CT OP
Dans la forme dystrophique, le processus est plus complexe. D'après l'étude qu'a faite Darier du premier fait que nous avons publié en 1890, le corps papillaire disparaît, un tissu de cicatrice se développe dans le derme; de petits amas de cellules lymphoïdes s’infiltrent dans ses mailles; les capillaires sont abondants.
Les kystes miiiaires sont limités par la couche malpighienne à laquelle succèdent, comme dans l’épiderme normal, une couche granuleuse peu riche en éléidine, une couche lucide et une couche cornée, la cavité du kyste est exclusivement remplie de couches concentriques de cellules cornées; des coupes transversales montrent que. ces kystes présentent dans leur partie profonde un prolongement épidermique, comme une queue dans lequel il est facile de reconnaitre le conduit excréteur d’une glande sudoripare.
Il résulte de ces faits qu’il s’est développé secondairement en pareil cas un processus phlegmasique et que les nodules miliaires sont constitués par des conduits sudoripares momentanément oblitérés. »
Kôbner avait trouvé la ligne de clivage au niveau des cellules épineuses.
Elliot (1900) a fait des examens microscopiques sur des fragments de peau saine prélevés en diverses parties. Il trouve partout la même altération : dégénérescence des couches les plus profondes de l’épiderme: couche génératrice et partie voisine de la couche épineuse; les prolongements interpapillaires sont pris dans toute leur profondeur. Les cellules les plus proches du derme ont un noyau vacuolé, représenté parfois seulement par quelques grains de chromatine, quelquefois même il est absent. Le protoplasma est moins Gégénéré. Par conséquent on peut observer une bande claire (cellules dégénérées) entre la couche papillaire et la couche épineuse restée normale. C’est en ce point que se développent les bulles.
La voûte des bulles est constituée par la partie de l’épiderme restée saine, et par une partie de la couche profonde nécrosée représentée par de simples lambeaux effilochés.