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et même de l’épididyme; toutefois, il n’en tire pas toutes les conséquences auxquelles on serait en droit de s'attendre, car la nature syphilitique de la blennorrhagie est encore admise, et ne lui permet pas de donner aux faits observés une interprétation exacte.

En 1786, J. Hunter, dans son Traité des maladies vénériennes, essaie pour la première fois de rejeter la nature syphilitique de la blennorrhagie, et en ce qui concerne plus particulièrement l’épididyme, voici ce qu’il écrit : « A moins qu’une autre cause morbide, telle que la blennorrhagie par exemple, n'ait agi sur l’épididyme, la lésion syphilitique du testicule n’envahit ni l’épididyme, ni le canal déférent ; ces organes restant parfaitement sains pendant toute la durée de l’albuginite, quel que soit son développement. » Cette opinion, toute fausse qu’elle est, présente déjà une affirmation très nette de la possibilité de l'invasion de l’épididyme dans l’orchite syphilitique.

En 1793, Benjamin BELz, dans son Traité de la gonorrhée virulente et de la maladie vénérienne, insiste sur la différence essentielle qui existe entre la syphilis et la blennorrhagie, et il parle en ces termes de la lésion syphilitique du testicule :

« Le corps du testicule est toujours infecté le premier ; le gonflement ne gagne l’épididyme que quand la maladie a été négligée, ou quand, faute d’en avoir connu la nature, on à jugé que le mercure ne convenait pas. »

En 1837, Astley Cooper (OEuvres chirurgicales : Traduct. de Chassaignac et Richelot) étudie les maladies du testicule ; il affirme nettement l'existence d’une altération franchement syphilitique du testicule. Dans plusieurs de ses observations, on trouve notée la. tuméfaction de

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l’épididyme, accompagnant l’engorgement syphilitique du testicule. Toutefois, il ne cite pas de cas de lésion syphilitique localisée à l’épididyme, avec testicule indemne.

En 1832, DupuyrRen étudie le siège et la nature des engorgements de l'appareil spermatique ; il parle des engorgements syphilitiques qu’il traite et guérit par le mercure. Mais il n'insiste pas sur les différents sièges que peuvent affecter ces engorgements.

En 1844, De CasTELNAU, dans son ‘« Mémoire sur les engorgements syphilitiques du testicule », écrit ceci « L'épididyme est beaucoup plus volumineux que dans l’état normal ; il est dur, quelquefois lisse à sa surface, plus souvent inégal, et offrant des noyaux où l’induration est beaucoup plus prononcée qu'ailleurs.

On pourrait croire qu’il s’agit de la lésion qu’étudiera M. Dron, en 1863, mais il ajoute : « L’orchite chronique (ou l’engorgement syphilitique des testicules ; ce sont termes synonymes pour l’auteur), est rarement primitive ; presque toujours elle succède à laiguë..... L’antécédent presque constant est la blennorrhagie. »

Il s’agit donc pour l’auteur d’épididymite blennorrhagique. Il nie d’ailleurs le testicule syphilitique et considère comme des orchites blennorrhagiques tous les exemples qu'on en a cités. — «Il est vrai, dit M. Dron en 1863, que pour arriver à cette conclusion, M. de Castelnau est obligé d'admettre d’étranges choses, savoir : que l’orchite chronique succède d’une manière si médiate à l’orchite aiguë, que ce n’est quelquefois que à ans après la guérison tout-à-fait complète de celle-ci que la chronique apparaît : ou bien encore que l'infection blennorrhagique peut s'effectuer sans donner lieu à un écoulement uréthral ou autre ».

— «Je ne vois, dit de Castelnau, aucune impossibilité à

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ce qu’une orchite existe, sans avoir été précédée de blennorrhagie, c’est-à-dire d'écoulement ». — « Je n’en vois pas non plus, réplique M. Dron, seulement ce ne sera pas une orchite blennorrhagique. »

Avec Ricorp (Gaz. des Hôpitaux, 1845, p. 503), la question entre dans une nouvelle phase. Il admet l'existence isolée de l’épididymite, mais d’après lui, cette lésion est toujours de nature blennorrhagique. La syphilis donne lieu au sarcocèle (le mot est de lui), ou altération du testicule, qu’il appelle encore albuginite, mais ne s'attaque pas à l'épididyme, qui dans ce cas est toujours sain, ainsi que le canal déférent.

