‹ L'Épilepsie dans l'œuvre de DostoïevskyChapitre 9 sur 25 · NELLY · texte numérisé non relu

NELLY

« C'était une petite fille de douze ou treize ans, maigre et pâle comme si elle venait de faire une grave maladie ; ses yeux grands et noirs brillaient d'autant plus... un regard muet, mais obstiné et scrutateur..…., il étincelait d'intelligence, mais en même temps il était soupçonneux et défiant. Elle avait surtout un beau front large, un peu

bas, des lèvres magnifiquement dessinées, avec un pli

qui indiquait la fierté et la hardiesse, mais pâles, presque

incolores. »

Hélène ou Nelly, a fait trop tôt connaissance avec la misère. Son grand-père a perdu sa fortune et sa raison à

chancelé. Sa mère abandonnée, meurt phtisique. Les Crises.

Elles ont commencé de très bonne heure (7 ans). I n’en est fait mention que deux fois au cours du livre. Elles ne diffèrent en rien de l’attaque déjà décrite et seules Îles

lignes suivantes en font le raccourci :

« Un cri perçant, qui n'avait rien d'humain, retentit: Je me retournai : Hélène gisait sans connaissance par terre et se débattait dans d’horribles convulsions. Sa figure était toute changée, ses traits contractés. Elle avait une attaque d’épilepsie. »

Le Caractère.

Il est beaucoup plus remarquable. Habituellement sérieuse et triste, elle a des sautes d'humeur instantanées. Son affectivité est dérèglée, elle a des caprices et des pho-

bies

« Je ne suis pas fâchée, dit-elle timidement en levant vers moi un regard plein d’une tendre sérénité. Puis elle saisit ma main, pressa son visage sur ma poitrine et se mit à pleurer. Une seconde après elle nriait aux éclats à

travers ses larmes. »

Elle est orgucilleuse et jalouse, ne veut rien devoir à

personne, Elle suit sans lutte ses impulsions

RER Le pe ,

« C’est une vilaine robe, dit-elle suffoquée par l’émotiôn... je veux la déchirer. J’en ai déjà déchiré une, je déchirerai celle-ci. Je veux la déchirer, la déchirer, la déchirer !... Et en un clin d’œil la malheureuse robe fut en

pièces...»

Capricieuse, elle est par moments insupportable :

« Il (le docteur) lui présenta la médecine. Cette fois--ci, elle ne prit même pas la peine de faire la rusée : elle donna simplement du revers de la main un léger coup à la cuiller et le liquide jaillit au visage et sur la cravate du pauvre vieux. Nelly partit d’un éclat de rire sonore, mais ce n'était plus le rire ferme et joyeux de tout à l'heure, son regard avait pris une expression dure et méchante... avec une mine railleuse, qui trahissait en même temps une certaine inquiétude, elle attendait ce qu'allait faire le drôle de petit vieux. — ... « Vous êtes faché, parce que je suis méchante, dit-elle, mais elle n’acheva pas, cacha sa

tête sous ces couvertures et mit à sangloter. »

Inconstante dans certains projets, elle est entêtée pour d’autres idées, mais elle plaît malgré ses défauts. Sa fierté attire, avec de la patience on trouve le chemin de son cœur et les bons sentiments apparaissent. Elle est aimante

et dévouée.

« Je me réveillai à plusieurs reprises, et chaque fois, je voyais penché sur moi le petit visage compatissant et soucieux de l’enfant. Elle me donnait à boire, arrangeait mon lit, ou bien assisse près de moi, triste et effacée, elle lissait mes cheveux de ses petits doigts. Une fois, je me

souviens que je sentis ses lèvres sur mon front. »

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