VINGT-HUITIÈME FAMILLE
LES TECTIPENNES OU STÉGOPTÈRES. PL 4-. ^g- 2.
Caract. Ailes en toit sur le corps dans l'état de repos; à Louche découverte et à pattes très distinctes.
Les neuf genres qui composent celle famille, sont (lisllngués entre eux , cVabord par le nombre des articles aux larses , qui varie de deux à cinq , ensuite par la forme des antennes du front et de l'aLdomcn.
Genres. Fourinilion , termilc , psoquc , liémérobe, panorpe , némoptère , rhapidic , semblide , perle.
Les fourmilions, pL ^'fig. 2 , sont des insectes très intéressans surtout à l'état de larve : on les a nommés fourmi-lion , fonnica-leo , à cause de la guerre que cette larve, pL l^.fig. 2. a, fait aux fourmis. Elle est caniassière, marche fort lentement et presque toujours à reculons. Hors d'état par son organisation d'attraper à la course les insectes dont elle se nourrit, elle est obligée d'avoir recours à la ruse et de leur tendre des pièges. Elle pratique dans le sable un trou en forme d'entonnoir, où elle se cache entièrement à l'exceplion de ses cornes qui seules sont dehors. Lorsqu'un insecte passe trop loin d'elle pour quelle paisse le saisir, elle fait pleuvoir sur lui une si grande quantité de sable, qu'elle lance avec sa tête dont elle se sert comme d'une pelle, qu'elle en étourdit l'insecte , iltonibe et roule au bord du trou, et bientôt il est saisi par les cornes, en forme de pince, de la larve qui le serrent elle percent en se fermant. Quand elle s'est emparée
i;^ EKTOMOLOGIE,
d'uQ insecte , elle le suce et le rejette ensuite loin d'elle lorsque son cadavre est desséché. Lorsque la proie n'est pas abondante, la larve quitte son habitation pour en établir une autre, quand elle se met en marche , elle trace en avançant une espèce de petit fossé qui a environ une ou deux lignes de profondeur. Arrivée à l'endroit où elle veut se fixer, elle creuse dans le sable avec une ardeur infatigable. Elle forme d'abord un fossé circulaire plus ou moins grand ; celui que font les larves qui ont pris tout leur accroiscement a quelquefois deux ou trois pouces de diamètre , et la profondeur du trou de l'enlonnoir nouvellement fait à presque les trois quarts du diamètre du fossé , qu'on peut regarder comme l'ouverture de l'entonnoir, dès qu'elle a fini son trou, ce qui dure quelquefois une demi-heure, elle se place au fond pour y attendre sa proie : elle y est souvent fort long-temps sans qu'il s'en présente ; mais il paraît qu'elle peut supporter de très longs jeûnes. Tous les insectes leur conviennent pour leur nourriture , même ceux de leur propre espèce.
Les œufs écloscnt en été ou en automne , et les larves deviennent nympiies au printemps suivant. C'est dans leur entonnoir qu'elles se métamorphosent. La nymphe pi. 4- fS' 2. d, s'enferme dans une coque ronde, pi. 4-. fg- 2.
Z» et c, dont elle ferme restéricur avec des grains de sable qu'elle lie avec des fils de soie que la larve lire des filières situées à l'extrémité du corps ; l'intérieur est tapissé d'une matière soyeuse d'un blanc satiné. Les coques où sont renfermées les femelles ont jusqu'à quatre et cinq lignes de diamètre ; celles des mâles sont plus petites. L'insecte parfait sort de sa coque quinze à vingt jours après sa métamorphose; il laisse sa dépouille de nymphe à l'ouverture qu'il a faite à la coque pour sortir.
L'insecte parfait vole faiblement; il se tient presque toujours accroché aux plantes, et ne se donne un pèn de mouvement que la nuit. L'espèce la plus remarquable en Europe est le fourmilion libelluloïde.
Les ascalaphes ont probaljlement des habitudes analogues à celles des fourmilions ; ils ont été peu étudiés. Us volent rapidement et avec légèreté ; leurs anlennes longues , terminées en boulon , et leurs corps couverts de poils leur donnent quelque ressemblance avec les papillons.