Dans les cas où le sarcocèle syphilitique s'accompagne d’épididymite, Ricord donne comme cause à cette dernière une autre aflection antérieure, et en tous cas autre que la syphilis, la blennorrhagie par exemple : « En pareil cas, dit-il, on trouve une sorte de changement dans l'allure, la marche de la maladie ; ainsi, au lieu de commencer par le testicule lui-même, elle envahit d’abord l’épididyme. »

En 1846, Hécor, dans un Mémoire sur le Testicule syphilitique (Journal de chirurgie de Malgaigne, t. 1v}, rappelle l'opinion de Ricord « l’épididyme sain avec un testicule syphilitique » et ajoute : « Ceci est vrai dans l'immense majorité des cas ; cependant il nous parait incontestable aussi que l’épididyme et le canal déférent subissent quelquefois des modifications pathologiques liées à celles du corps même du testicule. »

Voilà un premier point acquis — l’épididyme d’après Hélot, peut être atteint de syphilis en mème temps que le testicule.

NéLaToN, dans une leçon à l'Hôpital des cliniques (sur

le sarcocèle syphilitique), reproduite, en 1852, dans la Gazette des Hôpitaux, signale très nettement l’augmentation de volume de l’épididyme chez deux malades atteints de manifestations évidemment syphilitiques.

MELcHioP-ROBERT reproduit dans son Nouveau Traité des Maladies vénériennes, point pour point les idées émises par Ricord ; il nie formellement l’épididymite syphilitique, et dans le cas où l’engorgement épididymaire accompagne un sarcocèle syphilitique, il lui reconnaît toujours comme cause une blennorrhagie antérieure.

M. Dipay, en 1858, adopte également les idées de Ricord.

M. BAssEREAU est un peu moins affirmatif et se borne à dire : « L’épididyme reste fréquemment étranger à l’affection syphilitique.

A l'étranger, CURLING, dans son Traité pratique des Maladies du Testicule (1858), traduit et annoté par Gosselin, parle pour la première fois des périodes de la syphilis pendant lesquelles on observe l’orchite; il indique les caractères qui différencient l’orchite secondaire de l’orchite tertiaire. D’après lui, l’altération de l’épididyme est rare à la période secondaire ; plus fréquente, au contraire, dans la période tertiaire. « La tête de l’épididyme, dit-il, globus major, s’indure et devient noueuse ». De plus, dans quelques observations d’orchite chronique, il a noté le début par la partie inférieure de l’épididyme et la disparition de l’induration sous l'influence du traitement mercuriel.

VircHoW, qui reconnait dans le sarcocèle syphilitique la forme inflammatoire et la forme gommeuse spécifique, dit de la première: «L'’épipidyme est presque toujours intact », et dans la seconde il ne mentionne pas de lésion épididymaire. :

En résumé, avant Dron, nous voyons que la question

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est fort obscure. Tous les auteurs méconnaissent la nature exacte de l'affection qui nous occupe : la plupart la passent sous silence; il faut toutefois faire une exception en faveur d’Hécor et de CurLziNG dont les descriptions donnent un avant-goùût du mémoire de DRroN.

Ce mémoire: De l’épididyme syphilitique ou tumeur sypbhilitique de l’épididyme, parut en 1865 dans les Archives générales de médecine, t. 1, novembre et décembre, p. 513 et 724. Il est basé sur 16 observations recueillies en moins de 6 mois, sur 200 syphilitiques. Dron décrit avec une rigueur scientifique la lésion syphilitique de l’épididyme, sans lésion du testicule. Voici les faits qu’il établit nettement:

1° L’épididyme peut être atteint primiticement dans la syphilis comme dans la tuberculose ;

20 L’épididyme peut être atteint isolément dans la syphilis, sans lésion concomitante du testicule ;

3° L’épididyme syphilitique se montre de préférence à Ja période secondaire de la syphilis.

