‹ L'Épilepsie LarvéeChapitre 17 sur 25 · OBSERVATION DE ANDERSON · texte numérisé non relu

OBSERVATION DE ANDERSON

Instituteur, 23 ans, mort d’une tumeur de la base de l’encéphale intéressant les trois quarts postérieurs du lobe temporo-sphénoïdal gauche et déprimant le pédoncule etla protubérance. Durant sa vie, le malade avait entre autres symptômes des accès caractérisés par une sensation d'amertume dans la bouche et d’odeur désagréable qui durait quelques minutes. Elle était suivie d’une sensation particulière de froid remontant dans le bras droit jusqu’à l'épaule et à la nuque. En outre, àla fin des accès et avant leur apparition, il avait des hallucinations très complexes. Ses accès n'étaient jamais accompagnés de convulsions.

Nous connaissons l’épilepsie partielle produite par la présence de tumeurs siégeant sur les circonvolutions frontale et pariétale ascendantes. Ici nous trouvons comprimée la partie postérieure et inférieure de l’encéphale, siège de la sensibilité olfactive et gustative. Comme dans le premier cas, les troubles correspondent aux zones du cerveau lésées. Du reste, les caractères de l’accès, les phénomènes qui l’accompagnent, nous permettent de rattacher à la névrose des symptômes dont l’autopsie a démontré la cause.

{1) ANDERSON, On sensory epilepsy. Brain, 1887, p. 335.

Reel LE

Si quelque élément psychique intervient dans ces manifestations sensorielles de l’épilepsie, nous nous trouvons en présence d’hallucinations, qui ont une même origine. « Hamilton (1) est consulté par un médecin, au sujet d’un jeune homme qui, au milieu d'une conversation animée, regardait tout à coup fixement et devenait inconscient pendant environ une minute. Il reprenait ensuite la phrase qu'il n'avait pas achevée. Dans ces moments-là il avait toujours des hallucinations de la vue. Il apercevait des animaux, des oiseaux, des figures d'hommes, de femmes, d'objets qui lui étaient familiers. Un jour, en entrant dans le vestibule de sa maison, il attira tout à coup l'attention d'un de ses camarades sur une main d’homme, qu’il croyait voir crispée sur la rampe de l'escalier. La main lui paraissait détachée du bras. Le malade, après ces visions qui duraient une minute environ, était très abattu ». L'’inconscience passagère et périodique, l’état de torpeur qui suit permettent de rattacher ces faits au mal comitial. Hamilton cite encore des malades qui, durant la phase inconsciente, entendaient des cloches, des aboïiements de chien. Parfois les gestes seuls expriment les hallucinations des malades. Les uns mettent la main sur les yeux, pour se garantir d’une lumière trop vive, les autres portent la main à leur nez, pour ne pas sentir des odeurs nauséabondes. Hamilton prétend avec raison, que dans ces épilepsies sensorielles, la décharge atteint certains points et produit des représentations que les centres d’ordre supérieur perçoivent mal.Par suite, ils interprètent mal; ceux-

(1) HAMILTON, Sensory epilepsy. New-York med. Journal, 1882, p. 475. COMBRET 6

SLre MU

ci étant rarement indemnes, lorsqu'une partie de l'écorce est atteinte.

Jaksonn et Breevor (1) ont cité une observation intéressante. La malade dont il s’agit croyait voir une petite femme rouge qui marchait rapidement dans une cuisine. À ce moment ses yeux étaient fixes et sa vessie se vidait involontairement. Comme le disent ces auteurs l’inconscience et l’incontinence d'urine dévoilaient bien la cause de ses hallucinations.

(1) JAKSONN and BREEVOR, in the relation of the aura giddiness to epileptic sei zures. Brain, 1884, |

Page 1