HISTORIQUE
«J'ai guéri, l’année passée, un adolescent qui, étant tombé d’une hauteur considérable et s'étant meurtri la tempe, était sujet, depuis cette époque, à des accès d’épilepsie pendant lesquels il tournait rapidement sur lui- “même trois ou quatre fois, puis se précipitait involontairement en avant si on ne l’en empêchait.
Avant de tomber, ce qui arrivait du reste très rarement, il se frottait rapidement le visage avec les mains. En revenant à lui, il ne savait rien de ce qui s'était passé. »
Telle est, à notre connaissance, la première observation d’épilepsie procursive. Nous la devons à Thomas Eraste qui la publiait en 1581 dans un ouvrage
te
philosophique (1): {n qua multa artis medicæ capita uceuratissime declarantur. Cette description de laccès procursif est typique; l’impulsion irrésistible à courir et l’amnésie consécutive y sont nettement mentionnés, Du reste, l’auteur affirmait être en présence d’épilepsie et non de « Chorea circumambulatoria », affection avec laquelle on confondait souvent cette forme de mal comitial. |
Quelques autres observations curieuses et non moins concluantes se rencontrent çà et là dans les écrits des médecins du 17° siècle.
En 1649, Bootius, dans ses (« Observationes medicæ de affectibus omissis », au chapitre sixième traitant: « De Epilepsia Procursiva », fait précéder de quelques réflexions judicieuses, l’exposé de son observation: « Plusieurs médecins, dit-il, ont déjà noté que les épileptiques ne tombaient pas toujours dans les accès, quelques-uns restaient debout, que d’autres sasseyaient, ou bien encore exécutaient soit des mouvements de manège, soit des mouvement irréguliers. Il nous paraît intéressant de rapprocher de ces cas ce que nous avons observé chez un enfant de douze ans ».
ei se place l’observation suivante :
(1) Comitis montani vicentini novi medicorum censoris quinque librorum de morbis nuper editorum viva anatome: in quâ multa artis medicæ capita accuratissime declarantur, a Thomas
Erasto, philosopho et medico. Basille MDXXCI, pars II, p. 195.
SN ||, VON Observation I
« Chaque fois que cet enfant était pris d’un accès, 1! courait droit devant lui et il ne s’arrêtait que s’il rencontrait un obstacle pouvant l’empêcher de poursuivre sa course et sur lequel il se précipitait avec impétuosité. Ni l’eau, ni le feu, ni les précipices ne pouvaient le faire dévier de sa route, on ne l’en préservait qu’en le retenant, car durant ces accès, il ne voyait, ni ne comprenait. Il est fort probable que si ces accès se fussent produits en plaine, où une plus grande étendue de terrain lui eût permis de courir assez longtemps, il n’aurait pu tomber à terre de toute la durée de l’accès. Mais ce point n’a pu être élucidé par nous, car le malade toujours retenu dans une enceinte,
ne pouvait être pris d’accès qu’à la maison ou dans les cours ».
Jest encore de l’épilepsie procursive non douteuse. Mais l'observation publiée à Amsterdam en 1672 est moins caractéristique. [1 s'agissait (€ d’un malade qui courait jour et nuit si rapidement et avec des mouve- .ments du corps si ininterrompus que la sueur lui coulait partout; le besoin de sommeil seul l’arrêtait. »
Nous n’avons pas pu nous en procurer le texte original, mais, d’après les affirmations de MM. Bourneville et Bricon, nous serions là en présence non d’épilepsie procursive ou de chorée, mais de paralysie agitante.
Dix-neuf ans plus tard, dans sa ( Pratique de Médecine spéciale sur les maladies propres des Hommes, des Femmes et des petits enfants », Etmüller divise l’épilepsie en trois degrés dont l’un comprend les cas dans lesquels « le corps est tourmenté par diverses