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À. — EFFET D’UNE EXPANSION INTERNE ET D’UNE HAUSSE DES CHANGES

Nous avons examiné ce qui se passe à l’intérieur d’un pays à la suite de mouvements monétaires pro-

voqués par sa position internationale. Mais il est également intéressant de savoir, inversement, quels seront les effets d’une expansion monétaire interne sur la position internationale du pays.

Le synchronisme imparfait des prix intérieurs à la suite d’une expansion monétaire amènera des phénomènes d'épargne forcée entre les habitants de ces pays. Mais il peut également arriver que les effets de cette expansion affectent les relations de ce pays avec les autres, et qu’ils se produisent en particulier aux dépens de certains de ses habitants et au profit de l'étranger.

C’est ce qui se passe lorsque la hausse interne des prix ne suit pas immédiatement les variations du change, — lorsque la parité des pouvoirs d’achat n’est pas réalisée. Le cas est fréquent au cours des phases initiales des grandes inflations (1°). Au début, la monnaie est alors « sous-évaluée » sur le marché des changes ; les étrangers peuvent acheter à bon mar- | ché, et les termes de l’échange international sont défavorables ; malgré un accroissement souvent considérables des exportations, le pays où se produit l’inflation ne peut acheter qu’une quantité d’importations relativement faible. L’impulsion donnée alors aux exportations, loin de constituer un avantage national, vide le pays de sa richesse réelle sans contre-partie équivalente. Le synchronisme imparfait des prix intérieurs et du cours des changes a donc pour effet de

(18) V. Bresciani-Turroni, Op. cit. p. 142, pour l’inflation allemande de 1920-1923.

de =

MANTOUX

réduire la part nationale du revenu réel mondial (*). En fait, de tels effets, qui ne s'expliquent que par l’imprévision des vendeurs, ne durent généralement pas autant que l'inflation même ; au contraire, dans ses stades ultérieurs, il arrivera souvent que la hausse des prix intérieurs dépasse, par anticipation, le niveau de la parité des pouvoirs d’achat : la monnaie est alors « sur-évaluée ». Dans l’un et l’autre cas, l'avantage réel dépendra des élasticités relatives de la demande pour les importations et les exportations. Si la demande pour les exportations d’un pays dont la monnaie est sur-évaluée est très peu élastique, l’avantage réel tiré de la disparité des prix sera relativement grand. Et vice-versa.

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