MER POULE
les meilleures parties de son livre, et il faut admirer la façon dont la ressemblance du personnage a été conservée malgré la thèse ardue à défendre.
Certes, on trouve des comitiaux qui sont de doux débiles, mais la fiction a peut-être une part trop large quand l’auteur attribue à la maladie la suppression des seules « mauvaises végétations du cœur: » On conçoit un débile débarrassé de certains défauts, mais il aura perdu en même temps les qualités correspondantes : incapable de faire le mal, il ne le percevra pas chez les autres et sera toujours joué par plus fin que lui. En cela le caractère de l'Idiot est certainement artificiel, mais artificiel ne veut pas dire impossible, et c'est justement parce qu'il est resté dans les limites des possibilités cliniques, lorsqu'il fait penser et agir ses malades, que Dostoïevsky a pu être considéré comme le meilleur observateur des névrosés,
comme le maître romancier de la psycho-pathologie.