L*ENVERS D*ONE SAINTE
JEANNE
J'ai fini par m'expliquer avec Henri... Je lui ai dit que quelque chose d'iTidéfinissable, mais de réel me peinait beaucoup dans sa façon d'être et que je l'attribuais au regret de ne pas avoir de fils... Il a répondu avec bonté que je n'étais pas responsable d'un malheur... Qu'à la suite d'une chute faite en me promenant avec vous, un accouchement prématuré m'avait condamnée à ne plus avoir d'enfants... Cela ne l'empêchait de m'être très attaché... Puis je l'entends encore ajoutant avec un soupir: t Vous devez être heureuse... S'il y a une punition du ciel, qu'elle retombe sur moi ! »
Moi qui savais ce que cela signifiait, j'ai vu que vous étiez bien réellement entre nous, et aussitôt, •ma résolution a été prise. J'ai tout raconté à Henri... N'ai-je pas bien agi ?... Je vous avais tendu la main, dès le premier instant, sans l'ombre de ressentiment, mais avais-je le droit de sacrifier ma dignité d'épouse?... Non, n'est-ce pas?
JULIE, froidement.
Non... je n'ai pas un reproche à vous adresser... Qu'a dit Henri?...
JEANNE
Rien... Un trouble profond qui a duré plusieurs jours... puis il est revenu à moi, et je n'ai plus cessé d'être une très heureuse femme.
JULIE, très pâle, très hautaine.
Tant mieux que j'aie pu m'acquitter envers vous!
JEANNE
Ah! me voici récompensée de ma sincérité... Cet aveu ((ui pouvait fâcher contre moi une âirie moins haute que la vùLre, nous rapproche au contraire...