‹ L'epee de mon pere comedievaudeville en un acteChapitre 4 sur 21 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Lk» MâHES, HENRI, rn costume île chasseur.

HENRI, à la cantannailr. Qii’ou le dépouille sans Iiiiséricoido...(£///e«n/.) Vous pernieUci, ma mère. {Il baise la main de

iU“* Ge/vau/.) Bonjour, mon fi-ére.

M-'OERVAUT. De quoi s’agit-il donc?

HENRI. D’un lapin que je viens de tuer à deux pas d'ici.

M“'üERVAUT. Un lapin?

IIE.NRI. Eh bien! plaignez-vous de moi...

à présent.. . dites encore que je oc suislmn à rien... c est vrai... on n’a j.amais que de.s reprodics à me faire... et pourUnt vous

voyez, je suis la Providence delà maison..', ce gihici -là, vois-tu, frère, c’est du fruit défendu.. . figurez-vous que j'étais parti pour la chasse ati m.irais. . une chasse délicieuse, dont tout l'agrément rniisistc à rester plusieurs heures... dans l’eau, jii.Sqii’i mijambe... mie campagne (le llfillande .sous la lepiihlique... fcCiiehiinais (oiit eil pertssiitaiililaisir que j’allais goûter... quand toiit-.à-eoiip il me rient une idée.

(it'STAVE. Ah! mon Dieu! une idée de toi...

M— liERVAi T. J’ai peur.

HENRI. Uenr... je me rappelle û propos que notre voisin. . . notre cnneini. , . M. Tliomassih, avait une propriété tout près de li, où le gibier était crt abondance... alois, je franchis la haie qui m’eu séparait...

M”' GERv \C t. Vous avez eu tort ..très- ’ grand tort...

HBNRi.O'esttvqnejeinesuisdit... quand il n était plus temps... d’ailleurs une réflexion vint me rassurer, cl faire taire les imii mur«s de ma ronsciciicc... 'ce M. Tlioniassln lient i sa chasse... paramoiir-proprc... |iarce que c’est un droit seigneurial... mais du reste, il ne clfasse jamais. . il . à pour ses perilrix itm-passlon platonique...

t’isi chrt lui de ht généro.5ité... du désintéresnrmeiit... aussi pour les mettre à l’abri de quelque coup de main... ne s’cst-il pas avisé de faire revêtir à un imbécille de garçon de ferme le Costume complet de gardo-cbasse. . vert et or... avec Une plaque portant les amies de M. le baron ’nto^ inassiii, c'est-à-dire deux bottes de foin en saiiioil*... i?n ancien fournisseur!,,

CDsrAVE. Et le gai-de-chassc te somma de te l'étirer...

HENRI, (vertainement... maisjeluirépondjsqueles volontés étaient libres, et que je n’avais pas la même opinion que M. le baron sur ^Ics lapins... là-dessus, je mis à moi t .. l aciinnl dont vous me direz des nouvelles.

Gi'STAVE. Et le garde-chasse ?

HENRI. H était fiiricu*... exaspéré... il voulut me meure la main siii le collet...

mais j’eus le temps de rechargée mon fusil.

M*' GBRVArT.O ciel!

HENRI. Rassurez-vous, je nele chargeai qii’.à poudre... et comme en ce momentlà le .soleil donnait en plein sur le vert de sou imiforme qui sc confondait avec celui des buissons dont il était entouré... je tirai... et le pauvre diable tomba mort de peur. 1

M’*"' OF.nvAt'T. Sccet-voajs toujours aussi inconsidéré, aussi imprudent ? M. Thomassm ne vous coUnalt pàs , je le sais;

LE'MiCASm THÉtTIIAL.

mais onyousa TU entrer dans sa propriété. . . bientôt, un nouveau procès ?

BENHI. Qu’importe!

*”• GERVAET. Henri ! Henri ! quel caractère !

HENRI. Eh bien ! oui, ma mère, c’est vrai... un caractère affreux <{ue je me reproche souvent, surtout lorsque je suis auprès de vous... mais tel que vous me voyez, je suis un anachronisme... ah! pourquoi n’ai-jc j>as eu vingt ans un peu plus tôt, à cette epoque où tout le monde était soldat... touslessoldats généraux... et tous lesgénéraux rois... il n’y avait guère moyen Je ne pas être au moins maréchal d’empire... oui certainement, j’étais né pour etre maréchal, ou pour être emporte par un boulet.

H"* GERVAUT. O ciel! que dit-il?

HENRI. Oh ! rassurez-vous, ma mère; il • n’y a plus de danger maintenant ; faitesvous donc soldat en 1816 ! à quoi cela vous mènera-t-il ? mais toutes ces idéesde gloire et de batailles se sont amassées là pendant mon enfance, et voilà pourquoi je ne puis les cliasser maintenant, pourquoi je ne suis bon à rien, pourquoi je vous donne tant de sujets de mécontentement. . . oui, cette vie tranquille... ou bien cesétemels comptes en partie double... {a me lasse... ya me fatigue... la vie d’un négociant... me déplaît horriblement.

H”* GERVAUT. Mon fils!..

HENRI. Allons! encore! maudite tête...

tout-à-l’heure... c’était mon père... à présent, c’est mon frère que j’offense dans ses goûts, dans ses prédilections... je ferais mieux d’aller prendre ma leçon d’armes. ., ça changerait le cours de mes pensées...

d'autant que j’ai besoin d’avoir la tête libre, pour vous confier mon grand projet, f à part ) oui, mon grand projet. . Laurence !..

GUSTAVE. Explique-toi...

HENRI. Je vous le dirai plus tard... à toi d’abord, frère ; c’est toi qui, le premier, llois recevoir ma confidence.

H”* GERVAUT. J’cspère, Henri, que dorénavant vous ne laisserez plus à votre frère la plus grande part du travail... et nue vous partagerez avec lui.

HENRI. Oui, ma mère.

GUSTAVE, ias ùsonyrcre.Nccrainsrien...

je ferai toujours ta besogne et la mienne.

HENRI. Ah ! par exemple... c’est trop fort, pour qui me prends- tu?.. {Bas,) J’accepte.

Aie : De* bons Maris c'rsl te modèU, (Pciuioanaire marice.)

IVs bons frÊvet c’est le modèle ;

Cest adaiirable ; mais un jour,

D'un coeur si bon et si fidèle.

Je puis me venger S mon tour.

De me battre j'ai ritabilude...

GDSTATI.

Je vis en paix...

KSHIl.

Eh ! mais tant pis.

Pour te prouver ma gratitude ,

Je te voudrais cent ennemis.

ENSEMBLE

CCSTAVI.

Des bons frères, moi, le modèle Oh ! non vraiment... car en ce jour Ton cœur aussi, bon et fidèle ,

Se promet bien d'avoir son tour.

OBaVAUT.

Des bons frères c'est le modèle ;

J'bésite entre eux... Hais, en ce jour,

{Montrant Henri.) Son coeur est bon... il est fidèle.

J'espère qu'il aura son tour.

{Henri et Gustave sortent ensemble par la gauche.)

UN DOMESTIQUE, ettlreaufond et annonce.

M. le baron Thomassin!

M“* GERVAUT. Ah! mon Dieu! c’est la guerre qu’il nous apporte.

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