Morel, Études cliniques
2. Legrand du Saulle. Éludes médico-légales sur les Épileptiques.
Un autre cas peut se présenter. Le malade est un épileptique avéré. S'il a exécuté son crime dans les conditions énumérées plus haut, c'est-à-dire d'une manière instantanée, sous l'influence d'une impulsion, sans but, sans motif, avec une férocité inouïe et sans aucun souvenir de l'acte commis, le prévenu est irresponsable. Mais le cas peut bien n'être pas aussi facile à démêler. La victime est un ennemi personnel qu'il a parfois menacé à diverses reprises ou contre lequel il peut avoir des griefs sérieux. Le médecin légiste, dans ce cas, est souvent très embarrassé ; et il sera d'autant plus embarrassé que le malade se rappellera en partie les faits qui se sont accomplis. Il faut dans ce cas bien peser l'acte en lui-même, bien déterminer les phases du crime et montrer les symptômes physiques et psychiques qu'a présentés le malade avant l'exécution du crime. 11 faut se rappeler que l'épileplique est un être dégénéré mental et qu'il peut avoir agi par le fait de cette dégénérescence. L'ictus épileptique a été pour lui l'excitant qui a poussé au crime au lieu d'être l'alcool, comme cela se voit chez certains sujets. Une véritable obsession, avec angoisse, pourrait exister avant l'exécution, comme cela se voit dans certains cas pour le suicide; je vous en ai montré plusieurs exemples1. Un crime commis dans ces conditions ne peut attirer