Les termites sont le plus grand fléau des indes ; ils y causent des ravages aussi prompts que terribles, dans les propriétés des habitans, les meubles, les étoffes, les marchandises de toute espèce sont bientôt détruits et réduits en poussière. Rien ne résiste à leurs mâchoires
I yC) ENTOMOLOGIE,
«ksiruclives, excepté les métaux elles pierres. Nous empruntons les détails suivans à M. La- Ireille qui lui-même les a extraits du Voyage de Spormann au Cap de Donne- Espérance,
« Ces insectes, qu'Adanson nomme {uig-.^agues, ont été appelés ^o;^x de lois, fourmis blaii' ches. lis ont effectivement beaucoup de rapports avec les fourmis ; comme elles, ils vivent en sociétés , formées de trois ordres d'individus; ils hâlisscnt des nids, la plupart à la surface de la terre , d'où ils sorîenl par des galeries CDuveries, lorsqu'ils y sont forcés, et de là , vont faire des courses dévastatrices dans les campagnes; comme les fourmis, ils soiii omnivores; comme elles, à une certaine époque de leur vie, ils ont quatre ailes, font alors des émigrations, et forment des colonies. Ils ressemblent encore aux fourmis dans leur activité laborieuse , mais ils les surpassent , elles, les abeilles, les guêpes, cl les castors, dans l'art de bâiir.
«Chaque nid renferme, selon Sparmann, un mâle, une femelle et des ouvriers: il distingue ces derniers par les noms de travailleurs et de soldats, parccqu'il a vu les uns travailler, et les autres combaltre pour défendre leur propriété. Les mâles et les femelles ne deviennent ailés que peu de temps avant de reproduire leur espèce. Les soldais , qui ont été regardés
par quelques auteurs, comme des mulcis ou (les nculres , ont une forme différente de celle des travailleurs, qu'on a cru être des maies ; mais, suivant Sparmann , les soldats ne diffèrent des travailleurs , que parcequ'ils se sont rapprochés d'un degré de l'état parfait.
)) Sparmann pourrait bien s'être trompe, car il paraît probable que parmi les termes il v a une sorte d'individus qui n'acquiert jamais d'ailes. Les soldais qui, selon Sparmann , se sont rapprociiés de l'état parfait, seraient donc des nymphes? Mais les nymphes, qui vivent et agissent comme les insectes parfaits, et qui, sous leur dernière forme, doivent avoir des ailes, ont ces parties renfermées dans des fourreaux, qu'on dislingue très bien; au lieu que les soldais n'en ont pas les moindres vestiges, par conséquent ils doivent former un ordre particulier.
Les nids des termes belliqueux , selon notre auteur, renferment cent travailleurs pour un soldat. I-es premiers ontîi peine trois lignes de longueur , et vingt-cinq pèsent environ un grain. Leurs mandibules pai'aissent conformées pour manger et retenir les corps ; au lieu que les seconds , qui sont beaucoup plus gros , ont les mandibules très pointues en forme d'aièiic, et ne servent qu'à percer et à* blesser.
jjS e:\-tcmolcgie,
» ri[)ris son cniier dcvcloppemcnl, rinsccle qui est poîir.ai u'ailcs , diffère des deux auîres qui ne sont point ailés , par la fornnc de son corps. Alors , il a environ huit lignes de longueur, et ses ailes sont presque du double plus longues ; il a deux yeux très saillans , qui manquent aux deux autres individus ^ ou ils sont si peu apparens qu'on ne les distingue pas. Ces insectes ailés ne se trouvent dans les nids quimmédiatemcnt avant la saison des pluies , époque de leur dernière métamorphose, et après laquelle ils font des émigrations , et vont former de nouvelles sociétés. On peut ouvrir vingt nids sans y en trouver un seul, parcequ ils aîlendcnt rarement la seconde averse pour en sortir. Si la première pluie tombe dans la nuit, le lendemain masin toute la surface de la terre qui avoisine le nid, et la surface des eaux sont couvcries de ces insecîes , parcequc leurs ailes ne |les soutiennent dans l'air que pendant quelques heures , et que presque tous les perdent avant le lever du soleil , à moins que la matinée ne continue d'être pluvieuse ; dans ce cas , on les voit épars , isolés, voliigcr d'une place à l'autre , cherchant à éviter leurs nombreux ennemis , parmi lesquels est une espèce de fourmi qui les poursuit jusques sur les arbres où ils se réfugient. Ceux qui échappent aux dénis de ces
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iusccles, deviennent la proie des oiseaux et des reptiles carnivores, qui leur font la guerre dans ce moment : de sorle que de plusieurs millions qui vivaient la veille , il en resle à peine quelques coup'es, pour reproduire leur espèce et fonder une nouvelle société.
