‹ L'entrée de Dumourier a Bruxelles, ou, Les vivandiersChapitre 52 sur 58 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

■* Les précédens , V aide-de-capt^. en habit d* écuyer , parlant h on Français.

L’archiduc vient , en personne , signfier ses derniers ordres. . ,

Un b r. a b a n ç o n.

Que nous vuiit' encore, cet archiduc? Je le ^rojois bieft loin.

Mine. C H À R L O T , émue,

Hëlasî II est peut-être instruit , et va sans cloute ordonner le supplice de mon Chariot.

Mme. L A F E Ü I L L E T T E^

^ Moi aussi je lecrovois parti, mais n’ayez pas peur , Madame Chariot , nous l’attendons ici , pour voir ce fj^ii’il va nous dire , et s’il veut cpie nous fermions nos portes aux Français, nous le metterons à notre tête , et le premier coup de canon que le bon peuple nous tirera, sera du moins pour lui.

? Tous à la fois.

Bravo î Bravo ! Bravo !

Homme mi PÉtrpLE.

Million de trompettes ! Que c’est bien Vü !

Tiens voisin, c’est cependant ta femelle.

La FEUiL»LETTE,/i demi-grls, --Elle se bat^roit comme quatre.

Mme. L a. F f u i e l e t ,t e.

■ Si je batterols? Et les Françaises ne se battent-elles pà» !?omine des hommes? Voyez ces deux sœurs Frélin^, ce sont des guerrières intrépides. On les voit à la tête de l’armee rVançaise , chacune aux côtés du General Dumourier , le fusil sur l’épaule , des pistolets à la ceinture, le sabre au côlé, l’havre-sac sur le dos , le chapeau sur le coin de l’oreille. plions , soldats de la Uberté , marchons droits aux tjrans et à leurs affreux ' - ’ ' satellites ^

’satelIiÉâS , tue t tue , tue ^ tnctls épargnons les peuples. ^ r .

lu* actrice ne dmt 'pas s*appercevoir de Var^ chiduc qui entre y elle Jciit des Triouvemens . avec un bâton 'qu*elle a pris, à un homme du peuple, et en touche, sans le voir I Archiduc. . *

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SCEN'Ï; 'x."'"'''

Les PMcédens,:A* Archiduc, sesdGejitilsp.^ hommes , ses nègres , et ses,

r c II I d^u "reculant, •"T Quelle inBolencè !, ' ' r

Mad. ï. A F ^ u J 1. L Ejr.T e, J^appü^ant avec Jermcté sur son bâton.

Oli dame! je ne vous avo^is pas vu^ e.rje" Vous^ ai^ touclie sans le ,jVOuloir.^^ J0 ïie dirai pas toùjours'^dé ^rnême'

l-’E c Û T E R , <-repoussant\m.ad. îu Feuil~

. lette avec:violence,Ft,,,.y , ^ 1 ..-

Ketirez-vous , insolente !

^ -A. F E U I L L E T T E tirant par^ derrieré^, ^ Viens donc / il ne . fait pas bon ici. »

Mad. L A F É e l Èe e t t.e à son [mari.

Ah le nigaud ! laisscrmoi , imbécile, je vais. . » iSon mari lut met la main sur la bouche', et V attire avec lui dans la foule ; le peuple se frotte les anain s et on entend une espece de '^miirmitre.\ ^ .r . .

Que veulent dire , magistrats , ces mouvemejiS populaires , ces. émeutes scanda*^

ieuses ? . , ’ " . ■ ‘ '

P'E U P I E, indignation, con-

' A — centréù^ '

Scandaleuses ?

’XE Conseiller DE ville ^ à part.

n sied bien iuix t3'raiis"de traiter de scanibalé une 'ind ignation ié’gillme lv. Eux • •••• x.: k R-c lî !■ D U c . au Bourguemestre. ^

Je suis rèvenu sur. me? .pas pour, faire exécuter sous mes jeux m??, mon épouse vouloit m entraîner , j -,

nioi-mliüé combattrel ét vénger mon peuple-

et mes droits. ' ^

1er, Un 'H O MME DU PEUPLE^ baS, ^

‘ Que le diable ne l’a-t-il emporté a;vec elle? iÀ Feuii-ûbtte lui répond anssi à voix bas^e.^

Cela viendra: ,'"célà'Vieridr a >• rie tinquieUe

l’A n C H I DU C ,* coHti/mtnt. mec po Laïque. .

Peuple, écoutez-jmioii, j« ^

désiré qne yotre bonheur ; voilà les d o, que je dispute aujoiird’bni ,ajix

' 1j€ peiLp Iç , niu ^pvurP • j j

„ v .A -vVà r \

Et vous magistrat»', ^^dé|)l^^ez toideNla sér. ’V^érité du pouvoir q^mv-YOua^es- çonlie.^/^ t

Le Bourgueaiestre > tremblant.

Je crains que votre altesse royale. . , r

L Archiduc, avec vivacité.

