‹ L'épervier: pièce en trois actesChapitre 14 sur 39 · Scène IX · texte numérisé non relu

Scène IX

Hené, George Mon cher Tierrache, voici ce qui

m'amène ; j'ai un petit service à v

Il est de Malteo Civitale et représente un jeune homme couché dans son armure. Il sourit dans la mort parmi ses instruments de guene cl de jeu. Audessous cette simple phrase: << Beau, il est miirl à vingt ans. » Ksl-i! rien de plus magnifi^iue?

e contenterai de celte épitaplie :

ne un peu trop gras, il est mort

C'est

- iiuod-bije. Télégraphie

Drakton. - (I Pas très joli, et n à quatre-vingt-neuf t

George, h souhaite.

Drakton, bas, beinT

René. — Immédiatement.

Dhakton. — A lundi, à S::rdeloup. Vous j

Georoe. — Oui...

Draktoîj. — Tant mieux... Kf, d'ici-là...

croyez-moi. Ne déi'édez pas à vingt ans.

, auparavant.,.

•.ro'je: m

RbnÉ. — Tant mieux... n mettea-nioi...

Gi'XïRGE. — Un chèquet

Kené. - T'est la somme que je vous dois Vous n'aurez pas à vous dérangei, il vous suffira de le faire toucher à votre banque... Je viens de conclure une affaii-e avec Drakton.

George. — Je sais ce que vaut la signature de Drakton... mais...

René ~ Mais quoiT

tiEORiiK. - Kien ne pi-essait.

René 11 v aura ce soir vingt-quatre heures

Geobce. — Oui, chez vous c'est une règle. Chez nous aussi... C[i principe. Nos cercles sont à l'instar des vôtres.. .Mais en venant chez vous,j'étais à mille lieues..

René. — Voyons! J'en suis sûr... (DasfUa gards ir

chèque à U inaiti cl U regarde) Il y a quelque chose qui

n'est pas réguiierî

JO

LA PETITE ILLUSTRATION

George. — Non, non. Ecoutez, mon clier Tierrache, vous m'êtes sympathique... je suis très franc... et j'ai reconnu dans votre antichambre, tout à l'heure, un individu qui n'est que trop connu à Paris. Le fait de voir chez vous ee monsieur au moment où vous allez régler une grosse différence sur votre bourse de jeune homme...

René. — Merci, Dasetta... je comprends. Mais je n'ai j)as eu à le recevoir. (Montrant le chèque.) La preuve...

George. — Aloi*s, \Tai... ça ne vous gêne pasf

René. — Il me gênerait que vous insistiez.

George. — Je ne vous ai pas froissé, au moins?

René. — Au contraire... je suis touché. Et, maintenant, que puis-je faire pour vous être airréableî

Cependant, le valet a apporté le porto.

Georcîe. — Eh bien, voilà : je possède, par héritage maternel, de vastes terrains en Hongrie. Ils sont actuellement sans grande valeur. Mais on construit en ce moment une voie ferrée entre Zourga et Lobroski...

René. — Attendez donc... X'e.st-ce pas une concession française?

George. — Précisément, et qui déi)end de votre ministère des Affaires étranirères. .le vous communiquerai les plans: c'est limpide. Vous comprenez, si Ton adoptait le tracé que je souhaite, ce chemin de fer apporterait à ces villages qui bénéficieraient d'un voisinage d^usines, une prosj)érité inconnue J'ai déjà tenté plusieurs démarches. J'ai même vu le ministre... mais, chez vous, les ministres sont si occupés!... Tous les Français ont le droit de ren-lamer (juelque chose. Vous avez l'occasion de voir le ministre?

René. — En ce moment, je le vois tous les jours... je tâcherai d'arranger ça.

George. — Je vous remercie. (V n'est pas un service personnel... Dieu merci ! Je n'en ai pas besoin. Pourtant, j^avoue que cela me serait agréable.

René. — - Un homme aussi riche que vous!...

George. — On n'est jamais assez riche avuv les charges que j'ai... et une femme comme la mienne. Car, mon cher, c'est inouï... c'est inouï ce que le luxe coûte cher...

René. — Il a cette réj)utation.

George. — Vous avez de la chance, chez vous.

Vos femmes ont de l'ordre. Quand elles vous ruinent, c'est tout de même avec une certaine méthode. Car ce qui est coûteux ce n'est pas d'acheter des colifichets qu'on porte: c'est d'acheter, comme ma femme, des robes et des fourni res dont votre femme de chambre V0U6 dégoûte le lendemain.

René. — La comtesse est la femme la plus élégante de Paris.

Geor(je. — Non, mon cher, la femme la plus élégante de Paris, c'est sa femme de chambre. D'ailleurs, je suis presque aussi prodigue. Mais, à partir d'aujourd'hui, nous faisons des économies.

René. — Voilà une sage résolution.

George. -- Ainsi, cet après-midi, je me suis surpris à marchander un bijou. Au fait... mais je suis confus de vous demander ça... Je peux téléphoner de chez vous?

René. — Je crois bien.

George, regardant sa montre. — Ma femme est chez Dorset...

René, lui remettant l'annuaire. — VouIeZ-VOUS que je

vous laisse un instant?

George, cherchant . — Vous plaisantez... Dorset...

voilà... (Au téléphone.) Gut 23.07... je lui téléphone... (Au téléphone.) 23.07... je lui téléphone, mais je n^ai rien à lui dire.

René, qui feuillette une revue. — Ah !

George. — Allô!... Dorset... le couturier... je voudrais parler à la comtesse de Dasetta... Oui, j'attends. (A René.) Je VOUS renouvelle mes excuses.

René. — Dm tout.

Gpx)Rge. — Je ne la reverrai plus que ce soir, tard, après le théâtre. Et les femmes sont des petits êtres si fragiles, si fugaces... Même de loin il est bon de leur faire sentir constamment sa présence. D'ailleurs, poiu" moi, c'est un plaisir, j'ai épousé une femme si délicieuse. Ce n'est pas vous qui direz le contraire.

René. — Non. Elle est exquise.

George. — Vous êtes devenu un de ses amis.

René. — J'en suis fier.

George. Pardon. Allô! (Faisant une irrosse voix.)

C'est à madame la comtesse de Dasetta que j'ai l'honneur de parler?... C'est le président de la République... Quoi?... je suis idiot î... Merci... Non, rien... l'envie de bavarder une seconde... c'est gentil ?... Non, c'est égoïste... Tes robes, des mer\'eilles... tant mieux. Ce soir ?... Béatrice et toi... Vous avez envie de souper... D'oii je téléphone î... de chez Tierrache... Oui, attends... (A René.) Voulez-vous souper avec

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