QUARANTE-HUITIÈME FAMILLE
LES FILICORNES OU NÉMATOCÈRES. PL 8. /tg, 2.
Caract. Aniennes en fil souvent peclinées; une soie au bord externe de l'aile inférieure; ailes supérieures le plus souvent en forme de toit.
Genres. Eomhyce , cossus, hépiale.
Les chenilles des insectes de cette famille ont ordinairement seize pattes, quelques unes cependant n'en ont que quatorze, et un très petit nombre n'en a que douze, elles ne sont jamais arpentcuses , leur corps est velu, hérissé , tuberculeux ou appendiculé. Elles ont toutes la faculté de filer ou de former de la soie; mais leurs produits en ce genre diffèrent beaucoup suivant les espèces. Les unes vivent en société , forment des tissus ou enveloppes de soie , sous lesquels elles passent ensemble le premier temps de leur vie, à l'abri de toute insulte. Les auîrcs filent et attachent un simple fil sur les corps où elles se trouvent, et semblables à la plupart des araignés, elles évi-
tent le péril qui les menace en se laissant tom: Lcr, suspendues à leur fil tant que le danger continue ; elles ne remontent par le moyen de leur fil que lorsqu'elles jugent qu'elles peuvent le faire impunément.
Le bomljyce h soie, ver à soie, est, avec l'abeille, l'insecte le plus intéressant; on peut le comparer au plus utile des animaux domestiques ; tout le monde connaît le produit précieux qu'on en retire. Nous ne nous arrêterons k décrire ni son éducation ni la manière d'en retirer la soie , cette matière a été traitée spécialement dans des ouvrages particuliers, et uGiis y renvoyons nos lecteurs.
Il n'y a pas que le Lombyce à soie , qui fournisse cette substance précieuse, on en retire encore du bombyce mylitte qui vit en Chine et dans l'île d'Amboine, et du bombyce cynthie, qui se trouve au Bengale, et qu'on élève avec des feuilles de palma Cliristi. On fabrique avec la soie qu'il produit des vêlemens dans les districts de Dinagepore et de Rungpore.
Nous possédons en France plusieurs bombyces, entre autres, le bombyce grand-paon, qui file des cocons solides et abondans, et dont la soie est presque aussi belle que celle du ver à soie. Ne pourrait-on pas en tirer parti ?
Les cossus volent la nuit et vivent peu de temps à l'état ds papillon ; leurs chenilles sont
presque rases , lisses et peu variées en couleurs, elles habitent dans le tronc des arbres qu'elles rongent profondement de la même manière que les larves des lucanes, des capricornes, etc.; elles filent des espèces de coques qu'elles mêlent avec des débris de bois et de terre, et dans lesquelles elles se transforment en nymphes.
Le cossus gâte-bois, cossus ligniperda de Fabricius est commun dans toute l'Europe. Sa chenille est très nuisible, elle attaque un grand nombre d'arbres, particulièrement d'ormes, qui périssent très souvent par suite de ses ravages.
Le célèbre Lyonnet a fait sur cette chenille un travail aussi admirable par son exécution que par la patience qu'il a exigé.
Le cossus gâte-bois répand une odeur fort désagréable, ce n'est donc point le cossus dont les Romains étaient si friands. Ce genre est peu nombreux.
Les hépiales n'offrent rien de particulier. Une espèce cependant, Thépiale du houblon, doit être signalée à cause des dégâts que sa chenille fait dans les lieux où l'on cultive le houblon. Elle habite sous terre dans les racines de cette plante : Godard a rencontré l'insecte parfait au pied de la bryone , et il présume que la chenille se nourrit aussi de la racine de cette plante. 11 se trouve dans toute l'Europe.