Les termes ont encore pour ennemis les lia- Litans de plusieurs contrées de l'Afrique , particulièrement ceux de la Guinée , qui les mangent. Mais au milieu de tous ces dangers, ils seiuLlent quelquefois les oublier; la plupart n'ont plus d'ailes, cependant ils courent très vile. Les mâles paraissent très empressés auprès des femelles, mais depuis leur mélamorphose, ils sont entièrement dégénérés. Après avoir été actifs, industrieux, ardens à la proie, farouches, les termes deviennent tout à coup indolens, poltrons. Ils se laissent entraîner par les fourmis, qui les conduisent à leurs nids sans trouver la moindre résistance ; ils ne leur échappent que lorsque quelques travailleurs , qui courent continuellement près de la surface de la terre , viennent à leur secours : ceux qui ne sont pas protégés par ces insectes périssent, et sont dévorés par leurs ennemis.
Dès que les travailleurs ont sauvé un couple, ils le mettent aussitôt à l'abri, et l'enferment ensuite dans une petite chambre d'argile, à laquelle ils ne laissent qu'une entrée suffisaala
lH(7 KMGJIOL'JGiE,
pour (îorincr pissage à eux el aux soldats; ils j^ourvoicn! à ses besoins, et par la suile à ceux du sa posfe'riîc ; ils le prolègcnt jusqu'à ce qu'il j)it une famille en étal de partager cette tache avec eux. Sparmann , qui n'a jamais vu l'acr;)uplcment tle ces insectes, croil que c'est alors qu'il a lieu. Peu de temps après que le mâle et la femelle ont été renfermés , l'abdomen de celle-ci s'étend à un point que celui d'une vieille femelle est quinze cents fois ou deux mille fois plus gros que le reste de son. corps. Sparmann présume que , lorsqu'il a trois ])Ouces de longueur, la femelle doit être âgée (ic plus de deux ans. Alors elle pousse ses œufs en dciiors jusqu'au nombre de soixante dans une minute. Sparmann dit en avoir vu des vieilles en pondre quatre-vingt mille et plus en vingt-quatre heures. Si ce naturaliste ne s'est pas trompé dans son calcul , quelle étonnante fécondité I
))Le mâle, après avoir perdu ses ailes, ne change plus de forme ni n'augmente plus en grosseur; il reste ordinairement caché sous un dos côtés du vaste abdomen de la femelle ; il ne piraît pas être le principal objet des soins des travailleurs et des soldats.
» A mesure que la femelle pond, les travailleurs transpor'cnt les œufs dans des logemens séparés, et lorsque les petits en sortent ils sont
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pourvus (le lout , jusqu'à ce qu'ils soient en élat (le se procurer cux-nicmes ce qui leur esl nécessaire , et de prencJre part aux travaux de la sociélé.
» Après avoir suivi Sparmann dans l'inléressanlc description du termes bellifjueux , csjièce la plus grande et la mieux connue en Afrique , celle ({ui bâiit les plus grands nids, les plus curieux et les plus multiplies dans l'île des lîananes , il nous reste à examiner son industrie dans la construction de son nid.
» Noire auteur décrit cinq espèces de termes, le Lellifjueux, Vat-orc ^ le dcsfnicteur^ le mordant cl celui des arbres. Les uns bâtissent leurs nids sur la surface de la terre , partie en dessus, parlie en dessous; les autres sur les branches des arbres, et quelquefois à une 1res grande hauteur.
