‹ L'épilepsieChapitre 45 sur 74 · PAT HO GÉNIE · texte numérisé non relu

PAT HO GÉNIE

parfaite. Tantôt c’est un accès isolé, tantôt ce sont des accès en série, qui durent plus ou moins longtemps, et qui peuvent être suivis d’agitation ou de trouble mental d’une durée variable. Quand la série et le trouble mental ont pris fin, le malade ne présente plus rien de particulier. N’est-ce pas là ce qu’on voit chez un intoxiqué, chez un alcoolique, par exemple? Quand le malade est sous l’influence du poison, il est agité, troublé, il présente même quelquefois des convulsions; puis, quand il a tout éliminé, il reprend son état normal. Les accès, chez l'alcoolique, ne reviennent aussi qu’à des intervalles plus ou moins éloignés, c’est-à-dire chaque fois que le malade se soumet à une intoxication alcoolique. Pendant tout le temps que le malade est sobre, il n’y a aucun trouble mental et aucune agitation. C’est ce que nous voyons aussi chez certains épileptiques, et quand j’ai étudié avec vous les symptômes, j’ai beaucoup attiré votre attention sur les troubles gastriques qui précédaient et accompagnaient les accès convulsifs et le délire. Je vous ai montré leur constance chez certains épileptiques généraux, et j’ai prédit, en constatant ces signes d’embarras gastrique, l’imminence d'un accès. Vous avez pu voir que, pendant tout le temps que durait cet embarras des voies supérieures, c’est-à-dire pendant tout le temps que le malade était sous l’influence du toxique, les manifestations de l’épilepsie avaient lieu, sous une lorme ou une

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autre' et que l’état normal ne revenait que lorsque l’élimination était complète. En même temps que ces troubles digestifs, et que ces manifestations épileptiques existaient, nous avons constaté l’hypotoxicité urinaire. La simultanéité de ces symptômes d’une part, et d’autre part la disparition de l’état gastrique avec l’apparition de l’état normal du malade et de l’hypertoxicilé urinaire, me paraissent des preuves incontestables de l’hypothèse que je soutiens, c’est-à-dire l’existence d’un poison retenu ou fabriqué par l’organisme et déterminant chez un sujet prédisposé héréditairement des manifestations épileptiques. La prédisposition est essentielle, et cette prédisposition est l’état d’équilibre instable de la cellule nerveuse. Sans elle, les causes déterminantes resteraient sans effet. Beaucoup de sujets ont de l’état gastrique et ne présentent jamais d’accès épileptiques.

L’état du sang est encore une preuve d’intoxication. Vous vous rappelez son aspect noir, poisseux, sa difficulté à couler de la veine lorsque l’on pratique la saignée, sa coagulation presque immédiate à l’air, enfin son examen bactériologique qui se rapproche de celui que firent MM. Comberale et V. Rué1, sur le sang des éclamptiques. Ces messieurs ont trouvé, dans le sang de leurs malades, des staphilocoqucs aureus et albus, et ils considèrent leurs toxines comme des substances éclampli-

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