‹ L'épidémie; pièce en un acteChapitre 3 sur 8 · LE SECRÉTAIRE · texte numérisé non relu

LE SECRÉTAIRE

Tirs hier)!... .l'aime mieux ça!...

LE M A I R E

Fj'i ncident est ClOS. (Se lovantot prenant une attitude oratoire.jEt maintenant, Messieurs, nous allons, si vous le voulez bien, nous occuper de cette grave... de cette importante et urgente question, pour laquelle je vous ai convoqués en séance

extraordinaire et secrète. (Mouvement d'attention parmi les conseillers.) Un qui s'itail endormi se réveille.

DEUXIÈME CONSEILLER

De quoi s'agit-il?

QUELQUES VOIX

Silence! Silence!

LE MAIRE

Messieurs, j'ai une nouvelle... une nouvelle délicate et... fâcheuse à vous apprendre... (Redoublement d'attention.) Mais rassurez-vous, Messieurs... Quand je dis fâcheuse, c'est pour conformer mon langage...

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ

Votre éloquence !

LE MAIRE, remerciant d'un preste discret.

... pour conformer mon... langage au langage usuel que des sentimentalités trop ombrageuses...

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ

Très bien ! Très bien !

LE MAIRE, poursuivant.

... que de trop systématiques oppositions... des rivalités même... et, si j'ose dire, de véritables empiétements de pouvoir... des abus d'autorité, en un mot...

LB MEMBRE DE L'OPPOSITION

Parlez clairement, on ne vous comprend pas!

LE MAIRE Veuillez ne pas interrompre... m cherche en vain à renouer le

ni brisé de son discours.) Messieurs, dans ce que j'ai à vous apprendre, il n'y a rien de grave, rien qui puisse vous effrayer. La nouvelle en soi n'est pas extraordinaire... Ce n'est pas, à proprement parler, une nouvelle... une de ces nouvelles qui... Bref, Messieurs, c'est, si je puis m'exprimer ainsi, un ennui périodique...

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ

Très bienl Très bienl

LE MAIRE

... une crise annuelle... un retour offensif...

LE MEMBRE DE L'OPPOSITION

A la question ! Pas d'allusions politiques ici. Nous ne sommes pas ici pour faire de la politique !

II ne s'agit pas de politique !

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ , catégorique.

Il ne s'agit pas de politique!

LE MEMBRE DE L'OPPOSITION

De quoi s'agit-il, alors? Pourquoi toutes ces précautions?... Pourquoi ce mystère?

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ

Je ne sais pas de quoi il s'agit... Mais...

LE MEMBRE DE L'OPPOSITION

Si vous ne savez pas de quoi il s'agit, taisez-vous

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ

Je me tairai si je veux!... Vous n'avez pas de leçons à me donner!...

LE MAIRE

Messieurs!... Messieurs!... Je vous en prie!

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ

Nous ne sommes pas dans votre cabaret ici... (Prenant à

témoin les portraits des Présidents de la République.) avec tOUS les

souteneurs et toutes les iilles de la ville!

LE MAIRE

Messieurs! Messieurs!...

LE MEMBRE DE L'OPPOSITION

Eh bien !... venez-y donc, dans mon cabaret... comme

VOUS dites. Osez donc y Venir! (Prenant à témoin ses collègues.)

Cabaret!... le meilleur café de la ville!... leplus beau café de la ville!... un café Louis XVI!... Venez-y!

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ

Oui, j'irai!... J'irai pour le faire fermer ! (ils se lèvent, se menacent du poing.) Je ne puis comprendre qu'on tolère des établissements pareils! C'est une honte!... une immoralité...

un attentat à la pudeur!... (Ils continuent de s'invectiver d'un bout de la table à l'autre.)

LE MAIRE

Messieurs ! Messieurs !

LE MEMBRE DE L'OPPOSITION

Et vous qui vendez des farines avariées!... des petits morceaux de terre pour du café!... et des feuilles d'épinard sous le nom de thé russe!..

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ

Moi!...

LE MEMBRE DE L' OPPOSITION

Oui! vous!... Et vos petits beurres qui datent de la Déclaration des Droits de l'Homme!

QUELQUES VOIX

Assez!... Assez!

LE MEMBRE DE L'OPPOSITION

Cabaret!... Un établissement de premier ordre, où j'ai installé un cinématographe!...

LE MAIRE

Messieurs!... [Messieurs! De grâce!...

QUELQUES VOIX Assez! Assez! A la porte!... (On les apaise à granffpeine.) LE MAIRE, conciliant et paternel.

