‹ L'épervier: pièce en trois actesChapitre 31 sur 39 · Scène IV · texte numérisé non relu

Scène IV

Drakton, René

René. — J'ai reçu votre bleu, mon cher Erik!... Eh bien?

Draktok. — Confirmé!

René. — Ah ! je ne sais pas comment vous remercier. Orâce à vous, nous le tenons. Il faudra bien qu'il nous donne une réponse, bonne ou mauvaise... Enfin, nous le tenons.

Drakton. — Je Tespère! J'ai eu sur lui des renseignements assez bizarres. Il paraît qu'il ))rend de la drogue. Bah ! Il viendra... l'affaire que je lui propose est trop tentante.

René. — L'affaire?

Drakton. — Oui... le mot affaire vous étonne, proposée à un seipneur comme Dasetta... mais je me suis informé... il a toujoui*s fait des affaires... des concessions... des terrains... des chemins de fer... c'est du sport.

René. — Je sais, je sais... Oui, dans votre bleu... (Il cherche.) Qu'cst-ce quc j'en ai fait?

Drakton. — Qu'importe?

René. — Oui... ça m'avait déjà frappé ; cette affaire... ce n'est donc i)as un prétexte pour l'attirer ici-., c'est une affaire réelle, sérieuse?

Drakton. — Je ne fais que des affaii-es réelles, et une affaire est toujours sérieuse.

René. — Non, mais enfin, Dasetta assumerait des i^sponsabilités?... Vous pourriez, à cause de lui, courir des risques?

Drakton. — Sans doute, pourquoi?

René. — Mais parce que... parce que Dasetta est un homme du monde qui... qui n'a pas Thabitude... (lui ne paraît ])as... indiqué... Il a fait des affaires... il n'en a jamais dirigé.

Drakton. — Oh ! j'ai pensé... c'est une affaire très moderne où il y a de l'aventure, du péril... Dasetta est intelligent, audacieux, il réussira.

René. — Tout de même, à votre place, je n'aurais ))as en ses capacités une confiance...

Drakton. — René, je ne comprends pas. Ce langage de vous... n'est pas joli. Je fais ça pour procurer de la distraction véhémente à ce garçon. Il doit en avoir souci.

Rknk. — Erik... ma situation est... très gênante, je m'en rends compte... et, pourtant, pour certains motifs...

Drakton. — Quoi? Il y a autre chose, alors? Si vous avez des raisons graves, dites-les.

René. — Non, je n'ai aucune raison; mais, écoutez-moi, Erik, il vaut mieux... il faut (jue je cause moi-même avec Dasetta avant <iue aous le voyiez.

Drakton. — Attendez d'abord qu'il soit là et que je sache dans quelle."; dispositions vous le trouveriez.

René. — Enfin...

Drakton. — Enfin, ne mettez pas la charrue avant les vaches. Jus(iu'ici, je crois, vous n'avez j)as à vous ))laindre de ce que j'ai fait.

René. — Voyons, Erik! Il ne s'agit j)as de...

Drakton. — Eh bien, alors, mon cher ami, laissezmoi faire.

T,e maître d'hôtel entre et présente une carte.

Le Maître d'hôtel. — Cette dam,e attend dans le petit salon.

Drakton lit la carte avec surprise et la passe ft René.

René. — Comment! Marina?

Drakton. — Elle sait que vous êtes ici?

Renr. — Non, je ne lui ai rien dit.

Drakton, au maître d'iiôtci. — Enfiti... faites entrer... (Son le maiirt d'hâiïl.) Muis les femmes, en France, elles compliquent toutes les histoires... 11 est vrai... qu'eu France toutes les histoires sont des histoires de femmes.

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