‹ L'Épilepsie procursive et Fugues épileptiquesChapitre 12 sur 25 · ACCES PROCURSIFS PROPREMENT DITS · texte numérisé non relu

ACCES PROCURSIFS PROPREMENT DITS

Sous ce titre, nous allons passer en revue, tous les cas où la procursion remplace la chute dans l'attaque ordinaire et les périodes tonique et clonique qui lui sont consécutives.

La course constitue à elle seule tantôt tout l’accès, tantôt une partie seulement. Dans les cas les plus purs, elle existe seule, indépendamment de tout autre symptôme épileptique. Elle se traduit par une impulsion ambulatoire irrésistible et parfois avec une telle violence qu’on à grand peine à retenir le malade. En général, elle se produit en droite ligne, sans que l’épileptique se soucie des obstacles, et ce n’est que dans des cas exceptionnels qu’il les reconnaît et y échoppe. Nous avons un exemple de ce genre chez un de nos malades dont nous rapportons plus loin l’observation. Il nous

dit très bien voir et éviter les obstacles pendant sa cour-

RC VAR

se, ce qui nous permet de supposer un certain degré de conscience chez cet épileptique au moment de l'accès. La course se termine brusquement; quelquefois le malade tombe parce qu'il à rencontré un obstacle; d’autre fois, il s'arrête de lui-même et la connaissance lui revient. Il peut avoir encore à ce moment quelques spasmes convulsifs, où bien comme l'ont noté Bourneville et Bricon, des phénomènes de raidissement ou de trépidation d’un bras ou de tout autre membre. Cette course n’est ordinairement pas précédée du cri initial, tel qu’on est habitué à l’entendre dans l’accès ordinaire; cependant le malade de Trousseau (Observation V) criait son nom d’une voix brève, d’autres disaient: Je ne veux pas m'en aller, ce n'est pas moi; ces paroles probablement en rapport avec des hallucinations de la vue ou une sensation d’impulsion. La période de stertor ou de coma, qui fait suite à l'attaque convulsive la plus courante, fait aussi souvent défaut après l'accès de procursion. Quand le malade s'arrête, la conscience Séclaireit peu à peu, et on le voit regagner tranquillement sa place pour repren-

dre l'occupation interrompue. Parfois, une légère ob-

nubilation persiste quelques instants, mais en général elle disparaît très vite;

Pendant l'accès nous avons constaté plutôt la pàleur de la face que la rougeur ; il semble que cette décoloration du visage soit un signe propre de l’épilepsie procursive, puisque dans tous les accès comitaux ordinaires, la face est congestionnée. Tel n’est pas ce-

pendant l’avis de MM. Bourneville et Bricon qui consi-

dèrent l'accès procursif comme (se compliquant d’une congestion très forte de la face ».

Les accès rotatoires que l’on rencontre soit isolément, soit à côté des accès procursifs chez le même malade, ne sont évidemment qu’une forme particulière de procursion et qu'il n’y a pas lieu de les différencier.

Il faut retenir en somme que cette variété d’épilepsie se révèle par les symptômes les plus capricieux, et que sans les signes communs avec la grande névrose, il serait impossible d'établir le diagnostic ferme «de procursion comitiale.

Les exemples d'accès procursifs sont très fréquents ; nous avons observé le cas suivant à la consultation

de M. le Professeur Raymond, à la Salpêtrière :

Observation XI

Dés, âgé de 24 ans, ouvrier métallurgiste, vient consulter en décembre, pour les faits suivants:

Lorsqu'il est en train de travailler, 1l se sent envahir peu à peu comme d’un étourdissement. S'il tient un boulon entre les mains, quand il est à même d’assembler deux pièces de fer par exemple, le boulon lui échappe des doigts. Alors il éprouve le besoin de courir pour ne pas tomber. Et de fait, s’il ne court pas, il tombe, et présente la série des phénomènes épileptiques observés pendant l’attaque ordinaire. S’il prend sa course, la chute n’a pas lieu, il parcourt une trentaine de mètres en évitant les obstacles, et tout rentre dans l’ordre. Cet accès procursif se termine par une émission abondante d’urine.

C’est un Jeune homme en apparence bien constitué qui a fait quelques excès éthyliques dans l’adolescence et qui a présenté

des convulsions dans l’enfance.

ele

Son père n’est pas très sobre, sa mère est bien portante. Mais sa sœur, actuellement en bonne santé, eut aussi des convulsions

dans le jeune âge.

Observation XII. Empruntée à M. le D' Delbreil (Thèse de Lille)

Cuv.…. Philomèle, âgée de 25 ans, est entrée à l’asile de Bailleul, le 22 novembre 1880, venant de l’asile de la Teppe, où elle était depuis 1869; épileptique depuis son enfance. Nous n’avons sur ses antécédents héréditaires ou personnels, aucun renseignement.

Cette malade, d’une assez forte constitution, ne présente pas de stigmates physiques; la face n’est pas asymétrique. Les pupilles sont rétrécies et égales. On observe un certain tremblemeni de la parole ou plutôt, une sorte de bégayement, qui s’accentue beaucoup à la suite des attaques d’épilepsie. Il n’y a pas de tremblement des lèvres, ni de la langue. Affaiblissement notable des facultés intellectuelles. Aux questions qu’on lui adresse, on n’obtient le plus souvent que des réponses enfantines. Le caractère est relativement bon. La malade s'occupe un peu à des travaux d'aiguille.

Ses accès sont très fréquents. On en compte de vingt à trente par mois; ils se reproduisent par série tous les deux ou quatre jours. La menstruation est régulière.

Les phénomènes épileptiques sont de trois ordres :

1° Grands accès avec mouvements rotatoires;

2° Accès suivis de procursion;:

3° Accès procursifs.

Nous ne décrirons que ces deux derniers modes d’accès qui seuls nous intéressent.

Quand ses accès doivent être suivis de procursions, elle pousse

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