I. Le T,'mps du 3o septembre 1916, a* jfiage, 2' col
Tînmes à Salonique, sur Tinvitation du coraité de la défense nationale, dont L'initiative avait précédé la nôtre et qui avait agi indépendamment de nous. Et nous ne nous rendîmes à Salonique que dans Tintention de nous transporter ensuite en Tiiessalie et en Epire, oii nous avions la certitude d'entraîner toute la population dont les sentiments veniselistes n'ont jamais fait de doute pour personne s>.
Les puissances acceptaient que M. Veniselos entrât en contact à Salonique avec leurs autorités militaires, afin d'organiser une armée nationale grecque Pour tout esprit sensé il n'y avait qu'une chose à faire, retirer nos ministres près le gouvernement royal et le-^ accréditer auprès du nouveau f^idé le mieux possible dans son œuvre d'assainissement. Malheureusement ce qui est sensé pénètre difficilement dans certaines cervelles de la grande diplomatie. Une conférence des alliés eut lieu, le ao octobre, à Boulogne-sur-Mer, pour Icxamen et le règlement de leur action en Orient Qu'on écoute de nouveau M. Veniselos dans son interview de l'agence Havas(pages iSq, ï58, ^45» a68, 272, 276) :
« Aussitôt installé, je me suis adressé aux puissances de l'Entente pour demander la reconnaissance officielle de notre gouvernement provisoire. La conférence de Boulogne nous refusa cette reconnaissance. Je me rendis parfaitement compte des difficultés internationales que soulevait cette question, et je me félicitai des promesses qu'on avait bien voulu nous donner, de mettre à notre disposition les moyens financiers et matériels dont nous avions -besoin pour organiser notre armée ».
Ici M. Veniselos a certainement exagéré ; son esprit clair ne put se rendre compte que de. l'embarras de.s. puis-
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sances voulant à la fois le soutenir et ménager le roi. C'était du superfin diplomatique et, sans conteste, coi&plèiement idiot de la part de quelques-uns ; de la part d'autres, fut immorale et odieuse leur obstination k sauver le trOne de Constantin.
« Je me proposais donc, contiuuait M. Veniselos, après ma venue à Salonique, de me rendre en Thessalie, en Epire, dans les iles de la mer Egée et dans celles delà mer ionienne où notre venue était souhaitée et attendue — à Texception toutefois de Corfou dont la majorité était antilibérale. Nous comptions ainsi entraîner avec nous plus de trois cinquièmes de la Grèce et lever d'importants contingents qui nous eussent permis, dans l'intérêt des alliés, d'être les véritables maîtres de la Grèce qui, voyant Téclatant succès de notre mouvement, n'eût sans doute pas tardé à se joindre à nous presque en entier.
» C'est à ce moment que survint Tincident d'Ekaterini que.vous connaissez cei*tainement. Je venais de m'établir sur ce point du golfe de Salonique et m'y maintenais parfaitement, lorsqu'on me demanda de me retirer pour ne point causer aux alliés des complications avec le roi Gons* tantin. Je me retirai, et les troupe» alliées occupèrent cette ville qui se refusait à accepter le gouvernement royal ».
Cet incident qui servit — et si utilement pour nous ! — à donner une satisfaction au roi eut lieu auxiébut de no* vembre : notre récompense, elle n'allait pas tarder, fut l'assassinat de nos marins. On ne peut vraiment pas suivre l'évolution d'une pareille politique, sans se sentir souleyé de dégoût.
Les puissances décidèrent alors la création d'une zone neutre, et la presse germanophile d'Athènes eut raison de considérer que c'était un triomphe pour le roi.
AÇnès MON DÉPART 3^9
D'api'ès une dépêche adressée à Londres et publiée par le Times du a^ novembre, « M. Veniselos déclare que son parti a accepté rétablissement de cette zone neutre par respect pour la décision des puissances alliées et par désir d'éviter une guerre civile. Son parti, néanmoins, considère que le tracé actuel de cette zone neutre est peu favorable à ses intérêts. Ce tracé empêche, en effet, les venisellâtes de s'étendre vers la 1 hessalie, où la grande majorité de la population leur est favorable, et les prive, en outre, d'une portion considérable du territoire de la Nouvelle-Grèce .
» Le gouvernement d'Athènes a, envTespèce, reçu, pour sa part, la totalité de l'Ëpire et une bande de la Macédoine méridionale d'une profondeur de quarante à soixante kilomètres. Or les élections de juin 1916 ont montré que M. Veniselos gagna en Thessalie, dans le district de Trikala, huit sièges sur treize, ainsi que la totalité des sièges du districtde Larissa. De plus, en Kpire, il obtint deux sièges sur quatre dans le district d'Aj'ta, onze sur douze dans le dis- Uîct de Janina, ainsi que la totalité du district de Prevesa,
» M . Veniselos proteste contre la persécution de ses partisans en Thessalie » (1),
Ainsi c'était l'Entente qui maintenait de force, sous l'autorité d'un roi à elle malhonaêtement hostile, des populations aspirant, selon son propre intérêt, à s en affranchir. M. Veniselos ne se plaignait d'ailleui*s pas, et ce sera ma dernière citation de la remarque interview accordée par lui à i^agen^e Havas (p. 189, note) :
« Je ne me permets d'élever aucune plainte contre personne. Je connais les difficultés auxquelles se heurtent