SCENE IX
■* Les précédens , V aide-de-capt^. en habit d* écuyer , parlant h on Français.
L’archiduc vient , en personne , signfier ses derniers ordres. . ,
Un b r. a b a n ç o n.
Que nous vuiit' encore, cet archiduc? Je le ^rojois bieft loin.
Mine. C H À R L O T , émue,
Hëlasî II est peut-être instruit , et va sans cloute ordonner le supplice de mon Chariot.
Mme. L A F E Ü I L L E T T E^
^ Moi aussi je lecrovois parti, mais n’ayez pas peur , Madame Chariot , nous l’attendons ici , pour voir ce fj^ii’il va nous dire , et s’il veut cpie nous fermions nos portes aux Français, nous le metterons à notre tête , et le premier coup de canon que le bon peuple nous tirera, sera du moins pour lui.
? Tous à la fois.
Bravo î Bravo ! Bravo !
Homme mi PÉtrpLE.
Million de trompettes ! Que c’est bien Vü !
Tiens voisin, c’est cependant ta femelle.
La FEUiL»LETTE,/i demi-grls, --Elle se bat^roit comme quatre.
Mme. L a. F f u i e l e t ,t e.
■ Si je batterols? Et les Françaises ne se battent-elles pà» !?omine des hommes? Voyez ces deux sœurs Frélin^, ce sont des guerrières intrépides. On les voit à la tête de l’armee rVançaise , chacune aux côtés du General Dumourier , le fusil sur l’épaule , des pistolets à la ceinture, le sabre au côlé, l’havre-sac sur le dos , le chapeau sur le coin de l’oreille. plions , soldats de la Uberté , marchons droits aux tjrans et à leurs affreux ' - ’ ' satellites ^
’satelIiÉâS , tue t tue , tue ^ tnctls épargnons les peuples. ^ r .
lu* actrice ne dmt 'pas s*appercevoir de Var^ chiduc qui entre y elle Jciit des Triouvemens . avec un bâton 'qu*elle a pris, à un homme du peuple, et en touche, sans le voir I Archiduc. . *
^Cj .•'’ï 7
SCEN'Ï; 'x."'"'''
Les PMcédens,:A* Archiduc, sesdGejitilsp.^ hommes , ses nègres , et ses,
r c II I d^u "reculant, •"T Quelle inBolencè !, ' ' r
Mad. ï. A F ^ u J 1. L Ejr.T e, J^appü^ant avec Jermcté sur son bâton.
Oli dame! je ne vous avo^is pas vu^ e.rje" Vous^ ai^ touclie sans le ,jVOuloir.^^ J0 ïie dirai pas toùjours'^dé ^rnême'
l-’E c Û T E R , <-repoussant\m.ad. îu Feuil~
. lette avec:violence,Ft,,,.y , ^ 1 ..-
Ketirez-vous , insolente !
^ -A. F E U I L L E T T E tirant par^ derrieré^, ^ Viens donc / il ne . fait pas bon ici. »
Mad. L A F É e l Èe e t t.e à son [mari.
Ah le nigaud ! laisscrmoi , imbécile, je vais. . » iSon mari lut met la main sur la bouche', et V attire avec lui dans la foule ; le peuple se frotte les anain s et on entend une espece de '^miirmitre.\ ^ .r . .
Que veulent dire , magistrats , ces mouvemejiS populaires , ces. émeutes scanda*^
ieuses ? . , ’ " . ■ ‘ '
P'E U P I E, indignation, con-
' A — centréù^ '
Scandaleuses ?
’XE Conseiller DE ville ^ à part.
n sied bien iuix t3'raiis"de traiter de scanibalé une 'ind ignation ié’gillme lv. Eux • •••• x.: k R-c lî !■ D U c . au Bourguemestre. ^
Je suis rèvenu sur. me? .pas pour, faire exécuter sous mes jeux m??, mon épouse vouloit m entraîner , j -,
nioi-mliüé combattrel ét vénger mon peuple-
et mes droits. ' ^
1er, Un 'H O MME DU PEUPLE^ baS, ^
‘ Que le diable ne l’a-t-il emporté a;vec elle? iÀ Feuii-ûbtte lui répond anssi à voix bas^e.^
Cela viendra: ,'"célà'Vieridr a >• rie tinquieUe
l’A n C H I DU C ,* coHti/mtnt. mec po Laïque. .
Peuple, écoutez-jmioii, j« ^
désiré qne yotre bonheur ; voilà les d o, que je dispute aujoiird’bni ,ajix
' 1j€ peiLp Iç , niu ^pvurP • j j
„ v .A -vVà r \
Et vous magistrat»', ^^dé|)l^^ez toideNla sér. ’V^érité du pouvoir q^mv-YOua^es- çonlie.^/^ t
Le Bourgueaiestre > tremblant.
Je crains que votre altesse royale. . , r
L Archiduc, avec vivacité.
Que craindriez- vous ? montrez-moi pins ■de courage. Oublie^-vons que je suis avec Vous ?