Messieurs! Messieurs!... Je vous en supplie!. . Je fais appel à votre patriotisme... aux sentiments d'union, de concorde... à votre dévoûment municipal!... (Dune voix forte.) Non, Messieurs, il ne s'agit pas de politique... Il s'agit de la ville, des intérêts de la ville... du salut de la ville... de la ville que vous aimez... que vous représentez... que vous administrez!... Messieurs!... (Grave et dune voix gourde.) Une épidémie de lièvre typhoïde vient de fondre sur la ville!...

(Les conseillers pâlissent, se regardent. Effroi et silence.)

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ, atterre.

Une épidémie sur la ville!...

L'ÉPIDÉMIE \b

LE MEMBRE DK L'OPI'OS ITI ON , affole.

Sur la ville!...

LE MAIRE

Vous voyez bien, Messieurs, qu'il ne s'agit pas de politique !

LES MEMBRES DE L'OPPOSITION ET DE LA MAJORITÉ, ensemble.

Sur la ville!... Une épidémie sur la ville!

LE MAIRE

Quand je dis: sur la ville, ce n'est pas tout à fait exact... Dieu merci! l'épidémie n'est pas sur la ville... elle est...

LE MEMBRE DE L'OPPOSITION

Au t'ait!... Elle est où? Elle est sur quoi?... Est-elle sur la ville ou non?... Précisez!... Pas d'équivoque!... Dites la vérité I Nous ne sommes pas des enfants. (Énergique.) Nous sommes des hommes, que diable!... Nous l'avons prouvé dans des circonstances plus graves... Quand la patrie était en danger, nous n'avons pas hésité à entrer dans la garde nationale... Elle est sur quoi, cette épidémie?... sur quoi?... Allons!... Parlez!...

û r E l q u es v o i x Sur quoi?.. Sur quoi?

LE MAIRE

Ni

Vous ne me laissez pas parler... Elle est sur la ville et, pourtant, elle n'y est pas absolument... Lille y est, sans y

être... (Rumeurs.) Je m'explique... (Rumeurs.)

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ

Mais écoutez donc!

LE MAIRE, d'une voix qui domine le bruit.

L'épidémie est sur l'arsenal et, principalement, sur la caserne de l'artillerie de marine.

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ

Très bien! Très bien !

LE MEMBRE DE L'OP P 0 S l T I 0 N , furieux.

11 fallait le dire tout de suite et nous épargner d'inutiles angoisses!... Certes nous ne craignons pas les épidémies... Nous leur avons toujours opposé un viril dédain... toujours nous les avons traitées par le mépris!... Mais nous avons de la famille... Nous avons des amis... que diable! Et l'arsenal n'est pas la ville... la caserne n'est pas la ville... Et puis, il y a tous les ans des épidémies sur la caserne... Nous n'y pouvons rien... Cela ne nous regarde pas.

TOUS

Mais non... Mais non !

LE DOCTEUR TRICEPS

Du calme, messieurs... Ne nous emportons pas... Procédons avec méthode... x\u maire.) Combien de décès?

LE MAIRE

Hier, douze soldats sont morts... ce matin, seize.

LE DOCTEUR TRICEPS, approuvant.

Ah!... Combien de malades?

LE MAIRE

A l'heure actuelle, on compte cent trente-cinq malades.

LE DOCTEUR TRICEPS, même jeu.

Ah !... (H prend de» notes. i C'est normal!...

L'ÉPIDÉMIE iî

le Membre de la. majorité Pas d'officiers?

LE MAIRE

Non!... pas d'officiers, heureusement!... Le mal s'arrête aux adjudants... 11 ne s'attaque qu'aux simples soldats et aux sous-officiers, comme toujours !

LE DOCTEUR TRICEPS

C'est normal!

LE MEMBRE DE LA M A .1 0 R 1 T É

Je remercie M. le Maire de ses explications loyales et rassurantes...

LE MEMBRE DE L'OPPOSITION

Enfin, je ne vois pas du te t — mais pas du tout — pourquoi l'on nous a convoqués!... Celte épidémie n'est pas de notre compétence... j'allais dire... de notre juridiction... Elle n'offre aucun caractère municipal !...

LE MAIRE

Une administration sage doit être, en même temps, prévoyante... L'épidémie peut s'étendre de l'arsenal à la ville, du militaire au bourgeois...

LE MEMBRE DE L'OPPOSITION

Allons donc!...

