SYMPTOMES DE L'ÉPILEPSIE TRAUMATIQUE
Epilepsie transitoire précoce. — Cette forme, qui apparaît peu de temps après le traumatisme est éliminée du cadre des épilepsies vraies, par nombre d’auteurs, à cause de sa tendance à la disparition spontanée et rapide. Béhague, qui lui a consacré dans sa thèse un chapitre spécial, ne paraît pas insister autant qu’on pourrait le désirer, sur l'identité de nature entre elle et l’épilepsie vraie : identité qui est patente et nettement démontrée. 1° Par l’évolution très fréquente vers l’épilepsie vraie, habituellement après une période intercalaire ; dans quelques formes graves, l’épilepsie définitive s’est même installée d'emblée ; 2° Par l’identité des symptômes. Il est important de mettre en lumière l’existence de formes localisées et jacksoniennes: ce ne sont pas des raretés. L’étude des cas anciens (Duret), montre la fréquence dans leur étiologie d’épine infectieuse et 1irritative; d’esquilles osseuses, de foyers infectieux, de contusions septiques. Les manifestations motrices sont un peu plus étendues, que celles de l’épilepsie définitive consécutive. Cette régression initiale des symptômes est la règle. Il faut mettre à part les formes graves terminées par la mort. Les plus récentes statistiques du profîesseur Villaret, qui portent sur plus de mille cas, confirment et précisent cette remarque. « L’épilepsie, qui est apparue peu : de temps après le trauma, note cet auteur, a tendance à disparaître, s’il s’agit de lésions simples du squelette cranien (14 cas sur 23). On a vu plus haut que nous estimons que cette épilepsie par embarrure est vraisemblablement due au foyer d’attrition cérébrale qui représente la complication la plus fréquente de ces traumatismes. Villaret ajoute que « la dispari-
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tion des troubles convulsifs avec réapparition dans un délai plus ou moins long, semble plutôt le fait de lésions profondes et graves. » Dans plusieurs cas, en effet, elle nous est apparue comme étant liée à des processus cicatriciels ne pouvant provenir que de la transformation d’hématomes. Lepoutre et Labbé (Duret, page 102) rapportent le cas d’une fileuse de 20 ans, dont le crâne fut labouré, pendant quelques minutes, par un engrenage, d’où hémorragie abondante ; on constata à l’arrivée à l'hôpital, une vaste plaie pariétale ovalaire: les bords au lieu d’être irréguliers, taillés à pic, étaient taillés horizontalement et assez régulièrement, formant avec la substance cérébrale qu'ils continuent, un véritable plan. « On dirait qu’une partie du sphéroïde cranio-cérébral a été sectionné par un instrument tranchant, suivant un même plan. » Le fond de la plaie est contus, souillé de caillots et de cheveux. À son entrée, la malade ayant repris connaissance, aucun trouble de la sensibilité, n1 de la motilité volontaire ou réflexe. Le lendemain est apparue une parésie de la face et du bras droit, le soir, il y eut une véritable hémiplégie droite avec aphasie du type moteur; le lendemain, deux crises d’épilepsie faciale sans perte de connaissance ; le 4 jour, rétrocession étendue des troubles : quelques crises cliniques jacksomennes, limitées à la face. Un mois et demi après l’accident, guérison apparente. L’épilepsie faciale précoce est ici apparue comme un phénomène résiduel des troubles moteurs ; elle était accompagnée de tous les signes que nous avons décrits. -
Dans certains cas, les suites de laccident ont pu être schématisées, grâce à leurs localisation encéphalitiques.
Voici comment: Duret commente une observation d'André (de Péronne), communiquée au Congrès de chirurgie de 1904 (compte rendu, p. 872), il s'agissait d’un garçonnet de 11 ans, qui avait reçu un coup de fourche à betteraves, dans la région temporale gauche. 11 n’y eut pas de perte de connaïssance, mais le jour suivant, une certaine torpeur, le 8° jour, un peu d’agitation dans le bras et la jambe droites, qui se placèrent en flexion, le % jour, perte de connaissance momentanée, avec plusieurs crises épileptoides, tout le côté gauche est agité de secousses répétées, qui s'étendent ensuite à tout le
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corps et sont remplacées par des convulsions toniques généralisées. Au niveau de la fosse temporale, à 2 centimètres en avant de l’hélix, existe une plaie contuse, à bord mâchés, souillée de sang coagulé et obturée par des cheveux. Trépanation, le % jour, on trouva à 3 ou 4 centimètres au-dessus de l’arcade zygomatique, à 1 centimètre en avant du tragus, l'entrée de l'instrument piquant. Cet orifice est à 2 centimètres en arrière de la plaie cutanée et à 5 millimètres de diamètre. La dure-mère est certainement perforée par une des dents de la fourche — celle-ci a poussé devant elle un iragment osseux jusque dans l'écorce cérébrale. La dure-mère immobile est incisée sur 2 centimètres 14 — pas de caillots. L'écorce grise que la dent de la fourche avait lésée se déchire spontanément et livre passage à un caillot noir du volume d'un œuîf de pigeon, situé à un demi-centimètre de profondeur, il est accompagné de quelques cheveux et de matière cérébrale, guérison complète en cinq mois, sans accident.
Il n’y a pas, dans ce cas, épilepsie jacksonienne typique, mais le fait est intéressant, pour le diagnostic de l’'hématome intra-cérébral : Pour Duret, l’évolution progressive des symptômes montra bien ce qui se basse dans les épanchements intra-cérébraux : 1] n’y a pas apoplexie, ictus, au sens propre du mot, mais évolution continue. Celle-ci arrive à son acmé ou maximum d'intensité au moment où les symptômes apparaissent avec toute leur puissance et éclairent le diagnostic définitivement.
Récemment, M°”*° Athanassio-Bénisty a montré dans le cas de lésion qui seront dans la suite cause de monoplégies brachiales l'existence possible de deux types de crises: les unes cloniques localisées avec les allures du jacksonisme classique, les autres à type de contracture fugace. Il y a là une analogie frappante mais non une identité, avec ce qui se trouve si fréquemment dans les hémiplégies capsulaires.
L'analyse des symptômes que nous avons faite dans ce cas précoce d’épilepsie nous amène à poser comme probables quelques hypothèses anatomiques.
1° La précocité de l’éclosion des symptômes paraît dans bien des cas co-exister avec l'infection des plaies. Les crises peuvent être alors généralisées ou localisées ;