Sur 16 observations, il y en a 10 où la constatation de la lésion épididymaire à été faite en moyenne 3 mois et demi après l'apparition du chancre. « Cependant, dans 6 cas, dit M. Dron, la lésion n'a été reconnue que beaucoup plus tard, au bout d’un an (obs. 15), de 14 mois (obs. 11), de 2 ans (obs. 14), de 3 ans (obs. 9), de 4 ans (obs. 16), de plusieurs années (obs. 13), soit que les malades l’aient portée longtemps sans s’en apercevoir, soit enfin qu’elle puisse, comme Hamilton et Curling l'ont noté pour le testicule syphilitique, se montrer éndistinciement aux périodes secondaire et terlaire de la syphilis. »

« En tous cas, mème lorsqu'il parait de bonne heure, l’épididyme syphilitique ne se montre qu'avec les formes graves ou tardives des accidents secondaires. »

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M. Dron s'attache surtout surtout à prouver la lésion isolée de l’épididyme, et sur 16 observations, 2 seulement se rapportent à l’aflection épididymaire concomitante avec un sarcocèle syphilitique . « J'aurais pu, dit-il, grossir le nombre des observations de cette dernière catégorie, mais la simultanéité des deux tumeurs à déjà été signalée, et c’est seulement l'existence de la lésion isolée de l’épididyme que je prétends démontrer. Si j'ai rapporté ces deux dernières observations, c’est que les malades, n'ayant pas eu de blennorrhagie, elles prouvent contre lopinion de M. Ricord, que cette cause occasionnelle n’est pas nécessaire pour que l’épididyme soit atteint dans le sarcocèle syphilitique. »

Il est à remarquer qu’en 1863, M. Dron parle de l’épididyme syphilitique, et non dépididymite syphilitique. En eflet, dans la plupart des observations qu’il avait recueillies à cette époque, la douleur et la réaction inflammatoire étaient peu notables, et la qualification d’épididymite ne lui parut pas applicable. Il est revenu depuis sur cette opinion, du moins en ce qui concerne l'affection de la période secondaire, qu’il appela épididymite secondaire, nom qui fut adopté par tous les syphiligraphes, en France du moins.

Depuis le mémoire de Dron, tous les auteurs sont à peu près d'accord pour reconnaitre l’existence de l’épididymite secondaire, mais bien peu par contre parlent de la tertiaire.

En 1866, M. Rozret, dans son Traité des maladies vénériennes, consacre un passage important à l’épididyme syphilitique de Dron, dont il confirme pleinement les vues. « L'épididymite syphilitique, dit-il, se montre en moyenne 3 ou 5 mois après le chancre. Les cas peu nombreux où l'intervalle a paru être de plus de 6 mois,

de ? ou de 4 ans, concernent des individus qui en ont été probablement porteurs un certain temps sans s’en apercevoir.

LANCEREAUX, dans son Traité de la Syphilis, paru en ISS6, signale l'affection décrite par Dron; il admet les conclusions de ce dernier, sans toutelois reconnaitre l'existence de l’épididymite tertiaire. € En général, dit-il, plus l’orchopathie est rapprochée du début de la maladie, plus son développement est rapide, plus aussi, elle manifeste de tendance à envahir l’épididyme. Car, st est vrai que cette portion de la glande spermatique n'est Jamais primitivement affectée dans la période tertiaire, il n'en est pas de même dans la période secondaire.

CULLERIER, dans son Traité des maladies vénériennes, paru en 1866, est un peu moins aflirmatif, mais il ne parle point explicitement de la lésion tertiaire de l'épididyme : « Presque tous les faits, dit-il, appartiennent à la période secondaire, et coincident avec des éruptions exanthématiques assez souvent intenses et graves ».

En Allemagne, on ne partage pas les idées de DRoN, sur l'existence isolée de l’épididymite syphilitique.

