‹ L'Épilepsie dans l'œuvre de DostoïevskyChapitre 14 sur 25 · SE · texte numérisé non relu

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Dostoïevsky a analysé cet état d'âme qu'on peut nommer : un vertige moral. « C’est, dit de Voguë, la sensation d’un homme qui, du haut d’une tour élevée, se penche sur l’abime béant et éprouve un frisson de volupté en pensant qu'il pourrait se jeter la tête la première : Plus vite et finissons-en, pense-t-il... L'homme trouve une jouissance dans l’horreur qu'il inspire aux autres ».

L'épisode des deux paysans de l’Idiot a trait à cet état d'âme, mais en étudiant l'influence de l’épilepsie sur l'affectivité et l'intelligence de Dostoïevsky, nous verrons qu'il ne fut pas le seul auteur russe qui ait mis en lumière cette « maladie nationale ».

Pour ce qui regarde les seuls épileptiques, résumons leur diagnostic

NezLzy : Antécédents : grand-père aliéné, mère phtisique. Epilepsie ayant débuté dans l’enfance.

Crises convulsives.

Modifications du caractère : affectivité dérégilée, opiniâtreté, violence.

Mort dans un état délirant.

SMERDIAKOW : À. H. Grand-père alcoolique, père très probablement alcoolique aussi, mère imbécile.

La maladie a débuté au moment de l'adolescence. Crises.

Etat psychique : perversion des instincts, vanité, cupidité.

KiriLorr : Pas de données sur les antécédents.

Pas de crises rapportées, mais des équivalents psychiques.

ET

Tendances mystiques et vaguement philosophiques.

Suicide.

Muicarine : Pas d’antécédents connus.

Début de la maladie dans l'enfance.

Crises convulsives avec aura psychique.

Etat psychique : lacunaire débile. Il réunit une affectivité et des qualités de cœur enfantines à la perspicacité et à la logique d’un homme intelligent et cultivé.

Si, d'autre part, on résume les grandes lignes de l’affection de Dostoïevsky on trouve :

Antécédents : Père alcoolique, violent ; mère phtisique.

Constitution névropathique dès l’enfance.

Crises avec aura psychique apparaissant vraisemblablement à l’âge adulte.

Etat mental caractérisé par une instabilité affective violente.

Troubles de la mémoire.

Ténacité.

Tendances altruistes.

Evolution très lente de la maladie, peut-être en rapport avec son apparition tardive.

La comparaison de ces observations succinctes montre, comme on pouvait s’y attendre, que l’auteur a trouvé chez lui nombre de symptômes attribués à ses personnages mais que d’autres caractéristiques doivent être le résul-

tat de la rencontre de divers comitiaux : équivalents, épi-

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