‹ L'ÉPILEPSIE TRAUMATIQUE considérée dans ses formes évolutives et anatomocliniquesChapitre 15 sur 49 · SYMPTOMES DE L'ÉPILEPSIE TRAUMATIQUE DÉFINITIVE · texte numérisé non relu

SYMPTOMES DE L'ÉPILEPSIE TRAUMATIQUE DÉFINITIVE

Les nombreuses formes de passage qui établissent une transition entre les épilepsies jacksoniennes et les épilepsies généralisées tendent à en faire rapprocher les descriptions dans une même étude clinique. Leurs évolutions elles-mêmes sont parallèles, il existe dans les deux formes des phénomènes pathologiques permanents dont l'importance est capitale et qui traduisent un état clinique analogue. Quant aux crises, elles sont précédées de prodromes équivalents, sinon semblables. Les formes avec « aura » localisée produisent habituellement à leur période d'état des crises avec manifestations plus étendues que l'aura elle-même. La crise peut aussi se généraliser secondairement avec ou sans perte de connaissance. Dans l’épilepsie généralisée, Yaura échappe ordinairement à toute description, mais elle n'en existe pas moins. On sait que le malade « sent venir sa crise ». Le début sans aura d’au-

cune sorte, absolument brusque est certes observé, mais ce sont de beaucoup les cas les plus rares. Les divers types de crises constatés sont sous la dépendance de lésions anatomiques différentes: nous en étudierons les diverses modalités dans un chapitre spécial.

La tendance a une diffusion plus ou moins étendue des phénomènes convulsifs est l’un des caractères cliniques essentiels de l’épilepsie traumatique. Dans les formes jacksoniennes, on ne voit qu’un nombre assez restreint de modes de début localisées, ce fait s'explique, grâce aux précisions nouvelles, qui ont été données (M”° Athanassio- Bénisty), sur l'étendue relative des diflérentes zônes de projection corticale. Ces modes de début, découlent directement de la lésion cérébrale elle-même. C’est en fonction des différentes phases qu’il faut analyser, si l’on veut la comprendre, la crise d’épilepsie traumatique. Le développement chronologique précis des différents troubles est indispensable pour en faire l’étude.

Les prodromes de l’épilepsie traumatique se produisent de 24 à 48 heures, avant l’accès et ne sont pas très fréquents. Ils se rencontrent plutôt dans les épilepsies assez anciennes, que peu de temps après l'installation du mal caduc. On observe parfois des prodromes localisés : dans le membre où siège la blessure, le malade souffre de fatigabilité, se plaint de maladresse, d’engourdissement léger. Parfois, il a l’impression d’un gonflement de ce membre, dans d’autres cas, celuici lui paraît revêtu d’une gaîne épaisse. Au niveau de la cicatrice cérébrale, on observe fréquemment des picotements, on peut noter des troubles sensoriels, parfois aussi on constate des céphalées à caractère migraineux, un état vertigineux avec ou sans bourdonnement d'oreilles. Parfois, il s'agit d’un état d'angoisse, marqué ou léger, qui peut s'accompagner d’agitation.

L’aura est le prodrome immédiat de la crise, il est fort difficile de chifirer sa fréquence. Les auras localisées appartiennent surtout aux formes jacksoniennes, les auras diffuses aux types généralisés. L’aura a toujours un caractère nettement organique, ne serait-ce qu’un certain élément d’angoisse. Celle-ci, d’ailleurs n’est pas absolument constante,

mais seulement habituelle. Un malade peut présenter pour des crises semblables, des auras motrices de type différent (excitation ou paralysie), mais même dans ce cas, elle correspond à un type topographique cérébrale identique. Par exemple comme manifestations équivalentes, on peut rencontrer dans le domaine visuel, des scotomes brillants alternant avec des cécités totales ou partielles, toujours subites ; dans le domaine sensitif, les manifestations sont plus diffuses : il s’agit de paresthésies alternant avec des hypo-esthésies. L’aura motrice est également liée avec le siège précis de la blessure génératrice de la crise.

Dans sa forme brachiale, aura siège au niveau de la main, c’est un enraidissement du pouce et de l’index, parfois les deux derniers doigts. Le malade note un certain engourdissement de la main qui ne répond plus à sa volonté (M”° Athanassio-Bénisty). Il existe quelquefois simultanément une sensation de picotement ou de brülures à la face palmaire. Il peut aussi s’agir de crampes ou des secousses irrégulières. Au début de la crise, on constate souvent un certain degré de pâleur locale, quelquefois très accentué, qui peut s'accompagner à ce moment de transpiration abondante. Cet ensemble de troubles sensitifs et moteurs n’est pas toujours au complet. Les manifestations vaso-motrices peuvent passer inaperçues. Le meilleur procédé pour les déceler est la recherche simultanée des températures locales au niveau des régions symétriques exposées de la même façon: paume et face dorsale des deux mains. On note alors une asymétrie thermique du côté malade, qui atteint souvent plus d’un degré, quand le thermomètre à température locale peut être laissé en place assez longtemps. On peut aussi employer dans ces recherches les aiguilles thermo-électriques, épidermiques, qui donnent des résultats instantanés (les placer bien symétriquement). L'association de troubles sensitifs notables aux troubles moteurs est très fréquente. Elle appartient à la forme typique que nous avons surtout en vue dans notre description.

Certaines manifestations perçues au niveau de la cicatrice cranio-cérébrale sont contemporaines de l’extrême début de

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