Que craindriez- vous ? montrez-moi pins ■de courage. Oublie^-vons que je suis avec Vous ?

B A L .2- A , le premier conseiller de ville ^

Avec fermeté. •

Je vais parler. . . AHjert , les tems sont changes , envain tu voudrois appeller sur notre tete tous les fléaux de la ^raiinie , nous sommes les magistrats du peuîde , et nous dciendrons ses droits.

L A R c^H I D U c , reculajit avec fureur.

Quel discours / quelle audace ! rai-Je Lîc'k entendu ? indigne magistrat ! si je iiouvois m abaisser a te punir , tu recevrois à l’instant la mort. Mes soldats , plus fidèles que toi , n attendent que le signal pour me venger 5 mais je veux bien te faire grâce,, rentre dans le devoir , sers le peujde en m’obeissant,^ commence par liA^rer à la mort deux espions français qu’envain le peuple voudroit sauver.

Mme. C II A R LO T, dans le délire.

' Mon époux , barbare ! ta férocité ranime, mon courage , je voudrois pouvoir t’expri-mer tont ce que q*e sens , et tout ce que tu

mente., en le menaçant , je voudrois pouvoir. ... ^

Toute la suite de l* Archiduc fait un 7nouventent pour arrêter Mme. Chariot.

lime. Le Peuple , avançant en levant te

bâton,

Toucliez-^.

Mine. Char LOT, avec enthousiasme.

Tigre , tes efforts sont fmpiiissans , je te brave , et tu ne peux rien , ton régné est iiclievé. Il est teins que celui du peuple , celui de ton souverain commence ; oui, mon epoux a mis l’insurrection dans ton armée je te le déclare , et m’en glorifie 5 et moi j‘ai développé dans l’esprit de mes concitoj/ens le germe de la liberre qui , depuis iongtems , îermentoit dans leurs cœurs. Nous attendons le O- uiéial de la république fram^aise , comme Liifi^ieu lüjérateur. Ne crois pas que Bruxelles résiste et s’oppose à son entrée, 'lu ordonnes le su])plice de mon époux, mais sais-tu que le général l’estime j ses jours sont sacrés, ils ne dépendent plus de toi. peuple.

Mes amis , courons tous à sa prison , brisess ses fers , et reiidez-moi à mon Chariot.

1er. et II«^®. L E P E U P L E , en sortant.

Ça ne sera pas long , ça ne sera pas long.

LES PRÉCÉDENS , exceptés Mme, Chariot

et le Peuple,

L’ Archiduc aux Magistrats.

Vous restez tous trois immobiles , vous voyez le péril qui nous menace tous , et vqu^

point la foice à la force ? voulezvous me réduire à tourner les armes contre mon peu]>le ?

Le b o ü r g u e m e s t a e.

Votre Altesse Royale n’examine pas fp.te le plus peiit acte de rigueur , dans un mo- ?nent de lermentation , peut produire une insurrection sanglante, et qu’une étincelle peut allumer un incendie.

Le premier Conseiller de ville.

Mon zèle peut paroître suspect , mais Je suis vrai : la cour de Srance ne s’est perdue que pbur avoir voulu étendre son pouvoii' au-delà des limites que les circonstances lui prescrivoient ; vous voulez l’imiter , vous allez vons-mêmes accélérer votre cliûte. -

Zes Précédens , le Prince de Wirtemberg , suivi de plusieurs Qfjlciers^

‘ ' L’Arciiidüc troublé.

Que vois-je ? le Prince de Wirtemberg m’approche. Erv tremblant.

' Le Prince de Wirtemberg.

Monseigneur, c’en est fait, notre défaite est complette. Les Français sont vainqueurs ; un dieu semble guider leurs bras , ils sont iïivincibles , ils sont invulnérables; Nous perdons des bataillons entiers^ quand ils ne perdent pas un iiomine. Point de plan 'de

bataille , point d’ordre dans leur arm^e ^ ' point d’oflicier , point de general ^ point de rang de supériorité : tout est soldat, tous combattent en héros , et, malgré notre défaite, nous sommes réduits à les admirer, Albert, dans vingt minutes an plus , ils sonît ici : j’ai fait demander au général françatis une heure de trêve, pour faciliter votre' «a^’aite, sauvez-vous; peut-être la fortune changerat-elle ]>our nous , mais il faut aller plus loin attendre la victoire.

Et c’est ainsi que mes soldats rne défendent ?

Le Prince de Wirtemberc.

Eh! Seigneur, que vouliez -vous qu’ils lissent de plus ?

L’ Archiduc.

Mourir , mourir tous jusqu’au dernier..

On entend des cris de joie ; plusieurs crient dans les coulisses ; vivent les Français , vive la liberté.

L’ Archiduc, aux Magistrats,

Attendez vous que ce peuple effréné vienne m’assassiner à vos veux ?

* Le Conseiller de ville.

.Non, Albert, ce peuple que vous calomniez, ne vous approchera pas. Courons aucleyant, mes dignes collègues. (/Zs sortent. .}:

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