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chier dans sa thèse « sur l’échéance des accidents cérébraux dans la syphilis » n’a pu en réunir que trois cas.
Arrivons enfin aux cas d’épilepsie sénile dont la cause déterminante réside, selon toute vraisemblance, dans un trouble de la circulation cérébrale.
Lemoine a démontré (De l’épilepsie d’origine cardiaque et de son traitement. Revue de médecine, 1887) que les lésions valvulaires peuvent avoir comme conséquence éloignée la production d'attaques d’épilepsie et que celles-ci sont sous la dépendance immédiate de troubles survenus dans l'irrigation de l’ancéphale, congestion ou anémie. D’après Lemoine, qu'il y ait excès de sang dans les capillaires de l’encéphale ou qu’il y ait anémie profonde, les éléments nerveux souffrent également dans leur nutrition, et si l’on suppose que ces phénomènes se produisent chez un sujet à système nerveux défectueux, ils donneront au nervosisme de ce sujet un énergique stimulant et pourront réveiller chez lui tantôt l’hystérie, comme dans deux cas cités par Armaingaud (Relations pafhogéniques entre l’hystérie et les maladies du cœur chez l’homme. Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux, 1878), tantôt l'épilepsie, comme dans les cas cités par Naunyn et reproduits par nous. L’un d’eux est celui d’un cardiaque avéré (Obs. XXIII) dont les crises épileptiques débutèrent à 63 ans, et qui était porteur d’une insuffisance mitrale avec rétrécissement ainsi que d’une insuffisance aortique.
Dans ce cas, comme dans deux autres, étudiés également par Naunyn (obs. XXI et XXII) le professeur de
Strasbourg est porté à croire que les attaques épilepti-
re ques étaient dues à l’anémie cérébrale consécutive à lPartériosclérose et à l’affaiblissement du cœur. Et, de fait, le ralentissement du pouls qui dans ces trois cas accompagnait constamment les accès, peut être considéré comme un symptôme de cette anémie. ù
Crocq (de Bruxelles) (De lépilepsie des vieillards. Presse médicale belge 1890) est également d'avis que l’épilepsie sénile dans beaucoup de cas dépend de troubles de la circulation cérébrale dûs à des lésions cardiaques ou vasculaires. Il lui a été donné, dit-il, de faire l’autopsie de vieillards atteints d’attaques épileptiques chez lesquels le tronc basilaire et ses branches offraient une endartérite chronique très caractérisée, avec épaississement très considérable de ses tuniques et diminution de son calibre. De cet état qui anéantit l’élasticité et la contractilité de ces vaisseaux doit résulter, dit Crocq,une irrégularité dans la distribution du sang au mésocéphale. Ce centre nerveux tient d’une part sous sa dépendance la motilité de toutes les parties du corps, et d’autre part il renferme le centre vaso-moteur par lequel il règle la circulation du cerveau. On conçoit donc facilement que les irrégularités circulatoires se traduisent par des accès épileptiformes avec perte de connaissance.
Mais les lésions valvulaires et l’artério-sclérose n’agissentque comme causes provocatrices ; elles sont impuissantes à développer l’épilepsie chez des gens dont le sys tème nerveux est parfaitement sain et n'a subi aucune tare. Elles la font naître sur un terrain préparé ; elles font surgir chez les prédisposés des accidents nerveux
qui sans elles auraient pu sommeiller indéfiniment. Il ne
SakeT 8 saurait en être autrement, étant donnée la grande quantité de vieux cardiaques et de vieux artério-scléreux et le petitnombre de ceux qui présentent des attaques épileptiques.
D’après Cristiani, (£pilessia tarda negli alienati di mente. Archiviodi psychiatria, sctense penali, etc. 1895) on trouve quelquefois pour cause de l’épilepsie sénile la chronicité de l’'aliénation mentale. D’après cet auteur, l’autopsie révèle souvent chez les déments chroniques une leptoméningiteavéc sclérose et atrophie de l’écorce qui par irritation prolongée produit de l’épilepsie. Cette épilepsie prend de préférence la forme motrice généralisée; on observe de plus des troubles psychiques à forme épileptique. Cristiani cite sept cas dont trois se rapportent à lPépilepsie sénile.
Pour en finir avec les causes déterminantes de l’épilepsie sénile, nous devons mentionner le traumatisme ; for tes chutes ou violents coups sur la tête, agissant d’autant mieux qu'ils surviennent chez des individus prédisposés, Mais, sauf un cas (Obs. XVII) dans lequel d’ailleurs d’autres facteurs très importants réduisent beaucoup le rôle du traumatisme, aucune des observations que nous rapportons na trait à des faits de cet ordre.
Les causes déterminantes que nous venons de passer en revue sont quelquefois multiples chez le même individu. On peut les voir coexister au nombre de deux, trois, ou quatre chez un même malade (V. obs. XV, XVII, XXI, XXII, XXVII, XXIX).
Nous ne passerons pas sous silence les causes occasionnelles de l’épilepsie sénile. Les auteurs qui s’occu-
pent de lépilepsie en général s'accordent pour ne leur
PE fi attribuer qu’une importance relative, l’épilepsie existant toujours en puissance pour ainsi dire et n’attendant qu’une occasion pour éclater solennellement.
Dans un certain nombre de cas, les malades accusent
l'influence de chagrins (Obs. III, XV, XXVI, XXVII, XXX, XXXII). Une fois, le malade invoque la peur comme cause de début (Obs. V). Une autre fois, c’est une insolation qui provoque l'apparition des crises convulsives (Obs. XX) et cette même cause est invoquée dans un cas cité par Webber (de Boston). (Report of one hundred and siæty cases ofepilepsy. Bostonmedical and surgical journal, 1893). Il s’agissait d’un homme devenu épileptique à 68 ans, mais Webber n’en donne pas l’observation. Dans un autre cas, c’est au milieu du coït que le malade est frappé (Obs. X). Souvent enfin, la cause occasionnelle est l'alcoolisme aigu, et, l’épilepsie une fois acquise, les accie dents sont plus fréquents après des excès alcooliques ou absinthiques.
En terminant ce chapitre d’étiologie, nous nous poserons une dernière question : après avoir admis l’existence de l’épilepsie sénile et recherché ses causes, nous nous demanderons pourquoi l’épilepsie est quelquefois tardive au point d’apparaître dans la vieillesse, alors qu’elle se montre généralement avant 20 ou 30 ans. C’est là, il faut l’avouer, une question assez difficile à résoudre.
Peut-être pourrait-on dire qu'héréditaire en général et de nature dégénérative, résultat en un mot d’un défaut d’équilibre des cellules nerveuses, la prédisposition indispensable à l’éclosion de l’épilepsie a une tendance toute
naturelle à se manifester dès l’enfance ou l’adolescence,