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billets jouissent en outre de la force libératoire légale, il peut exister selon les cas une ou plusieurs banques investies du monopole de l'émission, et soumises, quant à leurs opérations, en particulier au montant de leurs réserves métalliques, à des règles variables.
Qu'il suffise de noter ici l’analogie entre l’évolution du billet de banque et celle des métaux monétaires. De même qu’à l’origine, la circulation effective et la valeur d'échange de la monnaie métallique sont dérivées de sa valeur d’usage, de même à l’origine également, l'emploi et la valeur de la monnaie de papier sont déterminés par sa convertibilité en monnaie métallique.
La différence à ce point de vue entre les monnaies fiduciaires et la monnaie métallique est une différence de circonstances historiques. Il est parfaitement concevable que l’or soit un jour démonétisé; sa valeur subirait alors une forte chute, mais ne tomberait pas à zéro, comme celle d’une monnaie de papier démonétisée, tant que subsisteraient ses emplois non monétaires. Mais en fait, depuis un temps indéterminé, et pour un avenir qui parait aujourd’hui encore (aujourd’hui surtout) fort solide, il joue le rôle de monnaie universellement acceptée, universellement liquide. Par contre, le degré de confiance dont jouissent les monnaies non métalliques est soumis, comme on le sait, à des variations effectives, fréquentes et souvent de grande amplitude, dans le temps et surtout dans l’espace; alors que l'or est
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actuellement universellement échangeable contre des biens réels, les monnaies fiduciaires ne sont effectivement échangeables contre ces biens qu’à l’intérieur de certaines limites : ce sont ces limites qui posent le problème de la liquidité.
Ces limites ne sont pas nécessairement d’ordre géographique. Ainsi un chèque sur une certaine banque peut servir à des paiements entre tous les clients de cette banque. Mais aussitôt que le titulaire d’un compte-courant étendra ses transactions au delà de ce cercle, il lui faudra employer un instrument de paiement effectivement accepté comme monnaie dans un cercle plus étendu. Il pourra, le cas échéant, utiliser un compte-courant dans une autre banque, ou laisser à sa propre banque le soin de convertir le montant nécessaire de son compte-courant en une monnaie acceptable par son nouveau créancier lorsque celui-ci présentera le chèque. La première banque utilisera alors, selon les cas, ses propres créances à la chambre de clearing, ou s’il y a solde à son débit, devra se servir d’une monnaie acceptable à plusieurs banques : soit un compte-courant à la Banque d’émission, soit des billets de cette banque. Plus étendu sera le domaine de circulation de chaque espèce d’instrument de paiement, plus il sera, dirons-nous, liquide.
L'or constitue aujourd’hui la seule monnaie universellement liquide.
Chacune des monnaies dites fiduciaires est normalement convertible en une monnaie plus liquide
qu’elle-même : un billet de banque est une promesse de payer de l’or. Un compte-courant en banque, une promesse de payer des billets, c’est-à-dire une promesse de payer des promesses de payer.
Il n’est donc pas inutile de faire plus qu’une simple différence de degré entre les monnaies fiduciaires et Por : l’or obtient aujourd’hui la confiance des uns parce qu’il obtient la confiance des autres; il n’est convertible qu’en biens réels ou en une monnaie moins liquide; alors que les monnaies fiduciaires sont à la fois convertibles en biens réels dans le cercle de leur liquidité et en monnaies plus ou moins liquides.
Toute monnaie qui n’est pas absolument liquide peut être appelée à un moment quelconque à être « liquidée »; la promesse qu’elle constitue doit être mise à exécution. Est-ce à dire que ces monnaies fiduciaires doivent être considérées comme du « crédit », et radicalement séparées, à ce point de vue, de la monnaie au sens strict ?
Dans un ouvrage récent (), M. Charles Rist a insisté sur ce point avec beaucoup de force, en attribuant à la confusion entre monnaïe et crédit la source principale des erreurs de théorie et de politique monétaire. « Les opérations de crédit bancaire, écrit-il (5), sont en réalité des opérations par les- « quelles on remet en circulation des espèces déposées « dans les banques... et ce qu’on appelle création de
(4) Histoire des Doctrines relatives au Crédit et à la Monnaie depuis J. Law jusqu’à nos jours. Paris, 1938. (B)LOp. cit. .p.2 it