SIGMUND, de Vienne (Ueber Syphilitie Erkrankung der Nebenhoden: Wien med. Press, IX, 2, 1868), conteste que l'aflection soit indépendante de l’orchite syphilitique, et il soutient qu'elle ne s'observe pas dans la période secondaire.

En 1871, Kocuer, de Berne, déclare que la syphilis primitive, décrite par Dron, a été justement contestée par les auteurs.

Zrisse, de Vienne, dans son Traité clinique et thérapeutique des maladies vénériennes, se borne à dire que dans le cours des sarcocèles syphilitiques, l’épididyme peut, mais

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irès rarement, être atteint. Quant à l’épididymite de Dron, il n’en est point fait mention.

En 1872, TanTurr: écrit, dans le journal « Il Morgagni », fasc. 2, un mémoire intitulé : Æpididimiti secondana e gommosa. C'est la première fois qu’on parle d’épididymite gommeuse.

PueL, dans sa thèse intitulée : Du Sarcocèle syphilitique, consacre un Chapitre aux tumeurs de l’épididyme, qu'il range parmi les accidents secondaires.

Dans la 2° édition de son Traité de la Syphilis, LANcE- REAUX répète l’affirmation énoncée plus haut, à savoir que l’épididyme n’est jamais affecté primitivement dans la période tertiaire.

En 1874, M. le professeur FOURNIER, dans ses leçons cliniques de l'hôpital de Lourcine, sur le Sarcocèle syphilitique, parues dans le Mouvement Médical, admet que la syphilis peut affecter les testicules et leurs annexes suivant trois formes différentes qui sont : l’épididymite secondaire — le sarcocèle scléreux — le sarcocèle gommeux.

En 1876, paraît la thèse de Bazme : « Etude sur l’épididymite syphilitique, précédée de quelques considérations sur les périodes secondaire et tertiaire de la syphilis ». L’épididymite, dit-il, peut exister indépendamment d’une lésion testiculaire. Elle se rencontre dans les périodes secondaire et tertiaire. Mais c’est surtout au milieu des manifestations évidentes de la période dite secondaire qu’elle se trouve le plus fréquemment. Balme rapporte des observations d’épididymite syphilitique évoluant pendant les accidents secondaires, pendant les accidents de transition, pendant les accidents tertiaires. Il signale la possibilité de la localisation de la lésion à la tête ou à la queue de l’épididyme. Il ne peut décrire de signes bien difiérentiels entre les lésions

Jonnart, — 2,

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épididymaires secondaire et tertiaire. « On voit, dit-il en rapportant un cas de tumeur de l’épididyme évoluant en. même temps qu'une syphilide serpigineuse du dos, avec gommes ulcérées, d’après les signes physiques présentés par cetie tumeur, qu'il est impossible de la distinguer d’une tumeur semblable évoluant en pleine période d'accidents secondaires, et il nous est prouvé une fois de plus que l’altération isolée de l’épididyme est bien de toutes les périodes. »

Il admet l'existence de l’épididymite gommeuse, bien que personnellement il n’en ait pas trouvé d'observation, et il attribue cette pénurie de cas observés à ce fait qu’on institue toujours le traitement spécifique, quand on se trouve en face d’une tumeur dont la nature est douteuse et probablement syphilitique, et dès lors l’ulcération n’a pas le temps de se faire et de venir confirmer le diagnostic. « Cependant, dit-il, le docteur Bertholle a relaté un fait des plus probants et dont l’observation a une valeur considérable ». Il s’agit d’un malade syphilitique depuis 20 ans, affecté de fistules épididymaires, en même temps que de deux périostoses humérale et cubitale. Ces fistules non traitées remontaient à une année et elles étaient restées absolument stationnaires depuis. ce temps; soumises au traitement spécifique (frictions et iodure) elles se fermèrent en 7 semaines, en même temps que guérissaient parallèlement les périostoses.

