EA
feu:d'artifice:ghïnqb m
JcS'bouqum^u Jiaiike..Ceii'estTpB8lexoiiraget}iiîmWaxt:défaUt, .eest leigoût qui ma manqué ^d'aller jiisqu»'au ïbaut. Aussi -bien imus aif^ iût.enfcendre.Ia raison pour quoi: ça n'étaifc.pas nécossaire. Je n'ai nca lu, Mant, tout comme vous, pas {Jus que vous^ .et je -mis toutft.oororae^QUS.'J'ai.sans doute touché plusde livras. Je las :entr'ouwe,<je les renifle, je les respiceà distance. J'étonnerais l>ien .tiu -monde^par ma connaissance des .anciens et de la production imodetne. ; Je prétends dbcemer ^à irayen les annonces les ham routeurs des méchants. Je ne sais pas quelle est au jurte votée «pratique, maïs ce qui est certain c'est x|ue;c*e8t vous, Marat, ?qui êtes dans le vrai et qui avez raison contre les ergoteurs, contre ceux .t]m rqMTochent à Thiers d'être fade et à Louis Blanc — je n'ai lu, •et qui s'appelle lu, ni l'un ni l'autre — de setxiontrer exagérément xobespierriste. Seul, mon-exosUentami leoitogren Marata une juste «connaissance delà Révolution française. Que si, .d'aventure, l'envîe nm jour wms tenaillait de contrôler votre belle soience, lisez^Miche* «let, Marat ; c'est TUstofien qui s'approche le plus de voua ; odui .«dont'leS'ecrtitudes.biesserQnt.le moins vosillusîons que je vénère. ILfaudradne montier 'enfin votre Musée.
Le marquis ne vit pas Marat lever vers lui un regasd presque douloureux. Il poursuivît en se frictionnant les mains.
— Les Qnnois,. ainsi, d'ailleurs, que des Annamites, tirent. un rpaiti excellent de leursigmmmeeret je suis bien prêtde.tenir cala ipmsc le comble de l*art« Ce qu'il ignorent, c'est ce dont je^ne sais à peu près rien moi;même et dcHit je serais bien iaohéjde vous entendre parler, vous, homme <lu métier, avec trc^ de compétence. Bs ignorent kfin du fin de cette pyrotechnie qui nous vientiâ'kalie jSt .qui, jusqu'à mi certain point, rejoint la balistique. Les Chinois aie savent pas.précipiter jusqu'auxdeuxpar.ia fctf ce aseensionnaUe jdes fusées, ces fleurs tle^eu-qui réjouissent noaysux. Que fent^Is .? Oh ! c'est bien simi^e :.ila in aocroeb^ità decpetits ballons4MrBils à ceux des enfants — vous» aurez donc<à vous ^umir de. petits i»allons — et ce ne peut pas manquer.d'êtream. spectacle séduisant que celui de ces ballonnets éclairés- par lapièee-d'artifioe avant ique cette dernière ne les fasse, en mourant, .-exploser à leur tour. Un jour, j'ai ouvert, par hasard, le Mmdavr de Corneille. Jesuis^tombé aur la description, fausse puisque hute par le menteur, d'un (eu
d'artifice sur l'eau. C'est ravissant ! Et tout a (ait ignoré» négligé même, m'a-t-on dit, des comédiens qui jouent la pièce aux Français. J'ai de la mémoire et je ne suis pas tout à fait impropre à fiaire valoir les vers. Ah I mon bon, quel effet I Quel respect me témoignent les pédants, les raseurs de collège, les lettrés domestiqués qui ne connaissent que le Cid et Rodogune I L'érudition ? C'est ça, mon cher ; pas davantage. Si vous pouvez vous procurer des cloches et un gong, un tam-tam comme disent les natifs, usez-en largement et tachez encore à distribuer des sifflets stridents à quelques gamins ; l'effet sera complet et vous nous transporterez à Pékin ou à Nankin.
