‹ L'entrée de Dumourier a Bruxelles, ou, Les vivandiersChapitre 6 sur 58 · SC E\N E I I · texte numérisé non relu

SC E\N E I I

GRISBÇy-RDON, C H A ,R L O ' f,

. pÆafeuillètte.

CHARLpT , arrêtant 'Grisbourdon,

Eh bien, père Grisbourdon, où courez-'» /ous donc comme cela si matin, avec tous ces dise’ iples d’Escobar ?^Voiis êtes le général de cette b ande joyeuse. Ah‘ ! égrillard , égrillard ! je vous con^ nois ! ... Pendant' que les maris s’occuper jt des affaires de l’état , vous vous chargez du f ,oin de leur ménage. Il prospère à vue'd’œil avf vous autres ; et les femmes ont tant de confi ance en vous !....

Grisbourdon, avec hypoci isie. ^

Sommes-nous pas les consolateurs » Jes affligés ? Les femmes sont si malheureuse s !

C H A R L, O ^T , û part ,

O ! sycophante ! ^ '

'LafeuillettE , à dem, l^gris.

Oh ça, compère, nous n’avons )as de temps à perdre; et toutes les conversatio ns que rgous pouvons avoir avec ce maraut, n e valent pas un bon marché conclu. M’achen ;z-vous mon ^ vin de Bordeaux , ou ne l’achete ^-vous pas >

GrISBOURDÇ ^ ^furieux,

. Traiter de maraut un homme de mon saint caractère I

Charlot, avec dérision.

In vino veritas , mon révérend. . , .

GriSB OURDONj avec colère.

Allez, maudit, au feu éternel. Dieu vous punira. \

Xafeuillette , tirant de sa poche une bouteille dé^oT^er avec une tasse.

Compère , goûtez-moi ce vin , il est plus salutaire que toutes les paraboles de cet imposteur. Nous connoissons mieux Dieu que lui.

Il leur a commandé de faire le bien , et ils ' ne font que le mal ^ n’est— ce pas compère ?

Qu’avez-vous à répondre , hein ? II est dans les vrais principes.

Grisboùrdon.

Vous insulter les ministres de DieuiTrem- ' blez qu’il ne lance la foudre ; il est prêt à s’expliquer.' ( A part ^ en sortant, ) Allons tâcher de séduire madame Chariot , et vent^er en même temps la religion offensée. ^

CHARIOT, LAFEUILLETTE.

ClIAR-EOï, allant jiisqiL^aiL fond du théâtre en ' • menaçant Grisbourdon.

Infâme scélérat ! je compte aussi sur la puissance de ce'Dieu que tu invoques : il s’est déjà expliqué en Trance , et si dans sa vengeance il a enveloppé des victimes, c’est votre oiivr«ge. Mais j’espère que sa justice vous pulvérisera . aussi dans la Belgique. N’en parlons plus.

LafeuilLETTE , bavant de temps en temps quelques coups de vin. v

Vous en avez; parlé trop long-temps; et,

moi, pour ne pas m’ennuyer {Il boit en^

core* )

C H A R. L O T , V interrompant.

Vous vous ète? achevé , n’est-ce pas ?

LAFEUILLETTE.

Achevé ! Je cohnois mon état. Jfe suis marçliand dQ, vin en gros de père en fils. Mes ancêtres étoiént des ivrognes, c’est vrai.' C’est la rocanibole 'du métier ; c’est comme cela qu’on fait bien scs affaires , voyez-vous ]

. C II A R L O T , le regardant.

Vous êtes gai , père Lafcuillette [ je voudrois ,

comme vous , poiivoir.noyer mon chagrin dans lej US de la treille. , , r

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