‹ L'epee de mon pere comedievaudeville en un acteChapitre 11 sur 21 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Les Memes, THOMASSIN , tenant hlct ntain une épée dont ta poignée est couverte d'un crêpe»

TUOU.%SSl.N , entrant. Enfin, j’ai tout rejouvé, et je vous apporte...

MON EXal.

HENRI. Quoi donc ?

THOMASSIN. Regardez cette epée...

TOUS. Eh bien !

THOMASSIN. \oilS nc dcVllICZ pÛS? c’cSl celle de mon vieil ami.

M®' GERVAUT. Son épée...

nCNiU. Celle de mon |>c‘i e!

Gt'STAVR. Ah!... donnez, donnez!...

monsieur ..

(Tous doux la Stiisissent, et k ic(;ardri4 ensemble s.Tns faire attention à Tltomassin.j

THOMASSIN, à tui-même ^ en regardant Guslth-e, Hein î plait-il ? qu’esi-ce que c’es* que ce jeune homme?

HENRI. Dis-moi, Gustave, estH:e que ton coeur ne bat pas avec plus de force qu’à rordinaire ?

GUSTAVE, üii ! oui, c’est line émotion que je n’avais pas encore connue.. Quand je songe à celui de qui nous vient cetU épée !

THOMASSIN, à lui-même. Allons, c'est un ami de la famille !

GUSTAVE. Ah! que de choses nous avonr à faire, pour soutenir riionneiir d’un noir comme le sien!

THOMASSIN. C'est plus qu’un ami, c'esi un parent.

HENRI. Tu as raison, Gustave; en contemplant ce glorieux souvenir, combien j( suis honteux de moi^méinc... J'ai vingtdeux ans, et je ne suis rien! rien encore !

Oh ! mais je réparerai les toi ts de m»

jeunesse... iMerci, merci, monsieur; vom venez de me rappeler quel exemple j’avan à suivre. Je le suivrai, je vous le jure, niamcie... et toi aussi, frère.

(l.a mère et les deux jeunes gens se pressent la main.)

THOMASSIN , toujours à bài-méme. Frère!

ah ! je comprends, une 6gure de rhétorique... Je comprends paifaitement.

GUSTAVE. Et moi, si éloigné jusqu’à ce jour de tonte pensée de guerre et de combats, je suis électrisé comme toi , Henri ; que le danger vienne, et je puis, ainsi que mon père, affronter la mort sur uncliamp de bataille; et moi aussi, sans être mililaiie, je puis me servir de son épée.

THOMASSIN, à part. Son épée ! son père!

je ne comprends plus, je m y perds : c’esi un logogriphe.

OliTADT.

Afs des Frires de lait.

àh ! de là-baut exauce ma pnire.

'Veille tur eux : me« deux hb! mon aeul bien !

Tout deux aont fier» de te nommer leur père...

Tu dnignera» leur terrir de soulien.

THOKAttlN.

Di c'idêmcnl, je n'y comprends plus rien.

LE MAüAtIM TBXATAAL.

CCtTAl'T.

Ali: nia tendrcasc enfin nV»t \Mi Uompvc :

Ton noble exemple» iU»auionl riniltcr^

Car tous les deux, en voyant celle éj»ec,

Sont <Icvenus dignes de la ^lurtci'.

(JVufjiunu /frste de stupéfaction de Thumassin- «»• Gervaut et ses deux fils rrpitent ensemble :) Oui» tous les deux, etc.

(//enri va déposer l'épee sur le ^ue'n'don.)

’lUOliXSSlTiy passant detfanl 3/"** Geruuui pour aller à Gustaoe. Je vous demaude un million d’excuscs... (S'adressant à Custuiftf eu le 5iifuarit,'^y[onsïcurj puis*jesavoir à qui j’at IMionneiir de parler?

UEMU. A qui? (A port,) Bien... nous y voilà... (//uii/.)Eli! parbleu, à mon frère.

Bt”'* G ER VA UT. A IIIOII flls!

TUOXASSIN. Ail ! bah ! mais je crois me rappeler que le général...

HENRI. Le {général nous aimait tous les deux avec une égale tendresse...

GtSTAAE , à paît, O ciel! prends garde à ce que tu vas dire, Henri !

HENRI. Suis donc tranquille.

TiioHvssiN. CVst exiraordinairc... Jamais, nit grand jamais, il ne m'a dit un seul mot qui pûl me faire croire...

HENRI. Il nous aimait tant, il nous confondait tellement ensemble dans son affection, quM ne disait jamais, en parlant de nous, mes enfans ; non, il semblait qu*à IC.S yeux nous ne fussions qu’une seule et même personne... cl quand il nommait son fils, il ne voulait désigner ni Tun ni l’autre en particulier... Alon fils... cela voulait dire : mes deux enfaus... C’est clair...

M“* GERVAUT,àpnr^ Unie fait trembler î

GUSTAVE, bas. Tu vas nous perdre.

TUOMAftStN. Ah ! vous trouvez que c’est clair. . mais quel est l’ainé delà famille?

HENiii , à fiort, L’atnc ! diable! je n'avais pas piévu!... (Haut.) L’ahié! nous sommes jumeaux.

LES TROIS AUTRES PERSONNAGES. Jumcaux 1

(Noatetu wçnc d'n»quicludc de W** Gcrraiit et de (ju»U>e.)

TU01IAS9IN. De plus fort en plus fort...

HENRI. C'est Ce* qui fait que le général ne pouvait établir entre nous aucune distinction, parce que... C’est la chose du monde la plus simple, la plus natuielle...

Quand il nous tenait tous l^s deux sur ses genoux...

LES TROIS AUTRES PERSONNAGES. Sui' ses genoux ?

