L'ÉVOLUTION ANATOMO-CLINIQUE ET LES DIFFICULTES DE SON DIAGNOSTIC
Lorsqu'on analyse les phénomènes convulsifs que présente un traumatisé cranien épileptique, le diagnostic du siège et surtout de la nature précise de sa lésion est souvent fort difficile; c’est que dans leur ensemble les manifestations convulsives n’ont pas une signification localisatrice aussi precise que les signes du déficit moteur. D’autre part, les lésions anatomiques provoquées par les traumatismes du crâne sont complexes : outre un foyer local, directement visible, il existe souvent dans la profondeur du cerveau un second foyer, dû au contre-coup du choc subi; dans l’ignorance où nous sommes encore du mécanisme de l’épilepsie, l'importance relative de ces deux foyers — alors même qu’ils sont reconnus — reste difficile à préciser pour juger de l'efficacité d’une intervention, par exemple. A côté de ces lésions limitées, accessibles dans une certaine mesure aux procédés habituels de l'analyse des symptômes; existent encore, comme nous l’avons vu en étudiant l’étiologie, des signes de lésion plus diffuse, siégeant dans la profondeur du cerveau. La co-existence de ce syndrome diffus ne paraît pas sans action sur la production d’une épilepsie ultérieure, comme les statistiques le montrent, fort bien, dans les cas de transfixions par balles de guerre par exemple. Mais l’analyse clinique ne peut encore que différencier fort mal ces maniiestations de celles d’un autre état plus bénin: troubles sympathiques ou syndromes subjectifs des blessés du crâne.
Enfin, il faut rappeler que, dans les deux tiers des cas
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environ la lésion génératrice d’épilepsie n’est pas stabilisée : les stades anatomo-cliniques de cette évolution vers la guérison ou l’aggravation nous échappent encore.
Avant d'envisager toutes ces diflicultés, nous commencerons par essayer de déterminer la signification anatomique de quelques-uns des signes observés. Puis, nous définirons les caractères anatomo-cliniques de deux importants syndromes d’épilepsie traumatique et nous discuterons les syndromes voisins susceptibles de donner le change.
Et nous envisagerons l’évolution anatomo-clinique de l’'épilepsie traumatique et quelques formes évolutives.
Nous dirons un mot, pour terminer, des formes atypiques ou encore mal définies.
1° SÉMÉIOLOGIE ANATOMO-CLINIQUE.
Il faut, comme nous l’avons déjà dit, au chapitre des symptômes, analyser les manifestations les plus précoces de la crise pour découvrir la topographie exacte des altérations cérébrales en cause, car ces phénomènes convulsifs ont une tendance marquée à diffuser, à partir de leur point de départ.
L'expérience chirurgicale et clinique a mis en évidence la valeur séméïologique des auras motrices. Pour Klippel, cette remarque ne vaut que pour les « formes motrices » de l’aura : il précise même que l'aura sensitive est sans valeur. On rencontre, en eflet, fréquemment, des paresthésies au début du clonisme : elles marquent l’extension imminente des phénomènes épileptique et ne correspondent pas au siège exact de la blessure. Surtout, les douleurs véritables seraient, pour Klippel, non pas ressenties à leur point de départ exact, mais projetées à la périphérie du neri, suivant le processus habituel. Dans les cas qui ont été examinés, à la clinique neurologique de la Faculté de Marseille, l'élément douloureux paroxystique n’a pas permis, à lui seul, de faire un diagnostic topographique précis. Il importe surtout, nous semble-t-il, de distinguer les formes dans lesquelles les troubles sensitifs passent au second plan, par rapport aux phénomènes moteurs des formes sensitives bures ou à prédominance sensitive,