En 1879, M. Conniz, dans ses Leçons sur la syphilis, consacre quelques lignes aux nodules gommeuxæ de l’épididyme. Il donne les caractères de la tumeur épididymaire, admet avec Dron et Fournier sa nature syphilitique, mais il ne précise pas à quelle période d'évolution de la syphilis elle correspond. « Vers la fin, dit-il, des accidents secon-

daires de la syphilis, à une époque variable, quatre mois, un an au plus, après le début du chancre, il se produit quelquefois une induration limitée sur l’épididyme, presque toujours au niveau de sa tête.. On suppose, dit-il plus loin, que ces tumeurs sont constituées par une formation gommeuse, par une infiltration du tissu cellulaire par de petites cellules rondes; et comme d’un autre côté, leur présence n'empêche pas la sécrétion du sperme, ni l’éjaculation de ce liquide normal contenant des spermatozoïdes, on en conclut qu’elles siègent dans le tissu conjonctif périphérique aux conduits de l’épididyme et non dans ces. canaux eux-mêmes. )

Dans une Etude sur les affections syphilitiques du Testicule, publiée dans le Montpellier Médical, 1881, p. 438 et 505, TÉDENAT déclare qu'à la période secondaire de la syphilis génitale, l’épididyme est généralement envahi, surtout vers sa tête — le cordon est exceptionnellement atteint — la tunique vaginale peut être le siège d’un épanchement, qui coïncide généralement avec une lésion du testicule ou de l’épididyme. — Quant au testicule luimême, il est très rarement affecté. « Presque toujours, ditil, les lésions s'étendent à l’épididyme et à la partie inférieure du cordon. » — A la période tertiaire, au contraire, les lésions se présentent sous deux formes

4 Syphilome difius : orchite interstitielle, orchite scléreuse.

20 Syphilome gommeux. — orchite gommeuse.

Le syphilome difius intéresserait, d’après l’auteur, beaucoup plus souvent le testicule que l’épididyme; dans quelques cas pourtant, { se lacalise sur ce dernier, et sur la première portion du canal déférent. Souvent aussi il englobe le testicule, épididyme et partie inférieure du cordon.

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Quant au syphilome gommeux, il siège surtout dans le testicule : toutefois, il n'est pas rare de le voir s'étendre à l'épididyme et au cordon; mais alors, sauf exception, le testicule est toujours altéré.

En 1882, parait le travail de Reczus : Syphilis du testicule. « On décrit, dit-il, depuis 1863, une aflection épididymaire étudiée surtout par le docteur Pron. MM. Dron et Balme l'appellent « Epididymite syphilitique ». M. Fournier la nomme « épididymite secondaire », pour bien marquer la précocité de son développement. Cette qualification ne nous parait pas heureuse, car la statistique de M. Balme nous montre que l'épididymite n'est « secondaire » que dans la moitié des cas, tout au plus. Il n'en reste pas moins établi- que cette forme serait en général plus précoce que le sarcocèle. » Plus loin, l'on trouve : « Depuis les recherches de M. Dron, on admet, contrairement à ce qui avait cours jusqu'alors, que la syphilis peut atteindre l'épididyme seul, à l'exclusion du testicule. Certains auteurs sont allés plus loin; ils ont fait de celle altération une affection spéciale, nommée par eux : « épididyme secondaire. » Nous nous sommes déjà expliqué sur ce point; nous concèderons volontiers que ces induralions isolées sont d'ordinaire plus précoces que celles des testicules, mais nous avons observé trop souvent la coexistence des altérations des deux portions de la glande, au début des accidents constitutionnels, puis l’orchite secondaire n'est pas assez rare, el l'épididyme tertiaire est trop fréquent, pour nous permettre de donner une valeur pareille au cantonnement éventuel de la syphilis dans l’épididyme, Lorsqu'il se rencontrera, nous en ferons non une forme distinete, mais tout au plus une variété, »

RECLUS considère comme une loi que toutes les fois que

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l’épididyme est affecté par la syphilis, le testicule est pris plus profondément.

En 1883, M. Mauriac, dans son Traité des maladies vénériennes (syphilis primaire et secondaire), considère l’épididymite chronique comme un accident secondaire, et dit qu’on le regarde à tort comme un accident de transition.

