‹ L'entrée de Dumourier a Bruxelles, ou, Les vivandiersChapitre 15 sur 58 · CHARIOT · texte numérisé non relu

CHARIOT

M’affliger ?

Madame C H A R L O T,

suis sûre. -,

Ce seroit pour la première fois. Mais voyons.

Madame C H A R L O T,

Ta fille est amoureuse.

• Ce n’est que cela ? Tu l’étois bien de moi -à son âge , e,t tu n’avois que seize ans , quand tu me donnas cet aimable enfant.

Madame CharloT.

J’en conviens; mais tu^ne devinerois jamais celui que ta fille aime ? C’est le fils de Clerfait, général , et je crains bien qu’ils ne soient bientôt d’accord.

C H A R L O T , réfUchissant.

■ Tu avois raison ; cette nouvelle m’afflige. C’est un grand qui pense que l’honneur du soldat est aussi bas que la modicité de sa paye. Je saurai lui apprendre le contraire.^ Que je le voye roder autour de ma cantine; je lui montrerai ce que c'est que la valeur d un brave soldat, né français , ( à part) et bientôt républicain.

Mad. ChaRLOT , le prenant par la main.

Tu te fâches , mon Chariot ; point d’éclat , mon ami; tu n’es pas en France; c’est le fils

d’un noble , et nous ne sommes que des vivandiers.

Chariot , avec froideur et haussant les épaules.

D’un noble!.... Ma femme, c’est bon^ je connois mon état , ( à part, ) me^ droits et mon courage.

Madame CHARIOT.

Tiens , mon ami, tu dissimules avec moi , tu ^

me caches un projet Que je suis fachee

de t’avoir dit cela. Embrasse-moi ! ma Charlotte est sage ; c’est un enfant qui n’entend aucune malice^ gardons-nous bien de lui en faire aucun reproche.

Chariot.

Tu as raison, ma belle amie ^ allons , fais dresser la table des généraux. ( A part, ) Et moi , je vais faire un tour dans la tente des soldats. Ah ! M. le comte du Saint-Empire , généralissime de l’armée inmériale , vous, me payerez çher aujourd’hui l’auront que vous vouliez faire à mon honneur! Je vous mettrai en quatre ■ comme vos seize quartiers de noblesse. ( Il sort, )

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