B A L .2- A , le premier conseiller de ville ^
Avec fermeté. •
Je vais parler. . . AHjert , les tems sont changes , envain tu voudrois appeller sur notre tete tous les fléaux de la ^raiinie , nous sommes les magistrats du peuîde , et nous dciendrons ses droits.
L A R c^H I D U c , reculajit avec fureur.
Quel discours / quelle audace ! rai-Je Lîc'k entendu ? indigne magistrat ! si je iiouvois m abaisser a te punir , tu recevrois à l’instant la mort. Mes soldats , plus fidèles que toi , n attendent que le signal pour me venger 5 mais je veux bien te faire grâce,, rentre dans le devoir , sers le peujde en m’obeissant,^ commence par liA^rer à la mort deux espions français qu’envain le peuple voudroit sauver.
Mme. C II A R LO T, dans le délire.
' Mon époux , barbare ! ta férocité ranime, mon courage , je voudrois pouvoir t’expri-mer tont ce que q*e sens , et tout ce que tu
mente., en le menaçant , je voudrois pouvoir. ... ^
Toute la suite de l* Archiduc fait un 7nouventent pour arrêter Mme. Chariot.
lime. Le Peuple , avançant en levant te
bâton,
Toucliez-^.
Mine. Char LOT, avec enthousiasme.
Tigre , tes efforts sont fmpiiissans , je te brave , et tu ne peux rien , ton régné est iiclievé. Il est teins que celui du peuple , celui de ton souverain commence ; oui, mon epoux a mis l’insurrection dans ton armée je te le déclare , et m’en glorifie 5 et moi j‘ai développé dans l’esprit de mes concitoj/ens le germe de la liberre qui , depuis iongtems , îermentoit dans leurs cœurs. Nous attendons le O- uiéial de la république fram^aise , comme Liifi^ieu lüjérateur. Ne crois pas que Bruxelles résiste et s’oppose à son entrée, 'lu ordonnes le su])plice de mon époux, mais sais-tu que le général l’estime j ses jours sont sacrés, ils ne dépendent plus de toi. peuple.
Mes amis , courons tous à sa prison , brisess ses fers , et reiidez-moi à mon Chariot.
1er. et II«^®. L E P E U P L E , en sortant.
Ça ne sera pas long , ça ne sera pas long.
LES PRÉCÉDENS , exceptés Mme, Chariot
et le Peuple,
L’ Archiduc aux Magistrats.
Vous restez tous trois immobiles , vous voyez le péril qui nous menace tous , et vqu^
point la foice à la force ? voulezvous me réduire à tourner les armes contre mon peu]>le ?
Le b o ü r g u e m e s t a e.
Votre Altesse Royale n’examine pas fp.te le plus peiit acte de rigueur , dans un mo- ?nent de lermentation , peut produire une insurrection sanglante, et qu’une étincelle peut allumer un incendie.
Le premier Conseiller de ville.
Mon zèle peut paroître suspect , mais Je suis vrai : la cour de Srance ne s’est perdue que pbur avoir voulu étendre son pouvoii' au-delà des limites que les circonstances lui prescrivoient ; vous voulez l’imiter , vous allez vons-mêmes accélérer votre cliûte. -
Zes Précédens , le Prince de Wirtemberg , suivi de plusieurs Qfjlciers^
‘ ' L’Arciiidüc troublé.
Que vois-je ? le Prince de Wirtemberg m’approche. Erv tremblant.
' Le Prince de Wirtemberg.
Monseigneur, c’en est fait, notre défaite est complette. Les Français sont vainqueurs ; un dieu semble guider leurs bras , ils sont iïivincibles , ils sont invulnérables; Nous perdons des bataillons entiers^ quand ils ne perdent pas un iiomine. Point de plan 'de
bataille , point d’ordre dans leur arm^e ^ ' point d’oflicier , point de general ^ point de rang de supériorité : tout est soldat, tous combattent en héros , et, malgré notre défaite, nous sommes réduits à les admirer, Albert, dans vingt minutes an plus , ils sonît ici : j’ai fait demander au général françatis une heure de trêve, pour faciliter votre' «a^’aite, sauvez-vous; peut-être la fortune changerat-elle ]>our nous , mais il faut aller plus loin attendre la victoire.
Et c’est ainsi que mes soldats rne défendent ?
Le Prince de Wirtemberc.
Eh! Seigneur, que vouliez -vous qu’ils lissent de plus ?
L’ Archiduc.
Mourir , mourir tous jusqu’au dernier..
On entend des cris de joie ; plusieurs crient dans les coulisses ; vivent les Français , vive la liberté.
L’ Archiduc, aux Magistrats,
Attendez vous que ce peuple effréné vienne m’assassiner à vos veux ?
* Le Conseiller de ville.
.Non, Albert, ce peuple que vous calomniez, ne vous approchera pas. Courons aucleyant, mes dignes collègues. (/Zs sortent. .}:
TÉOt