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CHAPITRE III

A QUI SEUL CONVIENT l'eNSEIGNE DU PRÉCÉDENT

Marat remisait avec précaution les pièces de son trésor, sem^ blable ainsi à un forain réemballant sa marchandise, le marché terminé.

Francine l'assistait avec des gestes gracieux ; moins peut^tre pour le servir que pour s'attarder au maniement, à la possession, à la caresse d'objets dont l'apparence flattait sa fantaisie : un feutre empenné de plumes tricolores, un chapeau vendéen à boucle d'ar* gent et cocarde de soie blanche, un toquet de velours violet à aigrette tremblante, épave de quelque mascarade artiste, d'un bal de l'Opéra sous le règne de Napoléon III, audacieusement (mais non ! par un adorable acte de foi) catalogué : Barette de nudtre des cérémonies aux Etats Généraux de 1789. Au catalogue, la grosse écriture de Marat avait d'abord inscrit Bonnet ; lourdement biffé et remplacé par Béret, plus durement effacé; le mot juste de Barette surgissant à l'instant dans l'esprit de l'entrepreneur.

Francine lui tendait encore un joli bonnet de dentelle à bavolet, piqué de la cocarde patriote, un souple feutre empanaché, présumé Chapeau porté par Théroigne de Méricourt ; un*bonnet rouge, enfin

Le marquis souriait à la grâce de Francine. Devant son regard, la petite baissait les yeux.

Comme Marat se relevait, les reins endoloris d'être longtemps resté penché sur le gouffre aux merveilles, M. du Hocqueton lui posa sur l'épaule sa patte de croquant gentilhomme, de « putois », dit-on en certaines provinces, et félicita son hôte.

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