GosseLiN et WaLrHer (Dict. de méd. et de chirurgie. Art. Testicule, 1883) classent les accidents de l’organe en épididymite secondaire et orchite scléro-gommeuse.

RouMEr, dans sa Thèse d’agrégation de 1883, Du sarcocèle syphilitique, décrit l’épididymite syphilitique d’après les travaux de Fournier et de Dron, mais il ne se prononce pas au point de vue de la période à laquelle cette lésion peut apparaître.

En 1884, Pascauis fait une thèse inaugurale sur l’épididymite syphilitique. Sur 10 observations, il trouve 7 fois la lésion secondaire de l’épididyme, 2 fois la lésion tertiaire, une fois le début de la syphilis est resté ignoré, 4 fois on avait affaire à la forme aiguë, 6 jois à la forme chronique.

La même année, le docteur O. PINNER, de Francfortsur-le-Mein, publie un important Mémoire dans le Berl. klin. Wochenschrift, 1884, n° 41, p. 655: Ueber Epididymis syphilitica. Il passe en revue les auteurs français qui ont traité ce sujet, et il cite 3 observations, dont deux au moins paraissent indiquer que la tumeur localisée à l’épididyme appartient à la période tertiaire. Nous reproduisons plus loin ces observations (Obs. 23, 24, 25).

En 1886, M. Dipay, dans son traité: La Pratique des maladies vénériennes, décrit lépididymite syphilitique comme un accident de transition, à côté de l'iritis, de l’albuginite, de l’onyxis : « Comme elle paraît, dit-il, à une

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phase peu avancée de la syphilis (au milieu de la période secondaire); comme elle suit dans sa demi-résolution et dans ses exacerbations, les oscillations d’effacement et le retour des syphilides contemporaines ; qu’elle est en général indolente, à une grande tendance à la résolution et cède rapidement au mercure, on ne lui attribue pas la gravité d’un accident tertiaire, quoique, néanmoins, elle puisse, si elle a persisté, devenir ultérieurement le siège d'une gomme, ou favoriser la propagation du mal au testicule ». M. Diday paraît admettre que l’épididyme est atteint dans la période secondaire et que les accidents tertiaires sont consécutifs et ne s’observent pas d'emblée.

M. JULLIEN, dans son Traité des maladies vénériennes, considère l’épididymite syphilitique comme un accident précoce.

En 1885, dans son article : Syphilis du testicule dans le Dictionnaire Dechambre, REcLUS renouvelle ses affirmations de 1882.

En 1889, Monop et TERRILLON, dans leur Traité des maladies du testicule et de ses annexes, consacrent un chapitre à l’épididyme syphilitique. Ils rapportent les travaux de Dron, Fournier, Balme, Tédenat et considèrent l'affection comme un accident secondaire : € Il est certainement très utile, disent-ils, de reconnaître et de diagnostiquer peu de temps après son apparition, cette variété d'affection secondaire ».

En 1890, Mauriac, dans son important ouvrage sur la syphilis héréditaire et syphilis tertiaire, expose les idées de Dron sur l’épididyme syphilitique et déclare que l'épididyme peut aussi être atteint à une époque tardive de la syphilis, pendant sa période tertiaire ; mais il est rare alors que son syphilome soit isolé et indépendant de celui

du testicule. Quant à son processus, il devrait être semblable en pareille occurrence à celui des lésions d'ordre tertiaire : c’est-à-dire à celui des gommes qui se fondent et s’ulcèrent, suppurent et forment des fistules, etc. Il cite une observation d’une lésion épididymaire isolée, survenue huit ans après les accidents primitifs, et il déclare qu'il ne voit pas de différence avec les lésions qui surviennent au début de laflection. « Le syphilome ne subit point la fonte nécrobiotique et ne suppura pas. Seulement, il se montra très réfractaire au traitement. La sclérose était devenue sans doute définitive et :il:est probable que le noyau scléreux de l'épididyme n’a jamais complètement disparu ».

