Scène VIII
Les mêmes, pIus George
George, entrant. — Je ne vous dérange pas, mon cher Tierrache?
René. — Au contraire. J'allais vous écrire. (Présentant) Monsieur le comte de Dasetta... mon ami Erik Drakton.
George. — Nous nous connaissons de nom, monsieur, et même de vue...
Drakton. — De vue.,, je ne pense pas.
George. — L'an dernier, à Deauville, nous avons joué au baceara... à la même table... Oh! je me souviens fort bien: c'était un samedi.
Drakton. — By Jove! Quelle mémoire!
George. — On en aurait î\ moins. J'ai perdu cent mille francs. Il y a des souvenir*s qu'on n'oublie i)as.
Drakton. — Oh! je sais, maintenant... vous étiez en banque. Excusez-moi, je n'y pensais i)lus.
George. — C'est tout naturel: vous aviez gagné.
Drakton. — Oh ! Je me suis culotté à l'autre tableau où j'ai pris... la banque à mon tour contre un satan d'Anglais qui m'a dépossédé. Quelle cerise! Tenez, ça, je me rappelle ça.
George, souriant. — Evidemment. Et c'est logique. Perdre au jeu est une manière pour la veine d'être malade. On ne se souvient pas des jours où on a été bien portant.
Drakton. — C'est vrai! (A René.) Il est beaucoup plus jeune, mais il lui ressemble.
George. — Comment?
René. — Drakton, à l'instant, me disait qu'il avait connu quelqu'un qui portait votre nom.
Drakton. — Oui, un magnifique vieux monsieur... un grand ami de l'archiduc Serge.
George. — C'est mon père.
Drakton, — Il doit avoir maintenant... Oh! Il ne doit plus être jeune.
George. — Il y a cinq ans qu'il se suivit. L'admirable vieillard que vous avez connu, monsieur Drak-
ion, n'est plus qu'un éfre paralytique, presque aveugle. L'intelligence s'est éteinte. Pourtant, il souffre.. Il est des choses pires que la mort.
René. — Oui... Il ne faut pa= vivre trop vieux.
Geobge, — C'est si beau de s'en aller en pleine action, sans affront physique... de mourir tout jeune!
Drakton. — N'exagérons rien'
Georoe- — Il y a à Lucques, dans une petite chapelle, sur un tombeau de marbre
relief de marbre blar
quii
a toujours laissé rêveur.
George. — J'a Drakton, sorum René, au vaEct a
passé l'âjïe.
ml. — Oh! moins que moi!
aui r;conduiI Diiktoo, — Du portO...