‹ L'entrée de Dumourier a Bruxelles, ou, Les vivandiersChapitre 18 sur 58 · L’AIDE-DE-CAMP, CHARLOT · texte numérisé non relu

L’AIDE-DE-CAMP, CHARLOT

l’AidE-DE-Camp , lui frappant sur V épaule.

Vive M. Chariot ! Quel art , quelle sagacité dans ses repas ! ( lui frappant sur V épaule. ) En vérité , mon cher Chariot , vous êtes le dieu de la table. Vous avez été , à ce qu’on m’a dit, le chef de cuisine du roi de Prusse ; c’étoit un grand Cornus. \

Charlot, se frottant le menton*

• Ne vous gênez pas. ( lui ôtant la main de

dessus Vépaule. ) Oui , et je n’en suis pas plus fier, voyez-vous; majs les temps sont bien changés , et les rois

l’Aide-de-Camp.

Ils triompheront , n’en doutez pas : Mirabeau^Tonneau l’a ’ prédit. Sa légion n’a pas encore donné.

Mirabeau-Tonneau l’a prédit , par la raison que ses brigands n’ont pas encore donné > Ivrogne et mauvais citoyen, si je ne craignois que poûr

moi. ....

l’Aide-DE-Camp, V interrompant.

Écoutez, nions Chariot , malgré votre ruse, vous venez de vous trahir. . . . Vous n’aimez pas les Allemands , et l’on vous soupçonne.

Je vous entends ; mais on a besoin de moi.

Vous avez dit le mot. Sans votre art, vous seriez serré de près, c^est moi qui vous en assure. J’admire encore cette table î Le prince de Wirtemberg va livrer une bataille sanglante; il a besoin de prendre des forces. Je vais l’avertir. [Revenant sur ses pas,) A propos, vous ne savez pas ? L’archiduc veut allumer le premier la mèche au canon ; l’héroïsme de ce prince ne re'veille pas votre courage ?

Charlot, se frottant les mains.

Il ne réveille pas mon courage ? oh ! je vous

assure qu’il le redouble. Dépêchez-vous d’aller avertir son excellence. LeNjdlné se refroidit, et les Français s’avancent.

l*Aide-de-Camp. '

Ils resteront dans la plaine , j’y compte.

( ïl sort. )

C H A R L O T , /e regardant aller.

Compte , compte, tu compteras sans ton

hôte; vil et rempant esclave! Il est déjà

loin ; le prince de Wirtemberg est occupé à ranger ses troupes en ordre de bataille, et quand il reviendra par le quartier-général , il n’y trouvera pas un soldat. ( S' approchant des tentes des soldats ) Allons , mes amis , mes braves camarades , sauvez-vous' tous , volez vers les drapeaux de la république française , et ne rentrez dans vos foyers , que pour y planter l’afbre de la liberté.

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