‹ L'Épilepsie dans l'œuvre de DostoïevskyChapitre 17 sur 25 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

L'influence de l'Epilepsie sur l'œuvre du romancier.

La première partie de cet exposé nous a montré comment Dostoïevsky a mis en scène des épileptiques. Si les signes que recherche habituellement le médecin, qui lui sont connus par son éducation professionnelle, échappent au romancier, par contre les anomalies de caractère de malades différents sont immédiatement reconnues et utilisées par le psychologue.

La maladie de l’auteur a-t-elle eu comme unique conséquence de l’inciter à faire jouer un rôle aux épileptiques, et à le faire pertinemment ?

A notre avis son influence s’est étendue beaucoup plus largement sur l’œuvre entière. Elle est intervenue dès son origine et l’a pénétrée jusqu’à l’apparition des textes définitifs.

C'est cette action, moins évidente, que nous allons essayer de mettre en lumière dans cette troisième. partie.

Il est évidemment difficile en lisant l’un de ses livres

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de dire : ceci est normal, cela est pathologique. La seule façon de procéder dans le cas qui nous occupe semble consister à réunir tout ce qui est caractéristique de Dostoïevsky, d'éliminer ce que l’on peut considérer comme normal, en tenant compte de ce que l’on est en présence de l'âme russe si différente de la nôtre, et de dire du reste : ceci nous semble morbide. Est-ce bien sûr ? Non ; mais de même qu'en clinique lorsque l’on sait exister une cause capable de déterminer le syndrome découvert, on lui en attribue l'origine, de même nous aurons le droit de supposer que l’épilepsie est la cause des singularités rencontrées.

Il est hors de doute pour nous comme pour de nombreux critiques que l’œuvre de Dostoïevsky porte la marque de sa maladie presque partout, évidente ou cachée, qu'étant sain d'esprit, il n'aurait pas fait ce qu'il a fait, de même que Maupassant n'aurait pas écrit certaines de ses nouvelles s’il n'avait pas été en proie à des peurs morbides, de même qu'il y a de la névrose dans l'œuvre de Rimbaud, d'Edgar Poé, de Gérard de Nerval, de même que chez Pascal l’exaltation des Pensées est en partie attribuable à l’antagonisme d’une maladie impérieuse et de ses goûts du concret, de la réalité et de la vie, qui détermina une nouvelle face de son génie.

En parcourant ces auteurs, on ne peut pas dire non plus : là s'arrête le bon sens, là commence la folie : et la folie est pourtant [Îà.

Chez Dostoïevsky nous sétudierons successivement le fonds et la forme de l’œuvre.

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