« Hein ? Quoi ? Sans Pitolet, je ne me serais jamais représenté ainsi le feu d'artifice chinois dont je rêvais pour en avoir lu la simple mention dans le Livre de Raison d'im mien ancêtre voyageur. Et qui sait si je n'ai pas eu tort de quêter comme je l'ai fait la réalité ? Toute science est vaine hormis celle des simples et Mistral a raison de soutenir que toute la science est dans son patois. Ai-je lu Mistral ? Ma foi non. Son nom dresse pourtant à mes yeux l'image d'un vrai poète que je puis saluer et sa Mireille est plus réelle à mes yeux que l'héroïne du seul roman dont je me souviens. Si je donne suite à des intentions encore vagues et si j'en viens à briguer les suffrages de nos concitoyens, je me présenterai en qualité de candidat fédéraliste. Elu, mon premier soin sera d'interpeller le Grand Maître de l'Université... et de réclamer le vote d'une bonne loi rendant l'étude et la pratique du patois obligatoires.
— Les gens d'ici n'ont pas de patois.
— Je vous déments, Marat. Ils parlaient encore au XVIII® siècle le patois savoureux de Sainte-Menehould. Ne vous y trompez pas,
, Jacobin ; quand les princes de jadis soutenaient qu'un gentilhomme n'a pas besoin d'apprendre, ils voulaient signifier par là que, nobles, par leurs terres, c'est-à-dire paysans entre les paysans, eux les gentilshommes, ils tenaient leur sapience de la première et la plus belle des fleurs du terroir : la parole. Conduisez-moi à votre petit musée, mon bon ami, j'y prendrai du plaisir.
Etourdi par le discours à peine cohérent du châtelain, Marat se réveilla, inquiet, comme si le marquis n'avait, en effet, tant parlé que pour le subjuguer par sortilège et lui ravir les clés d'un lieu où
LE FEU D'ARTinCE CHINOIS 137
M. du Hocqueton n'avait que faire et dont lui, Marat, se connalfssait tant de bonnes raisons de le tenir éloigné.
— C'est que •.
— Ça vous ennuie ? Je sais que vous n'en faites pas volontiers l'honneur. Les motifs, les raisons de cette réserve ont tout mon respect. Pourtant, pour moi, mon ami ? Pour moi qui vous ai compris au point de vous en étonner I
Ce dont s'étonnait à présent Marat, et jusqu'au malaise, c'était de la puissance singulière du sentiment qui lui dictait de défendre le seuil du lieu sacré à tout autre que lui-même, fût«<:e Tabouret <)ui, jadis, l'avait embelli, enrichi de ses iniprovisations. Et lui-« même, est-ce qu'il y pouvait désormais entrer d'un pied gaillard ? sans trembler ? sans frissonner ? sans rougir ? Est-ce que c'était toujours la force de son vieux rêve qui donnait à ces quatre murs leur dignité ?
Naguère si hardi en face de ce Hocqueton, l'entrepreneur répondit en balbutiant, dans un grand trouble dont le marquis ne fut pas tenté longtemps de faire remonter la cause à l'importance de son propre personnage :
— C'est que... Monsieur le Marquis... il faut que je vous dise... ie n'ai pas renoncé au Musée, ça non... seulement, toutes les collée-* tions sont maintenant serrées dans des coffres et dans des placards... parce que, n'est-ce pas ?... ici on n'est pas trop grandement logé... ça fait que j'ai dû consentir un sacrifice... je ne le regrette pas I... et alors, comme ça, le Musée c'est... maintenant... la chambre de Francine.
Gêné de se sentir rougir, il bredouilla très vite :
— J'y prends toujours de l'agrément mais, voyez-vous. Monsieur le Marquis, pour une personne étrangère, sans les collections étalées et bien présentées comme avant, le Musée n'a plus le même intérêt... ça n'est plus le Musée, quoi !
Du geste, sa dextre haut levée et secouée mollement comme une feuille, le Marquis protesta :
— Sans doute, et je comprends à merveille votre orgueil de collectionneur. Mais ne vous ai-je pas dit quel 4iomnie j'étais ?