HENRI. Je me le rappelle coimne si j’y étais encore... (Num'cuu mouccnient d*ir^ crédulité de Thomassin; nouveau jeu de

scène des dems autres persanna^.) G’estràdire, non, je ne me le rappelle pas... j’étais si jeune... enfin! (A part,) Je ne sais plus ce que je dis, je bats la campagne...

(Haut.) Enfin, voila pourquoi le général ne vous en a jamais parlé. Comprenexvous?

THOAIASSIN, aacc ironie. Parfaitement.

HENRI , à part. Allons, il y met de la bonne volonté.

THOMASSIN, à part. Plu.s tard, j'éclair* cirai ce luyslère. (Ueuri s*esl retourné oers A7®* Grivuuty et sesuhle s’uppltuuUr d*oooir dérouté Tliiitnussin. Tous deux ont Voir de iui adresser des reproches. Thomassin se rapproche (feux, après aooir tiré de sa poche un papier cacheté.) Avec celte épée, souvenir de votre père...(// appuie sur ce dernier mn/) j’avais encore à vous remettre de sa poi'i... (Il pi éseutc les papiers \ Henri veut les prendre ; Thomassin les remet à A/"* Gervuui.) A vous, madame la comtesse, à vous seule le droit de rompre ce cachet.

( M** Gcrvaiit prend vivement lei itapiera qu'on lut

I iu'tcnltf. Un lempxdeMlrDCcct u'Ioquictudcponf cc trots principiux personnages. ÂUeation de Tliomassin; la coiuti.-!>sc rompt le cachet et jette l’cnvcloppc.)

M“* GERVAUT. Deux lettres, cachetées aussi l’une et l’autre; celle-ci, de la main du général. (L* inquiétude redouble.) La seconde... je ne reconnais pas l’écriture.

HENRI. Ah ! d’abord...

GUSTAVE rt HENRI ensemble. La lettre de mon père !

THOMASSIN , il lui-même. De mon père!

ils y tiennent tous les deux.

11“** GERV.Al’T, lisant d'une ooix éruue, pendant que les deux jeunes gens se pressent autour d'ellcy et quç l'homussin écoute aussi en témoignant une extrême curiosité. « Si ■ jamais on te remet cette lettre, ma chère H Caroline, j’aurai cessé de vivre. »• (Elle s^ arrête ^ essuie unr larme., puis continue.) *> Mais du moins, eu recevant mes deru niers adieux, lu connaîtras un secret, » auquel tient ton bonheur peut-être, et que j’eusse mieux aimé te révéler de U vive voix, en embrassant avec toi notre * fils. »

THOMASSIN. Notre fils... lâ! j’étais bien sûr qu’il n’y en avait qu’un.

HENRI. Eh! monsieur, de grâce, laisse»

nous entendre î

GUSTAVE. Vous ne voyez donc pas que nous mourons d’iinpaticnce !

M“** GERVAUT , Usant, « La lettre qui est H jointe à la mienne est de Rémi, notre » uncien fermier, depuis, brigadier de «• dragons dans la division que je coin*

l'épsi w.

m muide; je Tai vu mourir il y a doux » mois environ. »

UEKRi, las. Ail ! mon père, peut*ctre.

GUSTAVE , bas. Ou le mien.

|iw« GKEVAUT , totUinuuni de lire. « J’ai

• appris de lui, par suite de quelles cirn constances notre fils a été coufondu avec » le sien; coninunt Tun et l’autre oui été m élevés ensemble, élevés |>ar toi-incine,

• Caroline, sans que tu aies pu, d’après

• aucun indice, reconnaître ton oiifant. »

THOMASSIN. Ail ! je tiens donc enfin le

mot réviign>e... Aussi, j’aurais parié ma tète que le général...

M"* GKEVAUT , (fui a coatùtuéde lire tout bas , s*ècric aver. teneur. Graïul Dieu I GUSTAVE. Qu’avez-vous, ma mère?

HENRI. Au nom du ciel, aclicvez... c’est le my.stère de nuUc naissance , u'cst-ce pas? que voulez-vous? il faut bleu nous armer do coni agel

GERVALT, O Tbomassiu. Monsieur...

vous voyez comme je tremble! comme je souflre! sans doute, à vous, l’ancien ami de M. de Seivières , je dois compte de ce que renkiiiicnt ces papici'S... mais maintenant... j’ai besoin de rester seule avec eux, avec... mes fils)

THOMAS.^iN. Je me relire, madame la comtesse; mais songez que moi aussi , je suis impatient de connaître la vérité ; je suis iiiipaiieni de savoir à qui je dois marier ma fille.

UEMU. Sa fille!

Gi STAVK. Laurence! que signifie?

UKNRi, bas. Je te conterai cela.

Il""* GLUVAUT , à 'J'hornassin . Je voasd^ mande une dcini-Ueure , monsieur.

TUOMA&$i.\. Je suisà vos ordres...

Aih ttf la Haine d'une Femme.

Je pars et \e reviens. Diaibmc ;

Otn, nin fille . je IVi promis ,

De i'un lies (leux set a la femme ,

L'tm ou Taulrc clericnl mon fils.

(^j-4 tni-nté»te.^ quel est celui rjue je prel^re ,

Celui qu^l faut que j'aime comme un p^re?

l’oiir ilevincr, repaidons bien.

Je lois fixe... Celui que je pierèrc.

Vaibini. C’est... uia foi non, c’est...

(lu fil en, tnt /a/r.)

Je n'cii sais rien {IJis.)

Eu vérité, je n'en sais rien ;

Duquel lies deux voudrais^je être le perc ,

Je n'msais lîcn.

(Il sort par le fond.)

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