‹ L'Entente, la Grèce & la Bulgarie; notes d'histoire et souvenirsChapitre 82 sur 116 · Le Temps du 24 février 1916, a* page, aT côl · texte numérisé non relu

Le Temps du 24 février 1916, a* page, aT côl

APuÈs Mo.^ DÊPAar a63

Comme c'était biea cela ; la portée de cette pensée n*ét.ait peut-être pas très longue, mais elle était aussi larçe, aussi haute que longue ; les pavés de M. Bertrand sont, à son image, de structure exactement cubique.

Le lendemain, nouveau télégramme du même Bertrand : i< Le ministre de France a été reçu ce matin par lé roi. Cette audience, venant immédiatement après la visite du général Sarrail, est commentée favorablement dans les milieux politiques et diplomatiques. En donnant aux représentants étrangers, et notamment au ministre de France, des occasions' de s'entretenir avec lui, le roi Constantin montre un louable souci de se renseigner par lui-même et d'apprécier avec impartialité les points de yue différents qui lui sont soumis dans les circonstances difficiles que traverse la Grèce » (i).

Le 9 mars, MM. Skouloudis et Guillemin «ont jirocédé à un amical échange de vues au sujet des questions actuelles » (2). Toutefois, si nous nous en rapportons à un incident dil 20 mars, les relations entre les subordonnés respectifs de ces messieurs paraissaient être encore plus contondantes qu amicales : « Le gardien de l'annexe de la légation de France où sont installés les bureaux de l'attacàé militaire français, a été. arrêté lundi dernier et roué de coups par des policiers grecs. Son état a nécessité son admission à l'hôpital russe du Pirée » (3).

Si les télégrammes inspirés i)ar M. Guillemin avide de réclame et d'audiences royales astucieusement suggérées, persistaient à être bons, les choses s'entêtaient à se gâter.

I* Le Ternes du 26 février 1916, 4' pag«, i" col. ju Le Temps du 11 mars 1916, a" page, 2' col. 3. Ije Temps du 26 mars 1916, a' page, 3* col.

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QUATItlèMR PARTIS

Dans le Temps da 17 février 1916, à la fin d'une lettre de Saloniqae, oq lisait: « Uopinioa grecque est laissée livrée à elle-même ou, plutôt, aux influences, aux passions, aux sollicitations des agents de Vienne et de Berlin. Ceux qui ont traversé Athènes il y a quelques six ou^huit mois et qui s'y retrouvent à présent, peuvent juger du résultat de l'insidieuse et tenace propagande des ennemis ». / On le constate donc : « six ou huit mois avant », c est-àdire à la fin de ma mission terminée en juillet, les choses allaient mieux pour nous. Le témoignage précédent datait de janvier; qu'aurait-ce été quelques semaines plus tard? On allait voir, non seulement un film d'invention réactionnaire, mais les citoyens français filés, ipolestés dans les rues d'Athènes par les malpropres mouchards royaux pouvant impunément les soumettre au plus indécent espionnage. Le service secret du roi était, d'ailleurs, sous les ordres de fonctionnaires appartenant à l'agence de propagande allemande (i).

Au début d'avril, on apprenait la complicité de M. Gou* naris, ancien président du conseil, membre du cabinet, avec le ministre de Bulgarie Passaroff, pour la livraison à celle-ci, malgré Tinterdiction d'exportation, de plus de trente- sept mille sacs appartenant à la Russie et entreposes dans les magasins généraux de la Banque nationale à Salonique (2).

1. Sous le couvert du gouvernement hellénique, tout un système d'espionnage avait été organisé en Italie par lès agents allemands. « M. Hoffmann, qui résidait au Pirée, dirigeait les missions confiées à des intermédiaires grecs; ceux-ci munis de passeports en règle étaient chargés de recueillir les rapports des espions allemands, les adressaient à M. Hoffmann, lequel à son tour les expédiait en Allemagne!». (Le Temps du 1" octobre 1917, a*page,a* col.).

2. Le J'empa des 10 avril 1916, 4* page, a* col. et 19 avril, i'*pagc^ 6' col.

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Eq ce môme mois d'avril, le ministère Skouloudis obtenait du gouvernement allemand, par la hanque BleichtXBder de Berlin, un deuxième emprunt de ^o millions de marks à 6 o/o, coûtraclê, comme celui du mois de janvier signalé tout à Theure (p. 260), grâce à l'interniédiaire de la Banque nationale de Grèce, sans que notre ministre en ait eu le moindre soupçon ( i ) . ,

Le 26 mai, le fort grec de Rupel était livré à ixù. commandant allemand et èr des soldats bulgares, suivant un accord préalablement intervenu entre les gouvernements allemand, bulgare et grec et nié effrontément par M. Skouloudis en répondant à une interpellation à la Chambre. En octobre, le journal athénien Patris révélait le texte des ordres du jour confidentiels adressés par le général Yaunakitsas, ministre de la Guerre, aux commandants de corps d'armée de Macédoine (2),

Cette révélation, bientôt confirmée par des olBeiei^ ayant été à même de connaître les ordres secrets du gouvernement d'Athènes en vue de ne pas entraver la marche en a,vant des Bulgares sur le territoire grec (3), devait l'être de nouveau dans le Livre blanc publié par le minis* tcre Veniselos en août 1917.

La frontière grecque fut dégarnte devant les « ennemis héréditaires », les forts désarmés et livrés, les canons et munitions transportés à Sérès, Drama et Kavala, où ils allaient être pris par eux .

M. Veniselos avait voulu la mobilisation, en septembre iÔi5^ pour aller au secours des Serbes. Le roi se refusa à

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