‹ L'Épargne Forcée MonétaireChapitre 12 sur 56 · NAIL · texte numérisé non relu

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par un bien au cours de ses transformations techniques, est ininterrompue. Il est possible, par contre, de séparer dans ce processus les différents stades qui correspondent au passage d’une entreprise à une autre, passage qui s’effectue à la suite d’un paiement de monnaie. Aussi, tout allongement de la période de production, amenant un plus grand nombre de phases techniques, ne signifie pas que le nombre de stades correspondant à un paiement monétaire ait nécessairement augmenté, si l’accroissement du capital a eu lieu à l’intérieur d’une même entreprise. (V. pl. loin, p. 62. n. 30).

Il faut observer en second lieu que lorsqu’un bien durable entre dans la période de production d’un bien quelconque, cette période doit être calculée, non en fonction de celles de tous les biens durables qui ont concouru à sa production, mais seulement, comme nous l’avons indiqué plus haut, de la partie de leur période de production proportionnelle à la durée des services incorporés au bien produit, puisque ces services ne sont pas épuisés en une seule fois. Et, d'autre part, les services rendus par les biens durable doivent être considérés comme appartenant à autant de stades de la production qu’il en est contenu dans l'intervalle de temps qui définit leur rang, autrement dit, dans la période au cours de laquelle ces services viennent à maturation, et aboutissent à la production du bien considéré (14).

(14 V. sur la discussion des rapports entre la période de production et la durée de service des biens, F.-A.

Er — B. — LE CAPITAL LIBRE.

Les biens-capitaux constituent le stock existant de tous les instruments de production : ce sont eux que l’on désigne en général lorsqu'on parle de la « quantité de capital », ou encore de la structure plus ou moins « capitalistique » de l’appareil de production. Mais ce n’est pas là ce qu’on entend dans des expressions telles que l’offre et la demande de capital. Il s’agit alors de capital tel qu’il se présente sur le marché des capitaux à long et court terme, avant d’être investi dans la production.

La forme qu’il prend dans la réalité est alors monétaire : obtenir des capitaux, c’est essentiellement emprunter de l’argent. Certains auteurs ont même choisi de définir le capital par son seul aspect monétaire. Selon Schumpeter (#) par exemple, (pourtant peu suspect, en qualité de disciple de Bôhm-Bawerk, d’une confusion entre la monnaie et les biens réels), le capital est un « fonds de pouvoir d’achat » servant de « levier. avec lequel l’entrepreneur soumet à sa do- « mination les biens concrets dont il a besoin; ce n’est

« pas autre chose qu’un moyen de détourner les fac-

Hayek : On the Relation between Investment and Ouipui, Economic Journal, juin 1934. Une théorie plus complète de ces problèmes doit être systématiquement développée dans le livre du Prof. Hayek, The Pure Theo. ry of Capital. Les circonstances actuelles ne nous ont pas ermis de savoir si ce livre est aujourd’hui publié. (15) Théorie de l’évolution économique, éd. fr., p. 389.

AAC

« teurs de production vers de nouveaux emplois, ou « d'imposer une nouvelle direction à la production ». Ajoutons en outre que même si l’on considère que l'entrepreneur affecte son capital-argent à l’achat de biens-capitaux réels, ces biens-capitaux sont, précisément, achetés et vendus contre un prix en monnaie, ou, tout au plus, loués contre paiement d’un loyer ou même d’une rente au sens strict. Mais en dehors de ce dernier cas, qui ne s’applique qu’aux capitaux fixes, les biens capitaux eux-mêmes ne sont pas l’objet d’un prêt. Le capital en tant que source d'intérêt apparaît toujours sous la forme d’un prêt de monnaie.

À quelle catégorie « réelle » correspond donc le capital monétaire, (#%) si ce n’est pas aux biens-capitaux ?

À la suite des physiocrates, la plupart des économiques « classiques » ont défini le capital comme « le forids de subsistances » avancé par les entrepreneurs aux salaries (1}. Cette conception est également celle de Jevons (!5) : « La subsistance ordinaire requise

(16) Marshall emploie l’expression de « command over capital » pour désigner le crédit. Official Papers, pp. 49, 50, 270, 307.

(17) Cette conception apparaît notamment chez Turgot : < Tous es genres de travaux de la culture, de l’industrie, du commerce, exigent des avances... Dans quelque inétier que ce soit, il faut d’avance que l’ouvrier ait des oulils, qu’il ait une suffisante quantité des matières qui sont l’objet de son travail ; il faut qu’il subsiste en attendant la vente de ses ouvrages. » Réflexions sur la Formalicrn et la Distribution des Richesses, $ LIV, édit. Daire, LACDNSE

(18) Op. cit., p. 332.

SCT NES

pour entretenir les travailleurs de tous ordres quand ils sont occupés dans leur travail, est réellement la vraie forme du capital ; par suite, je ne dirais pas qu’un chemin de fer est du capital fixe, mais que le capital est fixé dans le chemin de fer. Le capital n’est pas le chemin de fer, mais c’est la subsistance de ceux qui ont fait le chemin de fer. Abondance de capital libre dans un pays signifie qu’il y a des stocks copieux de nourriture, vêtements et tous articles que les gens insistent pour avoir ; que, en résumé, tout est arrangé de telle sorte qu’une subsistance abondante et tous les objets nécessaires sont prêts à apparaître sans que le travail du pays soit lourdement taxé pour les fournir. En de pareilles circonstances, il est possible qu’une partie des travailleurs du pays puisse être employée à des ouvrages dont l’utilité est lointaine, et sans cependant que personne souffre de disette dans le présent. »

Cette forme du capital représente les avances qu’il

est nécessaire de faire pour que les agents de pro-

duction contribuant à la fabrication d’un bien qui ne

procurera de services consommables qu’à une épo-

que plus ou moins éloignée, puissent subsister dans

l'intervalle ; elle n’est donc qu’un aspect du phéno-

mène de l’épargne tel que nous l’avons décrit plus haut. Pendant la période d’attente nécessaire à la maturation d’un investissement nouveau, il faut que les

forces productives qui sont ainsi détournées de la

production de biens à maturation plus rapide, soient

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