DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
En présence d’une tumeur localisée à l’épididyme chez un sujet adulte, on doit penser à la tuberculose, à la blennorrhagie, au cancer, à la syphilis. Le diagnostic n’est pas toujours aisé; il est même impossible à faire d'emblée en certains cas.
Epididymite blennorrhagique. — Ou bien la tuberculose de l'épididyme est ancienne, et ses caractères sont suffisamment nets pour que le doute ne soit pas permis. L'épididyme présente, en eflet, des bosselures de volume inégal. La consistance de ces bosselures, au lieu d’être également dure partout, est tantôt dure, tantôt plus molle, tantôt fluctuante, suivant l’état plus ou moins avancé des lésions, qui ont toujours une tendance à la suppuration.
La peau du scrotum s’altère, contracte des adhérences avec la vaginale. Elle finit par s’ulcérer et livre passage par des fistules interminables à du pus, dans lequel il est possible de retrouver le bacille de Koch. En même temps, le canal déférent est atteint ; il est moniliforme, de consistance inégale. Les vésicules séminales, la prostate sont envahies par le processus tuberculeux. Enfin, les antécédents scrofuleux ou franchement tuberculeux du malade, l'examen des poumons, et leur atteinte par la tuberculose, viendront puissamment en aide au diagnostic.
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Mais si à cette période avancée de la tuberculose génitale, il est facile de reconnaître la cause exacte de la lésion épididymaire, on est beaucoup plus embarrassé quand le malade se présente au début de la maladie. C'est qu’alors on peut trouver un épididyme simplement induré dans sa totalité, sans noyaux bien distincts, avec un Canal déférent non altéré, des vésicules séminales qui paraissent saines. On devra, en ce cas, s’enquérir avec soin des antécédents du malade, et suivant qu’il accusera des accidents syphilitiques ou tuberculeux antérieurs, on pensera à l’épididymite syphilitique ou à l’épididymite tubereuleuse, et on agira en conséquence.
Une troisième alternative peut se présenter. Nous avons dit que la tuberculose génitale pouvait être une des causes prédisposantes de l'épididymite syphilitique. Supposons qu'un syphilitique avéré, qui n’est pas moins tuberculeux, ait une épididymite, à laquelle les deux maladies nous adresserons-nous ? Laquelle accuserons-nous ? Cette question est très importante, Car le traitement sera tout à fait difiérent, suivant qu’on aura affaire à l’une ou à l’autre. Dans le cas de lésion syphilitique le traitement mixte pourra faire des merveilles ; au contraire, si la tumeur est tuberculeuse, il sera peut-être utile d'intervenir chirurgicalement et le plus tôt possible.
En ce cas, nous pensons qu’il sera bon d’instituer tout d’abord le traitement spécifique. L’iodure et le mercure auront vite raison de l’épididymite syphilitique ; ils resteront sans effet dans le cas d’épididymite tuberculeuse : et comme cetraitement est rapidement efficace, quelques jours suffiront pour permettre au clinicien de se faire une opinion, et d'intervenir s’il y a lieu.
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Epididymile blennorrhagique. — Une des variétés les plus fréquentes des lésions épididymaires reconnait comme cause la blennorrhagie. Elle peut, comme la lésion tuberculeuse, être confondue avec l’épididymite syphilitique tertiaire. La confusion sera d'autant plus aisée, que fréquemment les malades atteints d’épididymite syphilitique ont eu un ou plusieurs écoulements antérieurs, et pour peu que les caractères que nous avons décrits dans la lésion tertiaire ne soient pas bien nets, il sera permis d’hésiter sur la nature de l'affection.
Disons tout de suite que la confusion est presque impossible dans le cas d’épididymite blennorrhagique aiguë. L'existence d’une chaude-pisse récente, la vive réaction inflammatoire et fébrile, les rougeurs, la tuméfaction la douleur très violente sont des symptômes d’orchi-épididymite blennorrhagique qui se rencontrent rarement dans la lésion syphilitique. Celle-ci prend parfois un degré d’acuité extrême mais l’écoulement récent manquera, la participation fréquente du testicule à l’inflammation de la blennorrhagie nese rencontrera pas dans l’épididymite syphilitique.
Mais il est plus délicat de reconnaître la nature de la lésion, quand elle revêt la forme chronique. Toutefois, il existe des signes différentiels: le malade accuse une blennorrhagie antérieure, qui aura été suivie généralement d’orchite et d’épididymite.
L’engorgement blennorrhagique envahit tout d’abord tout l’épididyme, puis se cantonne dans la queue et y persiste longtemps ; l’épididymite syphilitique siège surtout dans la tête. La tumeur blennorrhagique contracte des adhérences avec le testicule, la tumeur syphilitique en est ordinairement isolée.
Enfin, l’absence de manifestations syphilitiques anté-