En 1890, M. CuüIczerRET prit comme sujet de thèse inaugurale à Lyon « l’Épididymite syphilitique secondaire ». Après un historique très complet, il cite 86 observations qu'il dit se rapporter à la période secondaire. Il nous permettra cependant de lui contester certaines d’entre elles, et de les classer parmi les accidents de la période tertiaire.

Le domaine de l’épididyme tertiaire est bien restreint ; l’épididymite secondaire est, au contraire, assez bien lotie, pour qu’elle se contente de ses revenus, sans vouloir usurper sur ceux de sa cadette ‘pauvre. M. Cuilleret est d’avis que lors même que la lésion épididymaire se rencontre dans la période tertiaire, elle est néanmoins secondaire, soit par sa date de début, soit par la façon dont elle évolue. Car, dit-il, son développement se fait souvent à la sourdine, sans que le malade s’en aperçoive et bien longtemps avant qu'il s’en aperçoive. — D'autre part, comme les autres accidents secondaires, l’épididymite ne marche jamais vers la destruction, elle a une tendance régressive très marquée,

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— Cette opinion n’est pas exacte dans tous les cas, car nous avons observé des cas de sclérose ou de gomme épididymaires non douteux. Puis supposons qu’on laisse sans traitement un individu porteur d’une épididymite nettement secondaire ? Aura-t-elle une tendance régressive ou destructive ? Nous croyons que cette épididymite courra grand risque de devenir avec le temps scléreuse ou gommeuse, et qu’elle aura une tendance franchement destrucltive.

Pourquoi d’ailleurs une tumeur de l’épididyme reconnue syphilitique, accompagnée d'accidents tertiaires non douteux, resterait-elle secondaire, alors même que son début remonterait à l'apparition ou au milieu des accidents secondaires ? Ce n’est là qu’une question de mots, car si l’on interroge la nature même de la lésion, on ne trouve guère de différence, que cette lésion soit secondaire ou qu'elle soit tertiaire. La symptomatologie est la même ; l’anatomie pathologique ne peut nous donner de renseignements, puisqu’elle manque. Il nous paraît dès lors tout naturel d'appeler épididymite secondaire la lésion qui apparaît en même temps que les accidents secondaires, que ceux-ci soient précoces ou tardifs, et épididymite tertiaire la lésion qui se montre avec les accidents tertiaires, ou si ceux-ci manquent, la tumeur qui évolue à une date suffisamment éloignée des accidents secondaires pour qu’on ait le droit de la qualifier de tertiaire.

Cette réserve faite, nous devons rendre un juste hommage à M. Cuilleret dont le travail est très complet et plein de documents les plus intéressants.

En 1892, dans le T'rcité de chirurgie paru sous les auspices de MM. Duplay et Reclus, on donne la description complète de l’épididymite secondaire avec tous les caractères que lui avait assignés Dron. On ne parle que fortuitement de la possibilité de l’épididymite tertiaire. « Jullien dit qu'elle

apparaît (l’épididymite) vers le 3° mois de l'infection, mais qu’elle peut se montrer tardivement au bout de plusieurs années, Zelle est aussi notre opinion. » Et plus loin : « le syphilome particulier, qui serait d’après nous une gomme précoce, est considéré par Cullerier, etc.

L'année 1893 est plus fertiles en renseignements, et en affirmations précises. |

En avril 4893, au congrès tenu à Paris pour l’avancement des sciences, Dron fait une Communication relative à l’épididymite tertiaire.

Nous la citons en entier, estimant que M. Dron est parmi les auteurs, le mieux en situation pour parler de cette question. La voici :

