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familier, pardessus tout une atmosphère de prière et le recueillement, introuvable ailleurs même aux chapelles les plus vénérées par la piété des foules. On récite l'Angelus et on entre au cabinet de travail où la conversation est inaugurée : on ne tarde point à passer à table, et le repas succulent et exquis servi par une vénérable gouvernante aux cheveux blancs;, dans une grande salle plaquée de bois sombres avec étalage de vaisselle d'argent, le repas fait songer aux agapes mystiques des temps anciens, où l'alimentation du corps s'accompagnait de l'élévation de la pensée et de la nutrition de Tâme. Nulle table n'est servie avec une aussi abondante opulence, votre hôte comprend cette incontestable vérité qu'il ne faut pas oublier le corps, et que la frugalité et l'ascétisme matériels ne sont pas les compagnons nécessaires de l'austérité morale. J'ai entendu soutenir autrefois cette idée si juste par un grand orateur. Monseigneur Berthaud évêque de Tulle dans une assemblée de huit évoques, à la table d'un gentilhomme périgourdin qui recevait cette théorie sacrée de Violets où se trouvait même un Rouge. Le saint archevêque Guibert,
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promu depuis au siège de Paris, observait à la maîtresse de maison qu'elle n'avait pas songé en l'occurence à la vertu de mortification. Iftonseigneur Berthaud releva l'observation avec la violente beauté de sa parole de flamme, et démontra victorieusement la raison d'être des festins magnifiques approuvés et bénis de Dieu comme une manifestation de la richesse et de l'abondance de la terre^ Quant au Rouge qui n'était autre que le cardinal Donnet archevêque de Bordeaux, il se borna à mettre en sérieuse pratique la belle théorie de son collègue et démontra excellemment que l'on peut être prince de l'église et possesseur d'un bel appétit. Mais la causerie engagée parmi ce bouquet de prélats n'égala point en hauteur les considérations de mon Grand Maître de Versailles : il vous entraîne en de telles régions que l'on mange sans penser aux aliments, petit accessoire du banquet intellectuel auquel on est convié. 11 n'y a que certains discours du père Alta pour nous donner à l'égal des paroles de Saint- Yves le sentiment et llntellection des ravissements célestes. Après une homélie d'AUa sur la mort, on voudrait sincèrement mourir, après
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une monographie de Saint- Yves sur l'au-delà ésotérique, on n'estplus vraiment sur la terre, on participe aux enchantements divins, et votre interlocuteur,auréolédansla pénombre, vous représente une noble image du Père Eternel. Saint- Yves achève en ce moment une synthèse d^enseignement catholique, une démonstration de l'universalité de Jésus^ qui sera à tel point parlante et péremptoire qu'aucune négation de bonne foi, aucun doute sérieux ne pourront plus subsister. Je ne veux point déflorer ainsi la splendeur de son verbe mais je suis heureux de l'annoncer et d'être l'un de ses précurseurs. Saint- Yves est inspiré par sa chère défunte et les liens de cette inspiration sont tellement visibles que l'on ne peut plus douter de la communication des morts et des vivants, non point, je me hâte de le dire selon les enfantillages et les forces du spiritisme, mais par une vraie présence mentale de l'âme envolée, se manifestant sans hésitation possible par la sagesse, la profondeur, la subtilité de ses conseils.
Lorsqu'aux environs du crépuscule on quitte cet homme extraordinaire, on emporte avec soi une impression de sérénité qui dérobe à
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VOS yeux pour la fin de la journée toutes les misères et toutes les petitesses de Tambiance terrestre, La providence en me faisant con- Qutre ce grand initié m'a octroyé une grâce incomparable, pour laquelle je ne cesserai de lui exprimer ma reconnaissance, qui a pleinement répondue la prière que je lui ai souvent adressée sur le conseil de Saint-Paul :
Credo, sed adauge mihi fidem.
Cette cinquième période Rosi-crucienne fut aussi remarquable je ne dirai point par ime réconciliation, jamais il n'y avait eu de brouille violente, mais par un rapprochement extrêmement précieux avec le groupe Kabbalistique qui a inauguré en France les hautes études intellectuelles.Mon vaillant et éminent ami Papus le dirige et quelques divergences doctrinales s'étaient produites au début de nos expositions. Mais il ne s'agissait que de légers malentendus qui ne pouvaient résister à une heure de conversation sérieuse et qui ont disparu totalement lorsque Papus s'est publiquement et noblement défini un chevalier du Christ. Nous ne sommes pas auire chose et c'est assez pour remplir et honorer une existence humaine.