LE DOCTEUR TRICEPS

Nous n'avons pas à prévoir des choses qui ne sont pas encore arrivées... Je connais la marche et, si je puis dire, l'esprit de ces sortes d'épidémies... C'est un esprit hiérarchique... Si, contrairement aux avis de la science, une pareille éventualité se produisait... si des symptômes

alarmants, et que nous n'avons pas le droit de préjuger, se manifestaient... eh bien, nous aurions toujours le temps de prendre les mesures nécessaires... Dans l'état actuel, nous ne devons pas intervenir... (Très ferme.) A l'autorité maritime d'aviser, si elle le juge utile!...

Justement, Messieurs... et c'est là où je voulais en venir... .confidentiel.) Le préfet maritime est fort en colère !... Je l'ai vu hier soir... 11 m'a dit que cela ne pouvait pas durer... Il prétend que les casernes sont d'immondes foyers d'infection... (Rumeurs.)... que l'eau bue par les soldats est plus empoisonnée que le purin des étables... (Rumeurs.) Bref, Messieurs, il exige que nous reconstruisions les casernes... (Protestations.)... que nous amenions de l'eau de source dans les casernes... (Toiie générai.) Il exige encore...

LE MEMBRE DE L 'O PPOS ITI ON, levant les bras.

11 exige!... Il exige!... mais c'est de l'insolence!...

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ, même jeu.

De la folie!

LE MEMBRE DE L'OP P O S IT I 0 N, tapant sur la table.

Du gaspillage !

PREMIER CONSEILLER

Nous n'avons pas d'argent pour de telles fantaisies... La commune est obérée... Il nons faut reconstruire le

théâtre.

DEUXIÈME CONSEILLER

Décorer l'hôtel de ville... (il montre ia saiie.) Car enfin est-ce un hôtel de ville?... A quoi ressemblons-nous dans cette baraque?

PREMIER CONSEILLER

Il est inouï, le préfet!... Il est inouï!

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ

Si les soldats n'ont pas d'eau... qu'ils boivent de la bière !

LE MEMBRE DE L'OPPOSITION

Si les casernes sont malsaines... eh bien, qu'ils campent!...

PLUSIEURS voix

Mais oui ! C'est cela!

LE MAIRE

Sans doute! vous avez raison... En principe vous avez raison... Mais vous connaissez le caractère autoritaire, violent, tout d'une pièce, de notre préfet maritime... 11 m'a fait entendre qu'il déplacerait les régiments... qu'il les enverrait dans une autre ville... Plus de commerce, Messieurs... plus de musique, le dimanche!... Ce serait une véritable catastrophe pour notre chère population... « Je ne peux pourtant pas laisser crever mes soldats comme des mouches », m'a-t-il dit...

LE MEMBRE DE L' OPPOSITION

Allons donc! Il veut nous faire peur... Est-ce qu'on déplace un arsenal français comme un cirque américain?... Est-ce qu'on transporte un port de guerre comme des chevaux de bois?...

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ

Et puis, c'est malheureux, soit!... Plaignons-les, je le veux bien... mais les soldats sont faits pour mourir!...

ÎO L'ÉPIDÉMIE

LE MEMBRE DE L'OPPOSITION

C'est leur métier de mourir !...

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ

Leur devoir de mourir!...

LE TRÈS VIEUX CONSEILLER

Leur honneur de mourir!

LE MEMBRE DE L'OPPOSITION

Aujourd'hui qu'il n'y a plus de guerres, les épidémies sont des écoles, de nécessaires et admirables écoles d'héroïsme!... S'il n'y avait pas d'épidémies, Messieurs, où donc les soldats apprendraient-ils aujourd'hui le mépris de la mort... et le sacrifice de leur personne à la patrie?...

LE MAIRE

S'il n'y a plus de guerres, il y a toujours des conseils de guerre!...

LE MEMBRE DE l' OPPOSITION, haussant les épaules et continuant.

Où donc cultiveraient-ils cette vertu si française : le courage?... Ce qu'on nous demande, c'est de consacrer une lâcheté!

LE MEMBRE DE LA MAJORITÉ

De déconsidérer l'armée !

LE MEMBRE DE L'OPPOSITION

De diminuer l'honneur national... de tuer le patriotisme !... Eh bien, non ! (Assentiment général.)

LE DOCTEUR TR I CE PS (Il se lève... Mouvement d'attention).

