QUARANTE-NEUVIÈME FAMILLE
LES SÉTir.ORNES OU CUÈTOCÈUES. PL 8. flg. I.
Caract. Antennes en soie, rarement pectinées; ailes variables pour le porl et la forme.
Genres. Lilhosie, nocluellc , crambe, phalène , pyrale , teigne , alucile , plérophore.
Celle famille renferme un grand nombre de lépidoptères nocturnes qui n'ont guère entre eux d'autre analogie que dans la forme des antennes. Ils onl d'ailleurs les mêmes mœurs que les nématocères.
Les lilhosies sont nombreuses, on les trouve particulièrement en Europe^ elles sont ornées de couleurs 1res agréables , leur forme est étroite et alongée. Leurs chenilles sont ordinairement très velues. Elles vivent parliculièrenient sur les lichens.
Les noctuelles ne sont pas rares en France, leurs chenilles sont ordinairement lisses, d'autres ont quelquefois de longs poils, celle du marronnier a sur tous les anneaux des faisceaux de poils très longs, de couleur jaune, qui font un très bel effet sur les anneaux qui sont couverts de bandes d'un beau noir. Elle sont très carnassières et ne s'épargnent pas même entre elles.
Les crambes se trouvent sur les plantes,
LEÇON XtlI. 379
dans les pâturages secs ; ils n 'offrent rien de particulier.
Les phalènes ont de grands rapports avec les bonibyces, mais elles sont moins velues. Leur trompe est beaucoup plus longue que dans ces derniers. Ces Insectes ne volent guère que la nuit, ils se tiennent immobiles dans le jour. On les trouve en été dans les bois et les jardins. Il y a quelques espèces qui ont comme six ailes ce sont des appendices qui se trouvent sur les inférieures. 11 y a dés femelles presque aptères, car elles n'ont que des rudimens d'ailes. Les chenilles des phalènes sont de celles qu'on a nommées géomètîvs ou a rpen feu ses, {V, ce que nous avons dit de leur manière de marcher pag. 270). Elles ont le corps alongé, mince et dépourvu de poils ; quelques unes de ces chenilles ont une force considérable dans les muscles , on les voit souvent le corps élevé verticalement, et ne se tenant sur les branches qu'avec les paltes postérieures qui les serrent fortement ; d'autres prennent des positions encore plus étonnantes, et les conservent pendant très long-ten>|)S. Elles ressemblent alors à de petits morceaux de bois autant par la position extraordinaire qu'elles prennent que par la couleur de leur peau qui est souvent pareille aux branches des arbres sur lesquels elles se tiennent.
28o ENTOMOLOGIE,
Les chenilles des pyrales se renfermeni des feuilles qu'elles rouleràt autour d'elles t dont elles mangent le parenchyme ; quelques unes dévorent l'intérieur des fruits, d'autres se filent des coques très singulières que Réaumur a nommées coques en bateau. Ces coques sont composées de deux parties que la chenille file séparément , et qu'elle réunit ensuite avec de la soie. Une fois renfermée dans cette coque , elle continue à filer afin de lui donner la forme d'un petit bateau.
Ces insectes sont fort jolis, on les trouve tout l'été.
Les teignes ne sont que trop connues par les dégâts qu'elles font sous la forme de chenilles. Ces dernières se renferment pour la plupart dans des fourreaux qu'elles font et qu'elles transportent avec elles; ces fourreaux sont faits avec \cs matières dont elles se nourrissent et qu'elles fortifient avec de la soie.
Les teignes détruisent rapidement la laine , la soie , les pelleteries , et en général toutes les étoffes ; d'autres attaquent les grains de Lié et de seigle ; enfin il est peu de substances animales ou végétales qui soient à l'abri de leurs ravages.
Dans l'état parfait ce sont de charmans insectes, ils brillent pour la plupart du plus vif éclat ; l'or, l'azur sont répandus avec un art
admirable sur leurs ailes, mais ils sont presque tous très pelils.
Les aluciles ont de grands rapports avec les teignes, dont elles ont lout l'éclat. Les chenilles ne vivent que sur les plantes dont elles roulent les feuilles.
Les plérophores sont remarquables par leurs ailes en forme d'éventail , c'est à dire que dans la plupart de ces insectes elles sont étroites et divisées en autant de parties qu'elles ont de nervures ; dans quelques uns ces divisions commencent dès leur origine, dans d'autres vers leur milieu ; ces divisions sont encore pour l'ordinaire garnies de poils fins, longs et serrés imitant les barbules d'une plame. Un des plus communs de ces insectes , le plérophore hexadactyle, ornéode hexadactyle deLatreille, se trouve quelquefois sur les vitres des appartemens.
LLS DIPTÈRES.
Caract. Deux ailes nues ; bouche sans mâchoires.
Cet ordre est tellement naturel que tous les naturalistes anciens l'avaient reconnu.
La bouche de certains diptères se compose ordinairement d'une sorte de siphon ou de suçoir toujours articulé, et visible, avec lequel ils incommodent par leurs piqûres les animaux et l'homme même ; chez quelques autres elle se compose d'une trompe charnue. Les dip'ères subissent des mélamorphoses complètes; la larve ne paraît changer qu'une seule fois de peau et lorsqu'elle passeàl'élat de nymphe.Les larves sont privées de pattes ; dans quelques familles, elles ont des appendices qui leur en tiennent lieu. Elles habitent dans différens lieux; les unes se rencontrent dans les eaux, ou les fluides corrompus , d'autres infectent nos viandes, le fromage , et corrompent nos boissons; enfin il y en a qui nous font éprouver de grands dommages en attaquant les plantes céréales.
ENTOMOLOGIE, LEt^UN XIV. 283