CHAPITRE IV
HÉMIPLÉGIE SPASMODIQUE INFANTILE
Nous avons ici dans le service, sur deux cent cinquante épileptiques, vingt-six malades présentant de l’hémiplégie spasmodique. Parmi ces vingt-six hémiplégiques spasmodiques il y a neuf enfants et dix-sept adultes qui sont passés d’abord par notre service d’enfants. Sur ces vingt-six malades hémiplégiques spasmodiques nous avons dix-neuf épileptiques. Ceci nous prouve que l’hémiplégie spasmodique infantile n’entraîne pas à sa suite fatalement l’épilepsie. Ceci nous prouve encore que tous les hémiplégiques spasmodiques ne sont pas fatalement en même temps épileptiques et hémiplégiques. La proportion de nos épileptiques hémiplégiques spasmodiques est de presque trois quarts, au juste 3,7, c’est-à-dire qu’il y a quatre épileptiques pour à peu près un hémiplégique. Cette dernière proportion nous montre donc qu’une même lésion corticale n’entraîne pas chez tous
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les sujets l’épilepsie. Nous allons étudier ensemble l’hémiplégie et d’un autre côté l’épilepsie. Ces deux symptômes doivent tous deux attirer notre attention, car tous deux présentent des modalités importantes sur lesquelles je crois devoir m’entretenir avec vous.
Étudions d’abord l’hémiplégie. Voyons en quoi elle consiste, quel est son mode de début, quels symptômes l’accompagnent et quels lésions anatomiques la caractérisent.
La description de l’hémiplégie spasmodique infantile est d’origine française. C’est l’école de la Salpêtrière qui en donna les premières descriptions. Je n’ai qu’à vous citer les noms de Cazauvielh \ de Cruveilhier, de Cotard1 2 3, de Charcot, de Vulpian, de Raymond 3, d’Oulmont \ de Bourneville, pour que vous voyiez le bien fondé de ce que j’avance. En Angleterre, Robert Boyd, Ross et Hammond 3 * en Amérique, puis llenoch, Heine, Kundrat G, Strumpell et Bernhardt 7 en Allemagne et Gaudart en Suisse, vinrent compléter les données émises par les auteurs français et apporter leur pierre à l’édifice anatomo-pathologique décrit par les mêmes auteurs.
1. Cazauvielh et Bouchet, De l’épilepsie dans Valiénation mentale , Arch. gén ., 1825.