‹ L'Épididymite syphilitique tertiaireChapitre 39 sur 42 · OBSERVATION XXX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXX

Observation II d’Allen

ÉPIDIDYMITE DOUBLE. — FORME CHRONIQUE. — BLENNORRHAGIE ANTÉ- RIEURE, — TRAITEMENT MIXTE. — AMÉLIORATION RAPIDE.

J. W..., âgé de 31 ans, fut admis le 11 décembre 1891. Le malade dit avoir contracté la syphilis il y a dix ans, et il présente actuellement une éruption syphilitique sur la peau. Il a eu une seule blennorrhagie, il y a huit ans, sans complications. Il y a un an, les deux testicules gonflèrent, dit le malade, et restèrent ainsi pendant six semaines. Ce gonflement ne parut jamais disparaître complètement et augmentait particulièrement après le coït. Le gonflement actuel commença il y a trois mois, et a été constam. ment indolent; mais il produit une sensation de tiraillement sur les bourses. L'examen montre que le gonflement se localisait aux deux épididymes, qui étaient allongés et indurés. Le traitement par les doses croissantes d’iodure de potassium et de friction à l’onguent mercuriel sur le scrotum, réussit si bien que, le 22 janvier 1892, le malade fut renvoyé sur sa propre demande, quoi qu’il y eut encore un léger gonflement.

OBSERVATION XXXI Observation III d'Allen

ÉPIDIDYMITE DROITE. — FORME CHRONIQUE, GOMMEUSE. — BLENNORRHA- GIE ANTÉRIEURE PROBABLE. — AMÉLIORATION RAPIDE PAR L'IODURE DE POTASSIUM.

M. J..., âgé de 50 ans, homme fort et d'apparence robuste, fut admis le 14 janvier 1893. Il y a deux ans, j'avais pratiqué sur lui une uréthrotomie périnéale, pour le soulager d'un rétrécissement très étroit de l’urèthre postérieur. La guérison avait été

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prompte, et, depuis lors, il était resté bien portant, sans aucun signe de rétrécissement. Le malade avait contracté la syphilis, il y a dix ans. Environ deux mois avant de venir à l'hôpital, et une semaine après un léger traumatisme du testicule droit, survenu en grimpant par dessus une cloison qui séparait deux chambres (le malade m'assure qu’il n’y avait pas de femme de l’autre côté), on remarque un gonflement, souple et douloureux, nécessitant un repos au lit pendant quelques jours. L'examen révéla une tumeur scrotale, deux fois grosse comme le testicule normal, que l’on mit sur le compte de l’épididyme seul.La queue (globus minor)était confondue avec le tissu conjonctif et adhérait à la peau du scrotum. La peau, qui recouvrait cette masse dure et résistante, devint graduellement violacée, et finalement s’ulcéra et livra passage à un pus léger, liquide comme de l'eau, par un petit pertuis qui, pendant plusieurs semaines, joua le rôle d’une fistule de suppuration. On trouva la tumeur de l’épididyme si irrégulière, si pleine de noyaux, lorsque la tuméfaction du scrotum diminuait; elle provoquait si peu de gêne et une absence si complète de douleur, qu'aussitôt on pensa se trouver en présence d’une tuberculose de l'organe. La formation fistuleuse consécutive ne fit que confirmer cette opinion. Cependant, à cause des antécédents, on pensa qu’on pouvait avoir affaire à un cas d’épididymite spécifique, le traumatisme agissant simplement comme cause prédisposante du développement de cette manifestation locale de la syphilis. En conséquence, on prescrivit, dès le début, du protoiodure de mercure ; mais bientôt les symptômes de la stomatite apparurent et l’iodure de potassium lui fut substitué, en augmentant graduellement la dose, jusqu’à donner plus d’un drachme trois fois par jour. Ce traitement parut agir sûrement en mettant promptement fin au ramollissement de l'infiltration scrotale, et en produisant une diminution graduelle de la suppuration, et des dimensions de la tumeur épididymaire. Au bout d'un certain temps une éruption iodique se développa aux extrémités, prenant la forme d'un érythème noueux, avec des plaques qui variaient comme dimensions entre une pièce de un franc et une pièce de cinq francs.

L'iodure fut en conséquence diminué, donné dans du lait, et on prescrivit de la belladone, De cette façon on put donner une dose modérée du médicament jusqu'à la fin de mars, dose qui s'élève à 30 grains (1 gr. 50) par jour. L'amélioration avait été rapide et marquée, On fit ensuite donner journellement des

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