» La figure extérieure de l'édifice du termes belliqueux est celle d'un petit mont plus ou moins conique , approchant de celle d'un pain de sucre, dont la hauleur perpendiculaire est de dix à douze pieds au-dessus de la surface de la terre. Chacun de ces édifices esî composé de deux parties , l'extérieure et l'intérieure. La première est une large calotte de la forme d'un dôme , assez vaste , et assez forte pour proléger r intérieure contre les inlempéries de l'air, et les Inbilans contre les alta(jues de leurs enne-
tS2 ENTOMOLOGIE,
mis; chacun de ces édifices est divisé en un grand nombre de pièces qu/i servent à loger le" mâle et la femelle , leur nombreuse postérité , et le reste sert de magasin. Ces derniers sont toujours remplis de provisions, qui consistent en gomme ou jus épaissis des planles. Les pièces qui sont occupées par les œufs et par les petits , sont entièrement composées de parcelles de bois, qui paraissent cire unies ensemble par des gommes. Ces édifices sont exîremement serrés et divisés en plusieurs petites cbam- Lres, dont la plus spacieuse n'a pas un demipouce de grandeur ; elles sont placées près de celle de la mère. Celle-ci se trouve à peu près de niveau avec la surface de la terre , à une distance égale de tous les côtés du corps de logis et directement sous le sommet du dôme. Ces pièces sont séparées par plusieurs galeries qui se communiquent et se prolongent jusqu'à la calotte sunérieure qui couvre le tout. Ces ieries, qui sont pratiquées dans les pièces les plus basses de l'édifice, sont plus larges que le calibre d'un gros canon : elles descendent soas terre jusqu'à la profondeur de trois à quatre pieds; c'est là que les travailleurs vont prendre le gravier fin avec lequel ils construisent tout l'édifice , à l'exceplion des chambres occupées par les œufs et les petits.
» Le termes atroce cl le termes mordant Là-
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tissent des nids avec les mêmes matières que celles qu'emploient les lermèsLclliqueux ; mais ils leur donnent une forme différente. Sparmann les nomme nids en tourelles; ils sont cylindriques, hauts d'environ deux pieds, cc.uverls d'un toit en forme de dôme. La figure exlérieure de ces nids est plus curieuse que celle des autres termes, mais l'inldrieur n'est pas aussi Lien distribué. Tous ont la mcme solidité; on les renverse plutôt à leur fondement qu'on ne les rompt dans leur milieu.
"Les nids du termes des arbres diffèrent des autres par la forme et la grandeur. Ils sont sphcriques, bâtis sur les arbres où ils ne tiennent quelquefois qu'à une seule branche, qu'ils entourent à la hauteur de soixante ou quatrevingts pieds. 11 y en a, mais rarement, qui ont la grosseur d'une banque de sucre. Ils sont composés de petites parties de bois , de gomme et de sucs d'arbres, avec lesquels les termes forment une pâte pour construire les cellules. Ces nids renferment une prodigieuse quanll'é d'individus de différente grandeur. Les habitans les recherchent pour en nourrir la volaille.
» Quelquefois ils bâtissent leurs nids sur les toits, ou toute autre partie des maisons et font de grands dégâts, mais beaucoup moins encore que les termes belliqueux, qui sont plus grands.
» Ceile dernière espèce et quelques aulres marchent sous lerre, descendent sous les fondemens des maisons et des magasins, et pénètrent dans les poteaux qui soutiennent les bâtimens, les percent et les vident d'un bout à l'aulre sans qu'on s'en aperçoive, parcequ'ils ne louchent jamais à la surface ; de sorte que le morceau de bois qui paraît le plus entier tombe dès qu'on met la main dessus. Les termes Cics arbres s'introduisent souvent dans des coffres, y font leur nid et détruisent tout ce qu'ils contiennent. Rien n'est en sûreté avec eux, et en peu de temps différentes espèces, comme de concert, détruisent une maison de fond en comble.
n Si on ouvre un de leurs nids, les soldats, dit Spannann , se présentent à l'entrée et le défendent avec fureur. Ils mordent tout ce qu'ils rencontrent. S'ils peuvent atteindre quelques parties du corps de l'homme, ils y accroclient profondément leurs mâchoires, ne lâchent jamais prise et se laissent plutôt arracher par morceaux. Ils sont dans la plus grande agitation pendant tout le temps qu'on louche à leur habitation, mais dès qu'on s'éloigne , ils se calment, et au bout d'une demi-heure on n'en, voit plus hors du nid.
» Les termes voyageurs sont beaucoup plus rares et plus gros que les termes belliqueux..
