II. — MONNAIE ET CREDIT
A. — La GENÈSE DES INSTRUMENTS MONÉTAIRES.
La monnaie peut pénétrer dans la circulation de deux manières différentes : elle peut être directement vendue contre des biens réels ou des services, ou contre une autre monnaie; ou elle peut être prétée, et naître par la voie d’une opération de crédit.
Lorsque la monnaie est vendue, son émission est définitive; mais, comme nous le verrons, la monnaie ainsi émise ne demeure pas nécessairement « dans la circulation » de manière permanente. Il peut s’agir, en effet, soit de monnaie métallique, soit de monnaie de papier.
La production des métaux précieux peut être plus ou moins régulière. Dans tous cas, le mécanisme de leur pénétration est relativement simple. Autrefois le chercheur d’or échangeait directement ses pépites contre des pièces d’or qu’il dépensait sur les lieux
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mêmes de la production ou ailleurs; l’or nouvellement produit servant à accroître la quantité des pièces en circulation. Les relations actuelles, apparemment plus complexes, entre le marché mondial de l'or et les grands établissements monétaires, ne font que voiler une opération qui demeure essentiellement la même. De l’or produit en Afrique du Sud, par exemple, sera acheté par la Banque d’Angleterre contre une quantité équivalente de billets, qui circuleront à la place des pièces d’or d’autrefois. Aussi longtemps qu'aucune émission supplémentaire n’intervient à la suite de l’accroissement de l’encaisse-or de la Banque, tout se passe comme si l’or était directement vendu contre des marchandises ou des services.
Si des billets supplémentaires sont émis par la Banque en quantité plus considérable que l’or nouvellement acquis, — si ces billets ne sont pas couverts à 100 %, — ils peuvent être, dans certains cas, vendus directement contre des biens et des services. C’est ce qui se passe lorsque l'Etat finance ses dépenses par une émission directe. Lorsqu'il obtient des avances de la Banque pour en dépenser directement le produit, l’opération revient au même, à peu de chose près. Même lorsqu'elle est ainsi faite sans l’intermédiaire d’une Banque d’émission, elle comporte déjà l’élément du crédit consenti à l’émetteur par le porteur, aussi longtemps qu’il ne convertit pas son billet en monnaie liquide. Mais l’essentiel est que l’émission n’entraîne aucune obligation