« J'ai montré en 1863 que la lésion isolée de l’épididyme est un accident de la période secondaire de la syphilis assez fréquent, apparaissant en moyenne trois mois et demi après le chancre. Aujourd'hui, tout au moins en France, tous les cliniciens admettent l'existence de l’épididymite secondaire. Cette affection est tantôt aiguë, tantôt chronique d'emblée, et par conséquent provoque ou ne provoque pas de douleurs. Il s’agit d’une lésion limitée, dans la plupart des cas, à la tête de l’épididyme. La tumeur épididymaire, souvent bilatérale, présente le volume et la forme d’une noix, d’une olive, d’une noisette ou d'une pilule. Fait très important à noter, celte tumeur peut être détachée du testicule : sa consistance est ferme et mamelonnée. Il s'agit très probablement d'infiltrations syphilitiques, résolutives. En l'absence d’autopsie, on ne peut qu'émettre cette hypothèse très vraisemblable. Le traitement par le mercure et liodure de potassium abrège la durée de l’épididymite secondaire, sans toutefois exercer sur elle une action curative aussi prompte et aussi décisive que sur beaucoup d’autres lésions syphilitiques.

» Tous les auteurs divisent à l'heure actuelle les manifestations de la syphilis sur les glandes génitales en épididymite secondaire et orchite scléro-gommeuse tertiaire. Nous pensons, en raison d’un fait que nous venons d'observer, que si le sarcocèle épididymo-testiculaire est la modalité la plus fréquente

de la syphilis tertiaire, l’épididy mile tertiaire, c'est-à-dire le syphilome localisé à l’épididyme, n’en existe pas moins.

» Si nous rapprochons de notre observation les signes notés dans les cas publiés antérieurement, mais dans lesquels le tertiarisme des malades n'est pas absolument démontré, nous voyons que le syphilome tertiaire de l'épididyme présente les caractères suivants : lésion unilatérale, parfois envahissant tout l'épididyme et provoquant des douleurs. Le traitement ioduré ou mixte amène la résolution rapide du syphilome scléro-gommeux. Les lésions syphilitiques tertiaires concomitantes ou antérieures mettront le elinicien sur la voie du diagnostic. Les symptômes de cette épididymite tertiaire se rapprochent de ceux de l’épididymite blennorrhagique ou tuberculeuse. Le signe diagnostique qui semble le plus important est la constatation des adhérences du testicule et de lépididyme qui n'existe pas dans les formes syphilitiques.

» Ainsi, la syphilis tertiaire peut atteindre isolément l’épididyme; cette épididymite tertiaire s'éloigne tellement du type clinique habituel du testicule syphilitique que nous n'hésitons pas à en faire une forme spéciale; elle a d’ailleurs une grande importance soit au point de vue du diagnostic, soit sous le rapport du pronostic et du traitement.

» Il y a donc lieu d'adopter une nouvelle classification et de réserver à l'épididymite syphilitique tertiaire une place et une description à part, ainsi qu'il est fait pour l’épididymite secondaire longtemps méconnue. »

(Dron. Congrès des Sociétés savantes tenu à Paris du 4 au 7 avril 1893).

Cette affirmation si nette en faveur de l'existence de la lésion que nous voulons décrire, est certes le meilleur, encouragement qui nous ait été donné pour entreprendre cette étude. Depuis 1863, en effet, les opinions ont été si partagées; les syphiligraphes les plus autorisés ont été d'avis si divers, qu’il ne faut rien moins que l'autorité de Dron pour faire admettre d’une facon définitive le

syphilome tertiaire dans le cadre des affections de l’épididyme.

M ÉT, E PEÉS

Quelques jours après la communication de Dron paraissait, dans les Archives provinciales de chirurgie, un article sur « l’épididyme syphilitique tertiaire », où est faite une rapide étude de l'affection qui nous occupe, et qui est signé de M. Rocer, professeur agrégé à la Faculté de Lyon, M. Rollet ne cite qu’une observation, d’ailleurs tout-à-fait probante, et que nous rapportons plus loin, d’où il déduit les principaux symptômes de l’épididymite tertiaire. Après l’analyse minutieuse de tous les cas que nous avons pu trouver dans Ja littérature médicale, nous ne pouvons que confirmer la description de M. Rollet.

Enfin, dans le même mois d'avril 1894, on trouve dans le Med. J. of. med. Scienc., un article d'ALLEN, sur la Syphilis de l’épididyme, dans lequel il cite 9 observations d’épididymite tertiaire... Nous rapportons ces observations, dont quelques-unes présentent un grand intérêt.

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