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un cri perçant, lève le bras non parésié et se laisse glisser à terre; l'accès se continue par les spasmes toniques et cloniques, marqués surtout à gauche, quand ceux-ci sont terminés, la malade se lève, fait le tour de la salle et va reprendre sa place, n’ayant done présenté n1 stertor ni coma.
Dans ses accès procursifs proprement dits, la malade étant au travail, abandonne son tricot, se lève et, marchant à tâtons comme une aveugle, s'éloigne de son banc. Elle se laisse ensuite glisser sur le côté paralysé,à terre,elle lève la jambe et le bras non atteint, puis après un moment d’hésitation se relève et marche autour de la salle en frappant aux portes, et regagne sa place. Souvent son état de faiblesse exige qu’on la soutienne; elle entraîne alors la personne qui l’aide et la force à marcher avec elle.
Le 16 novembre 1888, elle a présenté un phénomène tout particulier: Elle s’est mise à aboyer comme durant ses accès, mais au lieu de rouler à terre, elle se leva et marcha pendant près de cinq minutes. Elle conservait alors une semi-conscience, <ar, sur l'invitation de la sœur, elle s’arrêta et alla s'asseoir à sa place, où l’accès se termina.
Jamais chez elle on n’a noté la congestion de la face, qui de-
vient au contraire très pâle pendant et après les accès.
Dans ces deux observations, on peut remarquer nettement: d’une part l’équivalence de l'accès procursif et de la crise ordinaire (Observation XI); d'autre part, la coexistence de plusieurs modes de procursion chez le même malade (Observation XIT).
Dans une autre observation, nous allons voir que
dans ses impulsions à la course, l’épileptique peut ef-
fectuer jusqu'à de véritables voyages. Ces phénomènes ambulatoires prennent alors le nom de fugues. Témoin, la malade dont l’histoire nous est rapportée par M. le Docteur Voisin dans son traité de « Epilepsie » :
Observation XIII (due à l’obligeance de M. le docteur Vorsix)
Auj… Virginie, âgée de 24 ans.
Père âgé de 70 ans. À eu sa fille à 46 ans. Alcoolique; a eu des rapports avec sa femme en état d'ivresse. Pas de syphilis.
Mère rhumatisante. À un neveu épileptique qui est interné à Bicêtre depuis 13 ans.
Grand-père de la malade marié 2 fois. La première femme se suicide, laisse trois filles qui se suicident aussi.
Antécédents personnels. — Enfant un peu délicate, cause de bonne heure. Intelligente, réussit à l’école. Excellente mémoire. Peurs nocturnes. Mauvais sommeil.
La première attaque arrive à la suite d’un incendie. Commence par rires exagérés. Cris au début, puis mouvements désordonnés. Elle se met à courir: on la retrouve à six lieues du point de départ, toute nue, dans une meule de paille. Ramenée chez elle, elle n’a gardé aucun souvenir de ce qu’elle a fait. Deuxième fugue quelque temps après, en plein hiver: la malade est restée 3 jours absente sans prendre de nourriture. Ses vêtements étaient en désordre et elle était d’une fatigue extrême.
Actuellement, la malade est en état de démence. Elle présente des accès séparés et des accès en série. Elle jette un cri prolongé, fait quelques pas en tournant de gauche à droite, puis tombe comme une masse sans connaissance, toute raide; tout à COUP, ne que la période clonique apparaisse, elle se lève com-
me mue par un ressort, court, marche à grands pas devant elle
à : . : 2 jusqu’au bout de la cour, puis revient sur ses pas et aimsi de suite. Elle fait ce manège pendant 25 à 30 minutes sans s’arrêter un seul instant. Elle a l’œil fixe, hagard et farouche, ne prononce aucun mot le plus souvent, d’autres fois marmotte des
; - De, D paroles incompréhensibles, renversant tout sur son passage et n’étant arrêtée ni par les paroles n1 par les obstacles. Quand on essaie de la retenir, elle grogne et lève les bras pour frapper. Quand on lui parle, elle continue sa marche. Au début de son séjour à la Salpêtrière, elle essayait, au cours de ses accès, de monter sur le mur et de sauter par dessus la grille, mais depuis
elle n’a Jamais fait ces tentations.
Par le seul exemple de cette malade, nous pouvons voir la relation qui existe entre la procursion simplement convulsive de quelques minutes, et la fugue plus ou moins compliquée d’un ou plusieurs jours.
Dès lors, il est un fait acquis, c’est qu’il n’y a pas de limite entre l’épilepsie procursive telle que l'ont étudiée MM. Bourneville et Bricon, et la fugue épileptique.