‹ L'Épargne Forcée MonétaireChapitre 28 sur 56 · ER · texte numérisé non relu

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paiment par chèque, il arrivera généralement que le bénéficiaire du paiement enverra le chèque à sa banque pour encaissement. Cette deuxième banque, à son tour, presentera le chèque à la première, ou à la chambre de compensation, où la position liquide s’augmentera du montant du chèque. Pour cette banque, la nouvelle somme représente, à son point de vue, un dépôt additionnel, de même nature que le dépôt initial au point de vue de la première banque. Si elle décide de prêter à son tour 90 % de cette somme, ce nouveau crédit aura pour conséquence un nouveau dépôt dans une troisième banque (ou même dans la première). et ainsi de suite, donnant naissance à une série de crédits égale à S fois le dépôt initial, S étant égal, dans notre exemple, à 0,9 + 0,9 + 0,9 + … etc. soit 9 fois le montant du dépôt initial (2).

Inversement, ce processus d’expansion ne peut se maintenir qu’à la condition : 1° que le dépôt initial ne soit pas retiré ou, plus généralement, que la somme des nouveaux dépôts soit égale à la somme des retraits pendant la période considérée; 2° qu’aussi longtemps que dure le crédit faisant suite au premier dépôt, ou qu’il est renouvelé ; 3° que si aucun des

(22) Plus généralement, soit q la proportion du dépôt faisant l’objet d’un nouveau crédit, la masse des

crédits pourra atteindre la limite S — FAR V. Hayek, men |

Monetary Theory and the Trade Cycle, Londres, 1935,

pp. 152 ss.

MANTOUX

bénéficiaires d’un crédit ne l’utilise autrement que par chèques. Aussi bien, tout retrait de dépôts, ou toute autre restriction de l’encaisse liquide, causera une contraction proportionnelle de la « pyramide » du crédit.

L'effet multiple de ce mécanisme, dans un système comprenant plusieurs banques, explique pourquoi celles-ci ne peuvent faire de distinction entre les dépôts qui proviennent de versements en argent comptant, et ceux qui proviennent de crédits. (Alors que cette distinction devient possible lorsqu'il ne s’agit que d’une seule banque.) Ceci suffit à résoudre la controverse entre les praticiens et les économistes, et donne en même temps raison aux partisans de Leaf et à ceux de Withers. Mais on voit en même temps pourquoi ce processus d'expansion se produit à partir d’un dépôt additionnel avec une complète spontanéité.

Le problème de la création du crédit par les banques est ainsi résolu. Les banques ne peuvent sans doute mettre ces crédits en circulation que pour autant que se manifeste une demande. Mais cette considération importante n’exclut pas le phénomène principal : savoir, la possibilité, pour le système bancaire, de donner satisfaction aux besoins du marché avec une élasticité limitée seulement par la proportion des réserves liquides aux exigibilités. Selon les périodes, cette proportion pourra varier, et une demande accentuée de crédit sera donc satisfaite, — surtout en période ascendante du cycle économique,

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