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Un groupe unique n'est ni nécessaire ni même souhaitable : il y a de grands avantages à multiplier les collectivités, on multiplie ainsi le nombre des hommes pensant droit et de bonne volonté qui pour une raison ou pour une autre ont des préférences pour telle ou telle agrégation. Ce qui est indispensable est l'unité de but et de doctrine générale.
Mais une armée a plusieurs sortes de régiments, les ordres monastiques se divisent et se subdivisent, pourquoi les adeptes de la haute Science seraient-ils contraints à l'unité de chapelle. La besogne intellectuelle est assez considérable pour appeler à elle tous les hommes, tous les groupes, tous les clans qui dans leur diversités respectives, professent tous le culte supérieur de la Justice, de la Vérité et de la Beauté,
Je ne veux point finir ce chapitre sans mentionner ime autre rencontre faite au salon cinquième de la Rose-j-Croix. Un vrai sorcier celui-là dans toute Tacception du terme, quoique revêtu bien et dûment de la soutane et n'ayant usurpé ni costume ni fonctions. Un curé sorcier ! tout bonnement 1 à la démarche haute, à la mine inquiétante, à la conver-
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sation émaillée de sous-enlendus, hachce de réticences ; érudit connaisseur de tous les grimoires, et exécuteur des formules magiques. L'abbé*** était certainement un praticien de Tœuvre hyperphysique, j'en ai eu d'incontestables preuves. Il m'a annoncé à deux mois de distance une guérison inespérée, deux morts inattendues et une conversion tout à fait extraordinaire que personne ne pouvait prévoir. Il portait malheur à ses ennemis ou simples adversaires, je fus un jour très contrarié par une demande qu'il me fit d'un prêt bien humble de cinq louis ; il ne me fut pas possible de le satisfaire et j'eus pendant six semaines une série inimaginable d'ennuis de toute sorte... qui cessèrent comme par enchantement dès que je fus en mesure de rendre au ténébreux bonhomme le petit service qu'il me demandait. Il est mort depuis, Dieu ait son âme. Ce n'était vraiment pas un mauvais prêtre mais il était quêteur et besogneux, avec cela tout bourré de maléfices, imprégné de sortilèges... Néanmoins on l'a indignement calomnié quand on l'a accusé de dire la Messe Noire, je tiens à lui rendre ce
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témoignage posthume en raison de nos assez bonnes relations, et pour rendre hommage à la vérité.
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La sixième Geste marqua simultanément pour la Rosef Croix l'apothéose complète et rofficielledisparition.Non la fin^mais la rentrée en sommeil, sur Tordre du Grand Maître, compétent et seul compétent pour prononcer sans appel cette mesure de politique intérieure.
Quant à l'apothéose au dernier éclat de notre soleil couchant, je dois les constater avec une fierté légitime. Notre grande ambition avait toujours été d'atteindre à la salle Georges Petit, la plus célèbre et la plus renommée de Paris et du monde. Nous n'eûmes même point à formuler sur la question le moindre désir. Les propriétaires de la salle, espérant sans doute ajouter quelque éclat à la grande réputation
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artistique de leur établissement vinrent nous le proposer. C'était là pour nous un double triomphe. Nos nombreux ennemis de la presse, en jugèrent ainsi et se laissèrent aller à de violents mouvements d'humeur. Comment!
Ces gens à grelots et à oripeaux devenaient officiels, étaient salués à l'égal des deux grands salons des Champs-Elysées et du Champ de Mars, exhibaient leurs cadres et leurs bustes dans un local consacré par tant de vogue et tant de succès. L'un de ces Amers osa écrire en première page d'un grand journal :
« Il y a des animaux qui ont la vie dure, on « a beau les cogner et les assommer, les trans- « percer et les fusiller ils se relèvent toujours « plus insolents et plus vivaces. De quelle ma- « tière sont donc faits leurs muscles, quelle « âme infernale peut insuffler cette vie endia- (( blée dans un organisme que Ton croyait a mort-né dès son apparition dans le monde.
« Le phénomène ne nous parait pas expli- <( cable. »
Ce qui est beaucoup moins explicable est la colère de ce journaliste qui ne manquait ni d'intelligence ni de compétence, mais que nos victoires exaspéraient. C'était un tenant de