura plus de Serbes. » [Le Temps du 16 mai 1917, a* page, 3' col.)
Une protestation du gouvernement grec contre les persécutions des Bulgares portait : a Dès leur entrée en Macédoine grecque les Bulgares ontpoursuivi par tous les moyens possibles l'altération ethnique du pays,... danslevainespoir de dominer dans les Balkans par rexterminalion. »(Le Temps dua4 février 1918, a'page, 2* col.)
Une commission d'enquête interalliée ayant été chargée, sur la demande du gouvernement hellénique, de rechercher ce qu'avait été la dernière occupation par l'armée bulgare de la Macédoine orientale, a publié un rapport détaillé, réquisitoire écrasant contre la Bulgarie, dont voici la conclusion : «Il nous parait certain que la Bulgarie a poursuivi un but : la destruction des populations orthodaxes helleniqnes de la Macédoine orientale. 9 (Le Temps du a5 juillet 1919, a* page, 5' col.).
Néanmoins M. Theodorviff recevant, le 19 septembre 1919, 1 » conditions de paix, a osé invoquer le plébiciste, sans rien rabattre des impudentes prétentions nationales et en faisant du vorace loup bulgare un mouton sobre i^orgé de force par son berger.
-a3a QCJATRIÂMB PAHTIB
'ie plus cynique poar s'obstiner dans une attitade aboutis^ sant à des pertes matérielles, les seules qui comptent à ^ses yeux, quitte à recommencer à la première occasion profitable, si on avait le tort de lui en laisser les moyens. En 1913, elle fat aussi empressée à solliciter un armistice des Serbes et Grecs vainqueurs qu'elle Tayait été à les attaquer traîtreusement. Même jeu avec nous, en septembre 1918, après dix jours de piles magistrales. D'ailleurs, rpour avoir uniquement obéi à son intérôt,elle a mendié une récompense et ne sera paisible que si elle n'a plus la faculté de ne pas l'être.
Gomment le faire comprendre à ceux dont les faits n'avaient pu corriger Tinfatuation ? « Vous pouvez accumuler toutes les hypothèses, elles ne prévaudront pas contre la réalité, contre les faits», a dit M. Clemenceau. Malgré* les faits, nombreux furent les fanatiques auteurs d'expli- -cations et de justifications.
Il y eut ceux qui se vantaient d'avoir vu le danger d'une "Bulgarie non satisfaite et s'en prenaient, pour masquer la véritable cause de Tinsuccès des démarches ententistes approuvées par eux, à la manière dont ellesfurent entreprises. Sans niera cet égard certaines maladresses des -dirigeants russes, anglais et français, je prétends que la foi en la possibilité pour l'Entente de satisfaire les Bulgares tout en réconciliant les peuples balkaniques, en la possi- 3>ilité, autrement dit, de réaliser des conditions inconciliables, constituait une erreur fondamentale source de /grosses bévues politiques (i).
I. Au sujet des intentions bulgares, la Franckjurter Zeitnng dn 48 juillet 1917 écrivait : € Elles ne visent pas seulement les parties •de la Macédoine et la restitution . de l'ancienne frontière de la Oobroudja qui était mauvaise.EUes réclament en outre une exten-
APRÈS MON DÉPAJtT !l3t
« Si la Bulgarie est entrée dans la gaerre earopéenne à Tautomne igiô, c'est en partie parce que Monasiir lui était refusée », professait Iç Petit Parisien dans son éditorial da ai novembre 1916, en soulignant luimême les mots en italiques ci-dessus, à propos de la reprise de Monastir par les alliés ; d'après lui la Skoupchtina serbe aurait refusé de céder cette ville. Il y a eu, il se peut, des Bulgares arguant, comme pauvre excuse de leur ti^îtrise, du refus de Monastir. Ce faisant, ils mentaient une lois de plus, et sont de néfastes dupes ceux qui coupent dans de pareils mensonges.
Si on leur avait accordé Monastir et tout ce qu'ils réclamaient ou auraient, au fur et à mesure des concessions, réclamé, ils auraient insisté pour Foccupation immédiate, ils auraient imposé la limitation des compensations, ils auraient fini par exiger Constantinople et la disparition de la Serbie. Liés comme ils Tétaient aux Austro- Boches, Ferdinand et le gouvernement bulgare n'auraient rien. a.ccordé par voie de négociations à l'Entente tant qu'elle n'aurait pas été victorieuse ;elle ne pouvait avoir leur concours qu'en les obligeant à l'accorder, au printemps 1915, suivant noire proposition (page i54). Leur parti était, en
«ion naj^ionale du territoire bulgare, extension telle que l'Entente, qui est Tailiée de la Serbie et de la Roumanie, ne pourra jamais y eouftentir. » {Le Temps du a5 août 1917, bulletin.)
Quelques^ jours après, dans son numéro du 6 septembre, VFcho 4e Bulgarie affirmait: € Nous avons le droit de dire nettement que les mots « paix sans annexions » que les socialistes doctrinaires prononcent depuis 'deux ans avec la conilanee et l'assurance de gens irresponsables, ne peuvent être et ne seront pas appliqués à la Bulgarie. » (lie Temps du 18 septembre 1917, i'* page. S* col.) Nous avons déjà vu dans le ehapHre préeédent (page sio) Tantl* annexiontsaie da bulgarophiie Jean Longuet n'être sérieux qu'au psofit des Boches.
a3a QUATBIÉME PARTIS
eRet, arrêté ; mais ils n'étaient pas prêts et attendaient» en se préparant, une occasion favorable.
Cette opinion est confirmée par un mot de M. Asquith^ le ao mars 191 7, à la Chambre des communes, à propos du rapport sur Texpédition des Dardanelles ; malgré son échec, celle-ci eut, d'après l'ancien premier ministre, quelques avantages, notamment elle « a retardé la défection de la Bulgarie de plusieurs mois » (1).
Le danger d*une Bulgarie non satisfaite aurait disparu devant une attitude ferme, inspirée à temps par la seule conception exacte : impossibilité de rassasier la Bulgarie et nécessité de ne pas soumettre à son appréciation les conditions voulues, d'ailleurs équitables, d'une collaboration plus ou moins volontaire .
Pour le présent, seule aurait pu nous valoir le concoursdes Bulgares, quelles que fussent les promesses, notre force se manifestant, soit par menace ou action directe contre eux, soit indirectement par notre proximité victorieuse de Constantinople^. Hors de cela, il n'y avait pour nous rien à faire à Sofia (2): là où nous recherchions.