Je m'associe aux idées si généreusement exprimées par mes honorables collègues... J'irai plus loin... Aujourd'hui la science est aux microbes, à l'eau de source, aux loge-

ments salubres... à l'an-ti-sep-tie!... (Avec mépris. i... à l'hygiène!... ai hausse les épaules.) C'est là une simple hypothèse, Messieurs... une hypothèse... de littérateur, d'intellectuel, qu'aucune expérience décisive et loyale n'est venue confirmer... Demain d'autres théories, inverses à celle-là, se succéderont, aussi peu probantes... aussi peu démontrées par les faits... Eh bien, les communes doivent-elles subordonner leur activité progressiste et leurs ressources budgétaires aux fantaisies inconsistantes et ruineuses des savants?... Doivent-elles se plier aux caprices d'une science qui ne sait ce qu'elle veut et qui se dément, ellemême, tOUS les huit jOlirS?... Je ne le pense pas! (Applaudissements.) Et pourtant, moi aussi, je SUiS U11 savant! (Applaudissements.)

DEUXIÈME CONSEILLER

Très bien!... Très bien!...

LE DOCTEUR TRICEPS

Nos pères, Messieurs, ignoraient ces choses... Ils ignoraient les bacilles, les bouillons de culture, les sérums, les inoculations, les vaccinations, les microbiographies et les commissions d'hygiène!... Ils ne savaient pas ce que c'est que les congrès médicaux, ce que c'est que M. Brouardel !... Ils se contentaient des maisons et de l'eau qu'ils avaient!... Ils ne prenaient même pas de bains!... même pas de bains!... comprenez-vous?... Or l'histoire ne nous dit pas qu'ils se soient plus mal portés pour cela !... Au contraire!

DEUXIÈME CONSEILLER

C'est vrai !... C'est vrai !...

LE DOCTEUR TRICEPS

On nous objecte toujours : <r Et l'Angleterre? »... Messieurs, nous ne sommes pas en Angleterre!... L'Angle-

terre est l'Angleterre... et la France est la France !... A chaque peuple son génie!... (Enthousiasme générai ) Restons Français!.. .

PREMIER CONSEILLER

Vive la France !

LE DOCTEUR TRICEPS

Laissons donc cette épidémie suivre son cours naturel... son évolution nécessaire. Il ne faut jamais violenter la nature... Croyez-moi, elle sait ce qu'elle fait!... iLedocteur

Trireps se rassied parmi les félicitations de tous.) LE MAIRE

Permettez-moi d'ajouter une observation qui va, peutêtre, éclairer ce débat d'une plus vive lumière !... Malgré ses allures cassantes, le préfet maritime n'est pas un mauvais homme, et je crois que Ton peut s'entendre avec lui !... J'ai le sentiment qu'il ne se préoccupe pas de l'épidémie, en tant qu'épidémie, du moins !... Non !... Seulement il redoute l'opinion... il craint la presse... il a peur d'une interpellation à la Chambre!... Vous savez avec quelle violence la marine est attaquée en ce moment !... Rien qu'à la pensée que M. Lockroy puisse revenir ici tripatouiller son arsenal, il s'affole!... Mettez-vous à sa place.

LE MEMBRE DE L'OPPOSITION

Eh bien?...

LE MAIRE

Eh bien... si j'ai compris le fond de son idée, pourvu que nous votions les dépenses nécessaires aux travaux susmentionnés, le préfet se tiendrait pour satisfait... Ce qu'il demande, c'est une formalité... Sa prétention n'irait pas jusqu'à exiger l'exécution de ce vote... 11 veut

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se mettre en règle, vis-à-vis de l'opinion, de la presse, du Parlement et de M. Lockroy... N'est-ce point, en somme, un désir légitime?... une prudence louable?...

DEUXIÈME CONSEILLER

Et dangereuse... pour nous!... Qui nous garantit la pureté de ses intentions?...

LE MAIRE

Moi ! Moi, dis-je !

DEUXIÈME CONSEILLER

Ce n'est pas assez !... Avez-vous un engagement écrit?...

LE MAIRE

Non!

PREMIER CONSEILLER

Vous a-t-il donné sa parole d'honneur?

LE MAIRE

Non!... Mais j'ai quelque chose de plus!... quelque chose de mieux ! ... Le souci de sa tranquillité.

DEUXIÈME CONSEILLER

Il faut se méfier!...

LE MAIRE

Et pourquoi?... Et de quoi?... Je vous assure que, l'épidémie passée, il ne sera plus; question de rien. Et nous recommencerons, l'année prochaine... Nous recommencerons tous les ans.

DEUXIÈME CONSEILLER

Il faut se méfier !... Il faut se méfier!...

LE MAIRE

Autrement, songez aux luttes quotidiennes, aux hostilités sourdes, terribles, qui vont mettre la zizanie dans la ville, sans compter qu'elles seront préjudiciables à nos intérêts électoraux!... Sans compter aussi que toutes les femmes... que toutes nos femmes sont avec les officiers de

marine !... (Rumeurs.).

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