‹ L'entrepreneur d'illuminationsChapitre 35 sur 38 · DES CONDAMNAS A MORT · texte numérisé non relu

DES CONDAMNAS A MORT

Lorsque vous passerez au lieu de mon supplice. Amants de la nature et de la liberté.

Que l'ombre de ma main sur vos fronts les bénisse. Vous dont le souvenir me fera charité.

Dites au frêle enfant dont vous guidez la course, A l'épouse fidèle, k ceux qui vous sont chers. Que l'amour du prochain dicta mes pauvres vers Qui dans le cœur du peuple avaient trouvé leur source.

Dites que pour la France et pour l'humanité J'ai donné ma jeunesse et j'ai donné ma vie Et que sur l'échafaud sanglant précipité Evariste mourut, serein, l'âme ravie.

• Mais dites-vous aussi que si les puissants vins Qui nous donnent l'ivresse et l'ardeur du martyr Le firent ce qu'il fut, les roses de Provins Parfumèrent sa vie avec son souvenir.

Et qu'il aûnait aussi les pAles violettes

Dont Dieu n'a pas permis qu'il respirât l'odeur

Sur un sein soulevé de passion muette.

Sur un cceur adoptant le rythme de son conir.

2« L'ENTREPRENEUR DILLUMINATIONS

Et ^ae t'H â toari à h mort n «radk, U «I oMrt à k foii MftUHt et iiioiix, £nvÎMit et Pomnûcr» Mniait dU la Burhnllr, Qu aîmâit Jbi BououctîèM luz JbouQucts <lo tiinT

Ainsi, triste orphelin pfiant sous «es misères, Moumis-je du refus d*un pauvre amour banal»

Convaincu justement par votre tribunal Ou cnine de chenr tons les honuneSf mes frères*

Pnson Je ChâkourBriari, four du Nord^ iâtk som U règne Je SamULouis

Évariste Siffert, hier; Tabouret, aujourd'hui. Et Nfarat, qui était venu loger là et y installer son entreprise d'illuminations !

Marat aimait bien Tabouret et mène il Tadmirait, mais non pas d'une admiration aveugle. Marat le chimérique apportait du sens critique à l'examen de son poète et il lui reprochait d[*incliner trop souvent à laisser les grands sujets, historiques ou prophétiques, la Prise de la Bastille ou l'AvèiieineBt <ie la Justice, pour <:élâ>rer la grosse godaille et l'amour de Céline en ses parties les moins nobles. Tabouret encore s'^coommodait èÊ» restes de Pajou et plusieurs avaient dît de l'on et de l'antre, du cocu et du coucou, qu'ils savaient vivre en sages. Sagesse un peu vile. Qui sait si ça n'était pas la vraie sagesse et si la vulgarité par Marat reprochée à Tabouret n'était pas la meilleure défense, la plus sûre protection ? Trop pur, s'il avait assez vécu, Évariste Sîâert aurait41 pu monter à l'échafaud sous les huées d'une (ouïe «riant : A mort l'étrangleur de femmes !

• Quelle pensée absurde ! Il fallait que l'entrepreneur n'eut plus la tête bien solide pour accoeîSir de ^ e in bl A fes visions I Conune si la grossièreté des appétits av&ft d^endu de lui-mfime le pauvre Farigou !

Le pauvre Farigou I Ce ïut exactement les mots avec quoi Marat traduisit sa vraie pitié.

Au clair de knë, le i a M fcfi im noir ans épaules nacrées igravissait les degrés infinis d'un «écMaud d'^iffbns moUes, otfrant sa tête d'adolescent à ceHNWfpeM^Aont k iumièf^lin kiondak la nuque.

Marat se prit à courir. II fuyait, suivi de Thermidor inquiet )u8qu*à lui sauter aux jambes pour modérer la course insensée. L'entrepreneur ne s'arrêtait que sur un obstacle auquel il se heurtait, deux panneaux Tun contre l'autre inclinés au bord du trottoir et revêtus de deux grandes affiches ; It verte proclamant : Voter pcfur Du Hocqueton, cest faire triompher ta République hormête I et la rouge : La Nuit du 4 août attendait son aurore 1 Votez tous pour Du Hocqueton,

Le rire de l'entrepreneur fit tremUer son chien. Alors il sortit de sa poche un gros couteau dont il fit jouer le ressort pour admirer la lame ; le couteau de Farigou arraché par lui aux mains de l'assasin ; la pièce à convictions qu'après le procès lui avait fait restituer M. Paulin Ravageot, en manière de récompense* Ainsi les grands ancêtres décernaient-ils des sabres d'honaenr anx plus bntves patriotes.

Le ruisseau roulait însqu'à Tégout proche les eaux bourbeuses fie la dernière averse, Marat y jeta le surin de Farigou. Qudie pensée pire l'avut donc assaiUi qu'il n'avait plus besoin de l'arme après l'avoir cajolée d'un tel regard ?

Avant tout, 3 avak déddé de regagner son logis et de se mettre an lit, d y fetroovnr Frandne et de lui faife l'amour, de toute k farce de son désir intact ; l'amour comme le fusait Taboonet et comme le taisak Piqoa.

C'était faîen oeia ; comme Pajou I Seulement, 3 fallait être assez fort pour ravaler assez à fond ses larmes qu'dles ne remontassent isnuds en sanglots avioindrissants doirt s*amusent les coqumes.

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