— Quel homme vous étiez ?
— Oui, et par où nous nous ressemblions ? Ouvrez-moi, entre*
m UENTRŒBENBDR
iiulIez-aH>î«eHlaaiciit l'un ide^TOs.pkoafldf, snAtwa^poox moiJk oouverde d*un de vos .coâns pour jque j'en fcspîfe ki poéûù^, ainsi que je fais lorsque j'entr*ouvre négligemment <|iidipie>Iîvre«.. VQÎce.lofsque» poochalamMant, fe ioïKle les hommes, les vivants '<t les morte tout eoaemUe, «Mickelet qui oonlîent .tout Maïaat du .le.gmu]arme PitoUet.qui oontieat le.PèreHuque. Hein ?
— C'est-à-<lire...
— ^.SMe Musée, votre gloife Vttt devenu la chamlMfe de Fusacme, irespère bien .que la petite m&tîne en fera les honneurs. ParUeu' I «ie m'entendrai bien mieux iiHksausi avec eUej|u!ai^ec*vou8...Ne m'avez-vous pas inromis qu elle viendmit me souhaiter le bon- 'seîr ?
Menât, outre sa conviction*de n'avoir nen pfomis de tel» ne pourvût s'expliquer pourquoi il se sentait simaUieureux, ni pourquoi le sang lui battait si jfort aux tempes. Il se leva et, sans-avoir la conscience de marcher. à ilenH-oeurbé, ilfouvirit la porte du iparloir, et, tout de même. dominé par lessuraace du .hobereau, hik doucement :
— Frandne I
JLa petite n'était pas loin, qui peut'^âbre .avait coUé son .oreille déheate à la aerrurcElle parut aussitât, saluant k -marquis d'une jolie îndinaison de aa^tete bkmde. "
— ^.Bimsoir mignonne, dit M. du Hocqueton.Qnse réapprivoîse? Je eroyats que tu avaûi peur de moit
Marat parla d'une voix afkdie par le trouble oii le pcéâpkait l'incertitude de ses sentiments :
Francine, Monsieur le Marqub aurait voulu^îber le-Musée. le Mtfqub ne savait pas que.c'était:ta.Ghamfare.iÇa'ne t'ennuîe pas trop que nous y montions ? ; ' '
Très amusé par cette scène dont il pouvait fort bien soupçonner la cruauté, M. du Hocqueton s'écria :
— Ma foi, elle est assez ^gentille pour nous mener tous par le bout du nez, mais, ma parole ! dirait^m pas, Mnott, que vous tremblez devant cette enfant ?
— U ne manquerait plus que cela ! se récria la rieuse Fcanoînet que k présence du châtelain kissait parfaûtement à l'aise et qui-ne sembkitpas remaixiuer k bizarre rinqmétude de son père adoptif.
LE FEU D'ARTinCE CHINOIS 139
Si Monsieur le Marquid veut regarder les collections^ je serai bien contente, parce que Je ne les al pas trop souvent vues moi-même.
Le marquis triompha dans ime galté bruyante.
— Eh bien, Marat, qu*en dites-vous ? Hein ? Quoi ? Allons donc ! la chère petite ne fait pas tantxie façons et ça doit vous tirer une fameuse épine du pied, vous qui redoutiez de mécontenter cet ange. G>nduIs-'nous, ma mignonne.
Marat passa le dernier, tête basse.
Mais quand Francine.eut ouvert kporte au marx]uls« la porte de sa chambre, l'entrepreneur passa le premier, comme d*im bond, le regard fou ; si vite qu'il ne laissa pas à son hôte le temps de s'étonner.
D'un regard circulaire, d'une singulière ardeur, il fouilla la chambfette; .
Marat cherchait si Franclnen'avait pas étourdiemenb oublié sutf le lit, la table à ouvrage ou la toilette, rien qui put trop laisse à deviner de son être intime ; une chose légère, toute blanche^ avec des rufaoBSi comme celle dont la vue, naguère, avait à januds aimehé Tentrepreneur aux bienfaits de sa bonne action.