‹ L'épilepsieChapitre 44 sur 74 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

PATIIOGÉNIE

Les lésions anatomiques que nous trouvons aux autopsies ne peuvent nous donner la clef de toutes les manifestations de l’épilepsie. Nous trouvons dans certains cas de grosses lésions cérébrales et dans d’autres nous ne trouvons rien d’appréciable ni à première vue, ni au microscope, et cependant dans tous ces cas le syndrome épileptique existe. Enfin il nous arrive de constater chez certains malades des lésions cérébrales évidentes sans trouver le moindre symptôme épileptique. Ceci nous prouve que la lésion pathognomonique de l’épilepsie n’est pas connue. Un grand nombre de névroses rentrent dans ce cadre, faut-il en déduire que l’épilepsie est une névrose, c’est-à-dire une maladie sine matériel ? Si nous ne pouvons trouver de lésions, nous ne devons pas en déduire qu’il n’y en ait fatalement pas. Elles peuvent passer inaperçues à nos moyens

d'investigation. Mais en admettant qu'il n’y ait pas de lésion du système nerveux, nous pouvons admettre qu’il y a lésion du sang et trouble fonctionnel de l'organe encéphalique. C'est même cette dernière hypothèse que la plupart des auteurs admettent. Mais en quoi consiste ce trouble fonctionnel? Les uns admettent la congestion et les autres l'anémie. Mais pourquoi cette congestion ou cette anémie, quelle en est la cause? Et de nouveau les physiologistes ne sont plus d’accord. Les uns veulent avec Marshall Hall 1 et Nothnagel 2 que le bulbe soit le centre de toute excitabilité; les autres veulent que ce soient les centres des circonvolutions. Cette dernière manière de voir, depuis les travaux dcFritsch, de Hitzig3 et de Ferrier4, rencontre tous les suffrages, et les auras sensorielles ou motrices confirment ces données physiologiques. La zone corticale excitée provoque la suractivité des éléments du bulbe et de la moelle.

J'ai essavé de démontrer avec mon interne, M. Raymond Petit 3, que les symptômes de l’épilepsie présentaient la plus grande analogie avec les intoxications. Tout d’abord les accès d’épilepsie reviennent à des intervalles variables, laissant du moins au début le sujet qui en a été atteint dans un état de santé

1. Marshall-Hall, Théorie des malad. convuls. et spéc. de T Epilepsie, The Lancet, 1843, et Gaz. méd. de Paris, 1848.

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