ÉVOLUTION ANATOMO-CLINIQUE ET FORMES ÉVOLUTIVES
On sait qu’il existe certaines formes d’épilepsies, ne différant en rien de l’épilepsie définitive — et qui, d’ailleurs, peut fort bien être définitive et stable — qui s'installent très peu de temps après le traumatisme : on a pu ainsi, parfois, assister à tous les stades de leur formation anatomo-clinique. L’interprétation des phénomènes étant délicate, nous décrirons les faits qui ont été observés, et les difficultés du diagnostic.
Eclatements. — 1° On les rencontre aux extrémités antérieures des lobes frontaux, où ils semblent s'agir d’un véritable écrasement avec déchirure de l'écorce et de la substance blanche, de dedans en dehors ; 2° Au niveau de la base du lobe temporo-sphénoïdal, où l’on rencontre pariois de véritables perforations ventriculaires portant sur la corne
sphénoïdale, qui nous paraissent aussi se faire de dedans en dehors, par irruption du liquide ventriculaire, en même temps que la portion la plus mince de la couche limitante se déchire le plus souvent au niveau de la corne spénoïdale ; 3 Au niveau du bulbe rachidien (Duret).
Hémorragies sous-arachnoïdiennes. — Klles se produisent au moment même du traumatisme. Pour Duret, elles se traduisent par une marche essentiellement continue et progressive des symptômes qui sont minimes, au moment même de l’accident. La céphalée et les signes localisateurs existeraient constamment ; lentement l’état général s’aggrave, traduisant l'intolérance du cerveau «jusqu’à l’obnubilation, l’aphasie, la torpeur et les troubles moteurs homo-latéraux », lorsque le volume est suffisant. Il faut rappeler l’existence, dans ces cas, du «syndrome vaso-moteur » attribué à l’irritation des centres, par Logre et Bouttier.
Contusion du tissu cérébral. Elle peut s’observer « in situ » ou à distance bar contre-coups. Elle est bien visible et intense quand elle siège au point frappé, donnant un foyer brunâtre: véritable magma informe. Si on évacue cette masse, «il existe à sa place, une cavité à parois irrégulières, parfois criblée de petits épanchements miliaires. »
A distance du traumatisme extérieur, elle se révèle, dans les cas légers, par une constellation de petits points rouges, un piqueté, ou un sablé hémorragique. Histologiquement, on constate de pseudo-anévrismes, dus à la rupture des vaisseaux capillaires incomplètement détruits. « Quelquelois, le sang se coagule, dans la gaine et forme un petit nodule brunâtre ou noirâtre de la grosseur d’une tête d’épingle (Duret).
La symptomatologie de la contusion ne diffère en rien de celle des autres foyers cérébraux, quelle que soit leur nature.
Commotion. — Elle est plus diffuse que la contusion, elle se traduit par un état mental spécial ; on a noté qu’elle retentissait sur les centres profonds, régulateurs des fonctions sympathiques. L'aspect clinique, est en somme, celui d’un «état confusionnel » un peu particulier.
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L'étude anatomique, de date récente, a été surtout l’œuvre de Roussy ; macrospiquement, on décrit un peu d’œdème de quelques circonvolutions avec opalescence des méninges ; nous empruntons à M. Nayrac la description histologique résumée .
3 « Colorés par la méthode de Nissl, les éléments nobles présentent des lésions d’atteinte passagère (hyperchromie, plus rarement chromatolyse, quelquelois décentration du noyau). À l’imprégnation argentique, le réseau neuro-fibrilaire est intact dans l’immense majorité des cas. Sur des coupes fixées à l’acide osmique, la myèline qui entoure les cylindraxes se colore: ce qui prouve sa transformation en graisse, son atteinte profonde co-existant avec la conservation de l’élément noble. L’élimination des éléments corticaux est visible dans les jours suivants. » Dans les cas légers, il se produit une « restitution ad integrum », dans les autres une sclérose névroglique.
Mais il faut bien savoir qu’on rencontre, au début, en co-existence avec ces phénomènes, d’autres lésions qu’on doit rapporter à une intoxication par les résorptions organiques : ce sont surtout, la pienose et la chromatolyse. Il existe alors fréquemment, un état de choc traumatique, qui se traduit par un pouls rapide et petit avec hypothermie.
HÉMATOME INTRA-CÉRÉBRAL.
Comme les foyers de contusion à distance, ils résultent électivement des embarrures, qui créent de violents contrecoups. Duret les a minutieusement décrits. Il faut savoir qu’ils siègent parfois en pleine substance blanche, au-dessous du cortex restant ainsi totalement invisibles au chirurgien, même après l’ouverture de la dure-mère. Un examen neurologique méticuleux peut les déceler. Ils peuvent siéger du côté opposé au traumatisme.
Décrivant les épilepsies transitoires apparaissant peu de temps après le traumatisme, nous avons rapporté, page 27, un cas particulièrement net d’« hématome intra-cérébral », dans lequel la marche progressive des symptômes avait permis le diagnostic (André, de Peronne).