‹ L'Épilepsie dans l'œuvre de DostoïevskyChapitre 19 sur 25 · RENAN · texte numérisé non relu

RENAN

Ces lignes de la Prière sur l’Acropole pourraient être écrites en tête de l’œuvre de Dostoïevsky.

L'une de ses idées maîtresses, celle qui inspira l’Idiot, c'est la supériorité du simple d’esprit et du souffrant.

Ce n’est pas seulement une grande pitié qui le possède et le fait se pencher sur les déshérités : c’est l'humble soumission d’un disciple qui attend Îles lèvres des pauvres et des impurs des leçons d’indulgence et de résignation.

Tandis qu’en France l’école réaliste a failli à une partie de sa tâche qui était de consoler les humbles et de nous rapprocher d’eux en les faisant mieux connaître, les romanciers russes de l’école naturelle sont arrivés au but grâce à leurs qualités d'émotion et à leur vertu charitable.

Nous avons vu combien Dostoïevsky possédait, de façon évidente, ces caractères et comment se trouvent disséminés chez ses différentes personnages les autres traits de sa personnalité. Nous avons vu aussi les effets de Ia maladie sur son esprit et pourquoi il ne faut pas attribuer l'inégalité de ses productions à l’épilepsie seule, mais

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