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Sineatlimnii a eu oecasion de les observer daus leur marche. Il les a vus dans une épaisse foret , et les a entendus s'annoncer j)ar uii sifflement qui lui fit craindre l'approche d'un serpent. Le bruit lui fit diriger ses pas à quelques dislances du sentier où il se trouvait ; là il vit avec surprise une troupe de termes sortir de terre les uns après les autres avec vitesse par un trou qui n'avait pas plus de quaire à cinq pouces de diamètre. A moins de trois pieds de cet endroit, ils se divisèrent en deux corps, composés des ouvriers qui marchèrent douze à quinze de front sur une ligne droite. Quelques soldats étaient mêlés parmi eux , et il y^ en avait de répandus de côté et d'autre de la ligne à un ou deux pieds de dislance , qui semblaient protéger la marche. D'autres soldats montaient sur les plantes, se plaçaient sur la pointe des feuilles , à douze ou quinze pouces au-dessus du sol , et de temps en temps en frappant sur les feuilles avec leurs pattes, faisaient un bruit auquel l'armée entière répondait par un sifflement., et hâtait le pas. Les deux colonnes de la troupe se rejoignirent à environ douze ou quinze pas de l'endroit oij elles s'étaient séparées et descendirent dans la terre par deux ou trois Irous. Les travailleurs de celte espèce sont au moins trois fois ph'§
gros que les autres et pourvus de deux yeux. Le mâle et la femelle sont inconnus. «
Les psoqucs ne vivent point en société , ils se nourissent de matières végétales et animales. L'espèce appelée pédiculaire se rencontre souvent dans les collections d'histoire naturelle.
Les hémcrobes sont de jolis petits insectes, ordinairement de couleur verte , leurs ailes ont la finesse et la transparence de la gaze , leurs yeux sont d'un beau rouge et très brillans. Ils vivent dans les jardins-Les œufsdes hémérobes sont fixés sur les feuilles par des pédicules ou tiges de la grosseur d'un cheveu et longues cu- «.-iron d'un pouce. Ils sont placés par les femelles au nombre de dix à douze assez près les uns des autres. Les tiges qui les soutiennent sont presque toujours inclinées ; la singulière disposition de ces œufs, les a fait prendre par quelques naturalistes pour des plantes parasites.
Les larves des hémérobes sont très avides de pucerons , elles en détruisent considérablement; c'est pour cela que Iléaumur les a nommées lions des pucerons. Quelques espèces se recouvrent avec les cadavres des pucerons qu'elles ont sucés; ce fourreau leur donne une figure bizarre.
Quand elles veulent se transformer, ces larves se font des coques à l'aide de filières qu'elles .
ont à l'exlréinité de leur corps. Elles emploient à la confection de ces coques une adresse et une agilité surprenantes.
Les hcmcrobes habitent presque tous l'Europe , ils laissent lorsqu'on les touche une odeur d'cxcrémens très désagréable.
On ne connaît que très peu de panorpes et de némoplèreS; leurs mœurs n'ont pas été étudiées.
Le genre raphidie ne se compose que d'une seule espèce qui habite l'Europe ; on la trouve dans les bois et dans les chantiers. Les femelles diffèrent des mâles par une longue appendice sétacée , qui termine leur abdoiTîen et qui icrrr sert probablement à insérer leurs œufs dans les corps qui doivent les receler.
Les perles à, i'état de larve vivent dans l'eau, et SQ "nourrissent d'insectes aquatiques. Elles Se renferment dans des fourreaux à la manière des teignes ; ces fourreaux sont garnis à l'intérieur de soie que l'animal a filée , et sont revêtus de divers matériaux, tel que des brins de bois, de sable, etc., les deux extrémités du fourreau ont des ouvertures qui sont fermées par une espèce de grille composée de fils de soie croisés , assez lâches pour laisser passer l'air nécessaire à la respiration de la larve , quelque temps avant sa dernière métamorphose elle brise une des grilles, pour pouvoir sortir
plus facilement lorsqu'elle sera parvenue à l'état parfait.
Les perles, comme tous les insectes de celle famille, vivent beaucoup plus long-temps à l'état de larve qu'à celui d'insecte parfait ; dans ce dernier état elles n'ont que le temps de s'accoupler pour mourir de suite après ; un jour, une seule heure est ordinairement le terme de leur existence.